‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 770 sur 922 · I. Regnlus · texte numérisé non relu

I. Regnlus

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«1 LES ALBIGEOIS ET L'hNQUISlTION

aux frais et sur un cheval du consulat d*Albi. De cette ambassade romane, Délicios est l'orateur, Patris le chef républicain, Na Venias la pudeur du Midi perpétuellement outragée depuis un siècle *. A travers les forets du Limousin, pour accuser les patriotes, accourent aussi les inquisiteurs, comme de pales et noirs fantômes. Albigeois et dominicains, après une courte halte à Paris, se rendent à Senlis où Philippe le Bel tient son parlement pour juger Bernard de Saïsset, évoque de Paniiers ^, Ainsi le monarque capétien va connaître cette grande iniquité de la croisade. Il va entendre les victimes et les bourreaux cités à son tribunal. Débat solennel I cause superbe et pathétique ! Au château de Senlis l'ambassade albigeoise est introduite parle vidame devant le roi. Délicios expose rinfortune du Midi. 11 fait l'historique des douleurs romanes. Il en charge l'Inquisition. Ce n'est point tel ou tel inquisiteur qu'il accuse. Ils sont tous plus ou moins impudiques, rapaces, féroces. Ils ne peuvent être humains, car l'Inquisition est inhumaine. Son régime, c'est la terreur ; son système, c'est l'extermination. On prétend qu'elle est nécessaire, qu'il faut extirper les restes des cathares ; qu'ils conspirent contre le roi de France et l'Église romaine. L'orateur en doute, mais s'il en est ainsi, qu'on défende l'Église et le royaume. Qu'on extirpe l'hérésie. Mais puisque la violence est inefficace, et que

1. Ce nom al}>igeois se retrouve parmi les martyrs de Finquisilion espagaole, au xvi» siècle. Voy. Gonzalve de Montés.

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