LIVRE QUINZIÈME
Pour elle, je suis mort de la main de l'amour. » Ahl cette mort, c'est la viel Quel éloge du catha risme 1 II était, au moyen âge, l'idéal humain. Mais le poète qui ne veut pas nous faire connaître cette beauté mystérieuse, va pourtant soulever le voile àdemi.Son nom, c'est Joana et son surnom Mandetta, ou plutôt Mundetta, Mundinetta la pure, la cathare, la toulousaine, car ce signe de la foi johannite est resté, jusqu'à nos jours, l'un des noms de la grande cité albigeoise *.
Mais le Poète souverain d» ce platonisme vengeur, c'est le Dante. Dante est un cathare politique; il est l'épanouissement magniiicjue de Figueiras, de Cardinal, des troubadours albiofeois. Tous ces chantres gibelins des Pyrénées ont légué leur vengeance au sombre gibelin de Florence. Gomme il flagelle leurs tyrans et leurs bourreaux î II donne un. boucher de Paris pour chef à la race sanguinaire des rois capétiens, ces voleurs détrônes, ces déprédateurs de Toulouse et de Naplesl Quelle épopée mélancolique il chante sur la maison infortunée de Souabe et de Sicile! Et comme il appelle, pour venger leurs malheurs d'au delà des mers, la poétique et chevaleresque dynastie d'Aragon I II ne loue pas le catharisme, mais il ne l'anathématise pas non plus, il passe ce dangereux allié sous silence, ou n'en parle que par -symboles. Il est vrai qu'il loue saint Dominique et saint François. Mais François est un disciple de Joachim de Flore, doué de l'esprit prophétique; et s'il honore Dominique, le