‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 781 sur 922 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

thare, mitigée par Joan d'Olive, a pour forteresses aujourd'hui les monastères joachimistes, et Narbonne est son Thabor. Ils arrivent à Paris, voient la reine, toujours sympathique, et le roi, toujours défiant et soupçonneux. Tiraillé en deux sens contraires, il ne sait qui croire des citoyens ou des inquisiteurs. Il n'aime guère les dominicains, mais il redoute les patriotes albigeois. Il répond enfin à Peequigny, à Délicios, aux députés méridionaux qu'il irait voir et s'enquérir lui-même en Languedoc, et qu'il serait rendu à Toulouse pour les fôtes de Noël ^

Ce voyage royal paraissait comme une victoire. Que ne devait-on pas attendre du vainqueur de Boniface VIII ? Triomphant de cet espoir, les mandataires albigeois retournent dans le Midi. Délicios en tête et à cheval, ils traversent Cordes, Albi, Castres, les bourgs de la Montagne-Noire. A leur passage, à leur descente, le peuple acclame les libérateurs. Bernard prêche de ville en ville. « Frères et amis, voici la grande nouvelle ! Le roi vient en Albigeois 1 II sera à Toulouse aux fêtes de Noël I Le Christ va renaître et la patrie sortir du tombeau. Mais il faut deux choses : de l'accord et de l'argent I De l'argent pour les ministres de Paris et de Rome, de l'accord entre les citoyens, de l'entente entre les villes pour la résurrection de la terre romane I Effectuons la souscription nationale et traînons tous nos griefs et toutes nos misères aux pieds du roi et de la reine de France. »

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