‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 767 sur 922 · UVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

UVRE QUATORZIÈME

bien qu'il fût probablement mêlé aux troubles antérieurs de Garcassonne. Son cloître était le forum des conjurés ; à leur mort, c'est là qu'ils choisissent leur sépulture. L'inquisiteur, Nicolas d'Abbeville, vint un jour (juin 1300) réclamer les os d'un riche bourgeois nommé Gastel-Faure, hérétique prétendu, et probablement l'un des chefs de la dernière insurrection. Bernard refuse ses cendres, se porte le défenseur de ce mort, et s'autorise de son provincial, Arnauld de Roquefeuille , un autre nom cathare et héroïque. Nicolas se retire, fait le procès à ces pauvres ossements, et refuse d'entendre l'avocat de l'innocence et du tombeau. Bernard proteste hautement, lit son appel devant la foule, cloue le noble parchemin sur les portes de l'Inquisition, et redescend de la cité au milieu des acclamations populaires qui saluent le nouveau tribun de la patrie et le champion de l'humanité*. Nicolas d'Abbeville n'est pourtant pas le plus cruel des inquisiteurs* Il est largement éclipsé par son délégué Foulques de Saint-Georges , prieur d'Albi. Non content des amendes, des confiscations, des emprisonnements, des tortures, ce dominicain débauché infligeait aux femmes et aux sœurs de ses victimes le supplice de ses amours. De supplice en supplice, de scandale en scandale, son zèle le lit rapidement monter au siège inquisitorial de Toulouse. 11 fut remplacé dans Albi par l'évêque Bernard de Gastanet qui cumula du même coup l'épiscopat et l'inquisition. Gastanet prit le titre de

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