‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 880 sur 922 · UVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

UVRE QUINZIÈME

dans une tempête. Et moi, solitaire obscur, descendant des proscrits aquitains *, recueilli dans l'ombre de ma forêt, je continuais en silence mon œuvre filiale et funèbre. De temps en temps seulement j'arrêtais la course de ma plume haletante pour écouter le bruit lointain des révolutions qui frémissaient dans tout l'univers. Je voyais les derniers débris de la dynastie capétienne expulsés de Napleset de Madrid; de cette race royale la plus antique et la plus auguste, qui a construit la France, remanié l'Europe, remué le monde, mais qui de ses vingt trônes n'en conserve plus un seul. Quel est le crime de ces rois ? Ils ont combattu l'Esprit, Je rêvais en sanglotant sur le châtiment des princes et des nations ; les malheurs de nos jours me faisaient mieux comprendre les infortunes des siècles passés; puis je relevais mon front éperdu pour voir s'exécuter le reste des jugements de Dieu. Je voyais tomber de son trône olympien le fantôme de la théocratie du moyen âge à qui sept cents vieillards prosternés dans le Vatican disaient : Vous êtes Dieul et qui, de l'empire du monde qu'il revendique incessamment, ne possède plus, pour reposer sa tête, qu'une pierre, une tombe, Rome. Quel est le crime de ces pontifes? Ils ont combattu l'Esprit, torturé l'éternel Amour ! Etnunc, Reges, intelligite! Erudiminif Judicesterrœ, Pastoresque populorum t

Saint-Germain en Laye, juillet 1870.

1. Voir, pour les restes de l'albigisme passés au protestantisme, VArise et le siège du Mas-d'Azil, par Napoléon Peyrat.

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