LIVRE TREIZIEME
tant d'impôts, on n'espérait de soulagement qu'à secouer le joug du roi. Les choses étant ainsi, la demande de trois cent mille livres fut rejetée presque à l'unanimité. Bien plus, il fut décidé qu'on ne permettrait pas de prélever des subsides de blé, de vin, ou d'autres victuailles dans Toulouse, et que dans le cas où le sénéchal voudrait les arracher aux citoyens, les trois Ordres s'opposeraient à l'homme du roi ; et ils en firent le serment solennel*.
Toulouse fut pendant deux ou trois ans en pleine révolution. L'archevêque Amanieu d'Armagnac, et les chevaliers Béraud de Mercœur et Arnauld de Mandagout formèrent un triumvirat qui, de concert avec les consuls, gouverna la cité. On sent, à la vigueur de leurs résolutions, un reste des vieilles indépendances républicaines et féodales, et l'on reconnaît k leurs mâles figures les descendants des Patris, des Alfaro, des Gap-de-Porc et des Pierre de Toulouse. Gependant l'évêque d'Albi parcourait son diocèse, prêchant l'obéissance et la fidélité au roi. Il fit tant que l'assemblée des trois Ordres d'Albi se sépara de l'assemblée provinciale de Toulouse. Les triumvirs décrétèrent l'arrestation du servile évêque et chargèrent de sa capture le frère de l'un d'eux, Antoni de Mandagout. Le hardi cévenol ramena l'évêque captif, et l'enferma prisonnier dans le cloître des Dominicains, sous la garde de trois cents citoyens armés. Les Dominicains favorisèrent l'évasion de l'évêque, et deux moines, Jean d'Asperges et Antoine de Batud, con- ,