LIVRE QUATORZIÈME
ses trois fils, Louis, Charles, Philippe, de Guilhem de NogareL et de Guilhem de Plasia, les deux grands ministres albigeois, et du noble et triste vidame d'Amiens, commissaire royal, que la justice a fait citoyen du Miâi. Les princes pyrénéens sont venus, pour lui faire honneur, à la rencontre de leur puinsant suzerain. Le primat de Septimanie et ses sufî*ragants forment au monarque un cortège sacerdotal où brillent l'évoque de Toulouse, de la maison comtale de Commenges, et le docte et tolérant évêque de Béziers, Bérenger de Frédol, favo-rable aux opprimés*. Philippe, entré par la porte du Nord, eut à traverser toute la ville pour se rendre au GastelNarbonnais, l'ancienne résidence des Ramons. Tous les peuples du Midi, convoqués par Délicios, font retentir de rue en rue, sur le passage du roi, le cri long, continu, immense, implacable de : Justice! justice! rugissement douloureux de la conscience romane. Au palais féodal des comtes, le monarque se trouva entouré des évoques, des princes, des consuls, des magistrats, des commissaires, formant une cour de justice dont il est le jffésident couronné. Le parlement de Senlis va se rouvrir, plus solennel, dans Toulouse. La croisade et rinquisition. accusées par tout un peuple, vont être jugées sur le champ même des massacres et des tortures dans la grande cité-martvre. Jamais drame plus tragique, où le dialogue pathétique et orageux des orateurs aura pour accompagnement le murmure immense, le hurlement lugubre, dé-