M. le docteur Félix Garrigou
truire ce repaire de faidits. Le sénéchal de Toulouse et le maréchal de Lévis remontèrent de Foix à Tarascon et de Tarascon à Ussat : ils firent comme une campagne des cavernes ; ils prirent successivement les grottes de Lherm, de Bédaillac, et se présentèrent enfin devant la Spulga d'Ornolac, refoulant dans la roche les proscrits des bois. Le sénéchal pénètre sous le vaste porche, force l'étroit goulot intérieur, et croit les envelopper tous d'un coup de filet, comme un nid de bêtes fauves, dans un fond de tanière, sous la rotonde sans issue de Loup de Foix. Mais la grotte est double, ou plutôt le corridor oriental qu'il venait de parcourir, d'une étendue d'un quart de lieue, n'est que le vestibule d'une galerie supérieure trois fois plus profonde" et qui forme la caverne-mère *.
On gravit à celle-ci par un escarpement d'une hauteur perpendiculaire de quatre-vingts pieds, vertical mais divisé par cinq ou six ressauts, dont les entablements supportent des échelles de bois dressées contre le rocher. Les cathares, retirant après eux les échelles, furent en un instant inexpugnables dans Tobscurité de leur aire souterraine. L'ost catholique, qui croyait les acculer dans l'impasse de la Rotonde, y fut lui-même transpercé, écrasé, foudroyé, par un orage de flèches sifilantes, de rocs bondissants et de hurlements sauvages, roulant de cette gueule sombre qui, selon les géologues, vomit le torrent océanien. Gomment, sous cette tempête, tenter l'escalade ; et, parvenu sur la haute corniche,