‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 861 sur 922 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

bien pourvus de vers harmonieux, et d'un si beau sens que le siècle en devienne plus gai. Que le Dieu d'amour vous assiste 1 Donné au faubourg des Augustins, après la fête de la Toussaint, dans le verger fleuri, au pied d'un laurier*. »

Ces sept citoyens donnent à la poésie le nom de gaie science. Désignation symbolique, car gai signifie noble, dans leur langage patriotique et chevaleresque. La joie n'est que dans la noblesse, c'est-àdire la dignité, l'indépendance et la foi. Aussi leur siècle était-il profondément triste, et leur harpe ne put égayer sa morne douleur. Dans l'origine la societat des sept trobadors te To/osa, fondée pour maintenir la nationalité romane par la culture du langage et l'inspiration de l'esprit, fut une espèce de conjuration littéraire contre Rome et contre la France. Mais l'inquisition la fit d'abord dévier et ne toléra la langue qH^. poésie hérétique q\x*k la condition de célébrer la Vierge et les saints, c'est-à-dire le triomphe théocratique, et la servitude méridionale. Les sept ne succédèrent donc pas aux poètes des siècles passés. La poésie vivante, populaire, chevaleresque était morte, morte sur les deux versants des Pyrénées.

Vers la fin du siècle, Joan II, roi d'Aragon, envoya des ambassadeurs au roi Charles VI pour lui demander des poètes de la province de Narbonne ^,

1. Toulouse vient de consacrer une rue aux sept troubadours. Quand en consacrera-t-elle au tendre Marjévols, à l'ardent Figuéras, au magnanime Cardinal, à l'héroïque Guilhem de Tudelle, les grandes harpes du martyre ? .

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