‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 831 sur 922 · Ibid., VI · texte numérisé non relu

Ibid., VI

(1317), érigea, pour flatter la ville, Toulouse en archevêché, et fit part de ce double honneur à la reine Marie, mère du saint, au roi Robert, son frère, auquel il avait cédé sa couronne terrestre pour une céleste, au roi de FrancePhilippeleLong, à Jaicmé II, roi d'Aragon, à Sanche, roi de Mayorque, et à toutes les dynasties consanguines, qu'il convoquait à Tintronisation de leur parent dans le ciel *.

Jean XXII, pape irascible, supertitieux, mais non pas épicurien, comme son débonnaire prédécesseur, envoya Guilhem de Godin (Gouzi), natif de Bayonne, ancien inquisiteur de Toulouse, et maintenant cardinal-éveque de Sabine, en Castille, pour corriger les moeurs cléricales de l'Espagne. Les prêtres espagnols, à cette époque encore, se mariaient, avaient des enfants, célébraient les noces de leurs fils ou de leurs filles qu'ils dotaient avec des bénéfices ecclésiastiques,ou vivaientlibrement avec des concubines chrétiennes, juives ou sarrasines. Ces mœurs de l'Espagne étaient celles de l'Aquitaine, ce qui justifie la réforme cathare et oliviste. La croisade, oti le catholicisme avait failli sombrer dans le sang et dans la boue, avait légèrement purifié les mœurs, d'ailleurs moins musulmanes, du clergé roman. Le pape, plus indulgent pour les Aquitains et les Français, garde le silence sur leur compte, bien que nous n'ignorions pas les voluptés élégantes de Clément V, et les débauches implacables de l'inquisiteur Foulques de Saint-Georges. Ces débauches romaines ra-

Page 1