Ibid
NÉGOCIATIONS ENTRE LEROI ET l’aKCHEVÊQUE. 187 pêcher toute conciliation , ils dirent au roi que la i paix ne lui serait d’aucun avantage pour lui, à moins que les donations faites sur les biens de l’évêché de Canterbury ne fussent ratifiées à j amais ;
« et l’on sait, ajoutaient-ils, que l’annulation de « ces dons royaux sera le point principal des de- « mandes de l’archevêque » De graves raisons de politique extérieure déterminèrent Henry II à ne point se rendre à ces conseils , bien qu’ils fussent parfaitement d’accord avec son aversion personnelle contre Thomas Becket. Les négociations commencèrent; il y eut échange de lettres, entre le roi et l’archevêque, indirectement et par des mains tierces , comme entre deux puissances contractantes. Une des lettres de Thomas, rédigée en forme de note diplomatique, mérite d’être citée comme spécimen curieux de la diplomatie du moyen âge.
^ « L’archevêque , disait Becket, parlant de lui- « même , tient beaucoup à ce que le roi , si la ré- « conciliation a lieu, lui donne publiquement le <f baiser de paix; car cette formalité est d’un usage « solennel chez tous les peuples et dans toutes les a religions, et nulle part, sans elle, il ne se con-
I. Concordiam regno inutilem fore nUi.... (Script, rcrum franc, lom. XIV, pag. 463. ) »
l88 NOTE DIPLOMATIQUE SUR LR BAISER PE PAIX.
1170. « clul de paix entre personnes ci-devant enncBiies^'^
« Le baiser d’un autre que le roi, de son fils, par « exemple, ne remplirait point le^but; car on « pourrait eu induire que l’archevêque est rentré « en grâce avec le fils plutôt qu’avec le père; et,
« si une fois ce mot était jeté par le monde, quelles « ressources ne fournirait-il pas aux malveillants ‘1 « \je roi , de son côté , pourrait prétendre que son « refus ^e donner le baiser voulait'dire qu’il ne < s’engageait point de bon cœur, et, suite,
« manquer à sa parole sans se croire noté d’in- « fainie’. D’ailleurs, l’archevéqiie se souvient de ce « qui est arrivé à Robert de Silly et aux autres Poi- « tevinsqui firent leur paix à Montmirail; ils fu- « rent reçus en grâce par le roi d’Angleterre avec « le baiser de paix, et pourtant ni cette marque de sincérité publiquement donnéq ni la considérar *' « tion due au i*oi de France, méifiSteur dans cette U affaire^ n’ont pu leur assurer la paix, ni la vie^
I . Qnæ forraiî solemnia est in omni gente et iii Omni rcligioiie, et çitr.^ qiiam nusquàin pax anteà dissideotium conlirmatnr. ( Script, rerum franc, tom. XVI, pag. 4^4* )
2 Vicario (ilii regis osculo.. . quod si semel verbum
oriretur in turbâ.... (Ibid.)
3 . Rex, sub prætextu negati Ssculi, crederetur exemptus infamiâ...r (Ibid. ) .