‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 773 sur 922 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

qu'autant qu'ils sont unanimes. Qu'en cas de désaccord, on leur adjoindra le prieur et le lecteur des dominicains, le prieur et le lecteur des francis- (\ains. » Par là. Philippe liait, bridait, muselait l'Inquisition. Il entravait les fougueux Prêcheurs par l'adjonction des Mineurs miséricordieux, leurs constants rivaux, et, le cas échéant, de leur implacable adversaire, le tribun de l'Albigeois, Bernard Délicios *.

Les Jacobins de Paris refusèrent la destitution de Foulques de Saint-Georges. Ils chargèrent l'évêque de transmettre au roi leur hautain refus. Le fier Capétien ressentit vivement l'injure, et répondit à l'évêque qui lui conseillait de s'en tenir là, qu'il ne lui avait pas demandé son avis. 11 écrivit à son chapelain. Guillaume de Peyre, dominicain, qu'il était incroyable que son prieur eût osé soutenir contre le roi, contre un peuple entier, un homme aussi détestable que Foulques de Saint-Georges. Dans son indignation, il ordonna aux sénéchaux de Toulouse, de Garcassonne et d'Albi, de mettre tous les prisonniers sous la main du roi, et de supprimer les gages de l'inquisiteur. Le prieur et le roi s'entendirent bientôt, et Foulques fut révoqué, bien qu'il conservât encore son titre pour l'honneur de l'ordre dominicain. Six mois après on lui donna pour successeur Guillaume de Morières, prieur d'Albi (29 juin 1302). Et Philippe écrivit au sénéchal de Toulouse de reconnaître frère Guillaume, de lui rendre les clefs des prisons et son salaire de

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