‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 839 sur 922 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

capitoulat les Morlanes, les Bonamour,les descendants des martyrs.

En 1328, Dominique, évêque de Pamiers, assisté de Henri de Ghamay et de Pierre Lebrun, inquisiteurs, célébra, dans son église du Camp, un sermon colossal. Soixante-dix condamnés, renvoyés des prisons trop pleines de Carcassonne, comparurent devant le tribunal, pour y recevoir leur sentence. La plupart sont de Tarascon, Rabat, Lordat, Ax, Brades, Montalion : c'est l'église de la grotte d'Ornolac. Trente furent dépouillés de leur croix ; neuf commués en des peines arbitraires; sept immurés à perpétuité; trois, morts impénitents dans leur cachot, furent exhumés et brûlés. Parmi ces captifs, se trouvait une femme, nommée Philippa Peyrata de Tarascon. De sa tour elle avait vu Tornéria son amie monter sur le bûcher, au gravier de l'Aude. Philippa était une descendante de Braïda, dame du Peyrat dans l'Olmez*, femme d'Jsarn de Montservat, et brûlée quatre-vingt-quatre ans aupargivant avec les deux cent cinq martyrs de Montségur.

Le clan pyrénéen dû Peyrat, qui avait donné à l'albigisme les trois diaconesses et martyres Braida, Peyrona et Philippa, rentra dans le catholicisme, et produisit bientôt une célébrité monastique. Philippa fut probablement l'aïeule d'Améric de Peyrat, abbé de la grande abbaye bénédictine et carloviugienne de Moissac, lequel a laissé des mé-

1. Dans cette famille, la femme s'appelait Peyrata, et la fille aÎQée Peyratona, et par abréviation Peyrona.

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moires cités par dom Vaissette. Améric (5 mars 1 392) reçut le serment de fidélité de Dulphe, sénéchal du Quercy, représentant le roi, successeur des comtes de Toulouse. Voici donc encore un albigeois réhabilité, qui, devenu prince de la science et du cloître, reçoit l'hommage d'un roi de France *. Les Peyrat s'étaient dispersés : une branche suivit les comtes de Foix dans le Béarn et le Bordelais et posséda de riches vignobles dans le Médoc *. Une autre s'établit dans la Montagne-Noire et s'y perpétuu jusqu'à la Révolution. Les Peyrat du Minervois partageaient avec les Nigri le domaine indivis de la Redorte. Les Nigri, dans leur écusson, portaient : D'azur à trois redortes d'or, en signe de captivité. Les Peyrat : D'azur, au chevron d'or, à trois glands d'or, à trois roses de gueules, en souvenir de leur exil dans les forets. Ces fleuri de sang sont-elles les emblèmes de Braïda, de Peyrona et de Philippa? Les Peyrat de la Redorte continuèrent pieusement d'entretenir avec les Nogaret des relations et .même des alliances contractées sur les bûchers de Toulouse ^ C'est ici que doit, selon toute apparence, s'in-

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