‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 812 sur 922 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

gnon*. Jacques Euze formait un contraste absolu avec Bertran de Goth, pape voluptueux mais magnifique et patriote. C'était un petit vieillard laid, maigre, irascible, superstitieux, rapace, dominateur, mais dominé lui-même par l'inquisition et la royauté. Sa tiare pontificale est brodée d'un filet de fleurs de lis, et le lion de ses armoiries porte à sa griffe la fleur de France. Après le grand Philippe, et le débonnaire Clément, on était tombé à un petit roi et à un mauvais pape. Jean XXII était l'ennemi des franciscains, et conséquemment de Bernard, le héros de leurs cloîtres patriotes.

Le vieux tribun se tenait coi, muet dans sa cellule, et se croyant peut-être oublié du monde. Mais les dominicains ne voulurent pas laisser mourir en repos l'adversaire qui leur avait suscité tant de jours agités et orageux. Délicios est cité devant le pape. Le 19 mai (1217), il quitte Béziers ; le 22, il arrive à Avignon ; le 24, il est mis sur la sellette. Son procès est instruit par Guillaume Méchjn, éveque deTroyes, et Pierre le Texier, abbé de Saint- Saturnin de Toulouse. Bernard est interrogé sur soixante articles. Les soixante crimes se réduisent enfin à trois : il a pendant vingt ans soulevé contre l'inquisition les peuples albigeois. Il a conspiré avec les consuls de Carcassonne, et l'infant de Mayorque contre le roi de France. Enfin, il a fait empoisonner le pape Benoît XI ^, Les deux premiers chefs sont

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