LIVRE QUINZIÈME
tercaler dans nos récits la catastrophe d'Ornolac. Mais comment rendre au jour ce drame obscur, perdu depuis plus de cinq cents ans, à deux mille mètres dans les profondeurs de la terre, et dont il ne reste plus d'autre témoignage qu'un muet amas d'ossements à demi pétrifiés? Ah, de ce monceau de débris humains, de l'âge de ces morts, de l'horreur de leur trépas et de la sainteté de cette caverne, il sort une révélation tardive à la clarté pâle de laquelle, comme d'une lampe sépul-. craie, l'histoire émue voit remuer vaguement dans ces ombres un drame effrayant et pathétique. Depuis les jours où le pieux Loup de Foix venait prier dans la grotte d'Ornolac, cette grotte célèbre, séjour d'un évêque albigeois, et siège de prédications nocturnes, était devenue, sous l'orage toujours croissant, un refuge perpétuel de faidits des bois. Cinq ou six cents montagnards, fugitifs de leurs hameaux, s'étaient établis, hommes, femmes, enfants, dans ces ténèbres et formaient autour du pasteur cathare, un mélange de colonie mystique et de camp sauvage. Un nouveau Montségur s'était organisé, non plus chevaleresque comme l'autre , et perché dans les nuées, mais rustique au contraire, et perdu dans un antre de montagne, un gouiGfre perforé par un torrent diluvien*.
L'inquisition, plus audacieuse par l'absence des comtes de Foix qui résidaient dans le Béarn, et par la conversion des seigneurs de Castelverdun, possesseurs du territoire d'Ornolac, résolut de dé-