‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 96 sur 922 · V. hs Préliminaires : Gartul. de Champagne, fol · texte numérisé non relu

V. hs Préliminaires : Gartul. de Champagne, fol

généreuse cité sous un silence menaçant. Maintenant le silence s'explique : le nuage se dissipe; on exige que cinq cents toises de ses murailles romaines victorieuses de Montfort et du fils de Philippe-Auguste soient abattues, et que sa forteresse féodale soit livrée au roi de France. Naguère on se - contentait de démembrer TÉtat, maintenant on le blesse au cœur, on le frappe à la tête, on le décapite, en prenant le castel narbonnais, organe et symbole de son indépendance. La confiscation du manoir comtal, et la mutilation des murailles populaires fut, tout rindique, une suggestion de révêque de Toulouse. Ce prélat turbulent, toujours en lutte avec le comte, la ville et le peuple, voulut non-seulement humilier Théroïque cité, mais encore compter, dans les discordes futures, sur le secours des chefs croisés de l'Albigeois, et l'appui du sénéchal français campé dans le donjon des Saint-Gélis. Et c'est le même évêque (car un autre n'eût peutêtre pas eu la même rancune vindicative et ne se fût pas si hardiment placé au-dessus de tout sentiment chevaleresque) qui, sans doute, suggéra que les consuls et les barons méridionaux, venus comme négociateurs, fussent, au mépris du droit des gens, retenus comme otages et gardés [captifs dans les tours du Louvre. C'est ainsi que le lion de France traitait avec la brebis de Toulouse et la vache des Pyrénées.

Mais le lion dut faire sa part à son pourvoyeur : au programme, déjà si exorbitant de la royauté, vint s'ajouter, après coup et par surprise, le programme plus exorbitant encore de la papauté.

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