‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 784 sur 922 · Bardini chronica · texte numérisé non relu

Bardini chronica

II

PHILIPPE LE BEL ARR'.VB A TOULOUSE. — IL ENTEND LES CHEFS ALBIGEOIS, ÉCOUTE LES INQUISITEURS, PUBLIE UNE ORDONNANCE POUR MODÉRER L'iK- QUISITION ET FAIT SON PARLEMENT DE JUSTICE. — IL VISITE CARCAS- SONNE, MONTPELUEB, NIMES ET REVIENT DANS LE NOHD.

Aux fêtes de Noël, conduits par le tribun, par les consuls, par les chefs de la conjuration patriotique, les peuples pyrénéens accoururent à Toulouse*. Ils venaient voir le roi de France, celui que l'Europe appelait le Grand, plus juste aux Albigeois que saint Louis, le plus politique et le plus audacieux des Capétiens. Un roi qui muselait l'Inquisition, refrénait l'épiscopat, terrassait la papauté, et qui bientôt allait la mener captive dans Avignon. Un roi qui avait deux ministres albigeois, qui réhabilitait et employait les faidits, qui peut-être allait détruire dans Toulouse même Tœuvre de la croisade et reconstituer la nationalité romane en donnant un de ses fils pour prince à l'Aquitaine, vassale indépendante de la France, à l'exemple de Charlemagne. Tels devaient être, tels étaient certainement les désirs, les espoirs des méridionaux qu'une infortune séculaire prédisposait aux longs rêves.

Le jour même de Noël, (heureux augure!) le roi Philippe le Bel arrive dans Toulouse. Il est accompagné de la bonne reine Jehanne de Navarre, de

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