Gallia, — Mabillon, Annal., XV
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gneurs, qiii naguère eussent brandi leur lance pour les délivrer, assistaient maintenant avec une indifférence au moins apparente à leur condamnation et à leur supplice. Les descendants des conquérants étaient toujours conviés avec les évêques au jugement de ces derniers patriotes du Midi. Ces barons représentaient le roi, ces prélats représentaient le pape, au supplice de ces victimes de Rome et delà France.
Au printemps de 1322, les inquisiteurs de Toulouse et de Garcassonne convoquèrent dans cette dernière cité Jehan de Lé vis, seigneur de Mirepois, François de Lévis, son frère, seigneur de la Garde, Jehan de Bruyères de Ghalabres, et Guiraud de Voisins de Limous. Ces conquérants servaient d'escorte à r archevêque de Narbonne, et aux évêques de Garcassonne, d'Albi, de Caslres, d'Agde et de Béziers. Un sermon public devait avoir lieu sur la place centrale de la ville basse de Garcassonne. Au centre, à l'endroit même où naguère avait été condamné Délicios, fut dressé un échafaud immense ^ Le dimanche, 24 août, les inquisiteurs, les évêques, les barons, s'assirent sur la haute estrade, d'où les archers du roi repoussaient la multitude curieuse éplorée et murmurante tout à Tentour. Les familiers de l'inquisition amenèrent, des tours de la Cité, quatre condamnés : Ramon Magistri de Villamonstantion, Pierre Johannés de Narbonne, Bernard delBosc, et Joan Gonil de Béziers. Ils étaient, comme hérétiques, condaixinés au bûcher. L'inqui-