‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 186 sur 311 · Voyez liv. I, tom. I · texte numérisé non relu

Voyez liv. I, tom. I

Exemplo patrum , commotus amore legendi , '

Ivit ad Hibernos aophii mirabile claros. *, ,

^ ( CoUeotaoM de rebw Biberoieb* too)> 1 . pag> ni»)

2 . Quid Hibcrniam inemorem, contemplo pelagi discrimine, penè totam cum grege philosophorum ad nostra littora migranteni , quorum ut quisque peritior est ultrù aibi indicit exilium.... (Script, rer. franc, tom. VIT, png. 563. )

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BE l’iRLANDE.

tious, soit du midi , soit du nord , ils n’avaient jamais admis de prescription pour la conquête, ni fait de paix volontaire avec les fils de l’étranger ; leurs vieilles annales contenaient des récits de vengeances terribles, exercées, souvent après plus d’un siècle, par les indigènes sur leurs vainqueurs'.

Les débris des anciennes races conquérantes, ou les petites bandes d’aventuriers qui étaient venues, dans un temps ou dans l’autre, chercher des terres en Irlande, évitèrent les effets de cette intolérance patriotique , en s’incorporant dans les tribus irlandaises, en se soumettant à l’ancien ordre social établi par les indigènes, et en apprenant leur langue. C’est ce que firent assez promptement les pirates danois et norwégiens, qui, dans le cours du huitième et du neuvième siècle , fondèrent , sur la côte de l’est, plusieurs colonies, où, renonçant à leurs anciqus brigandages, ils bâtirent des villes et devinrent commerçants.

Dès que l’église romaine eut établi sa domina- 600

tion en Bretagne, par la conversion des Anglo- 1066. Saxons, elle fit des efforts continuels pour étendre sur les habitants de l’île d’Érin l’em])irc qu’elle

I. \oyez dans le Catholique (ouvrage périodique), t. XIV, N* 43) *1"® dissertation de M. le baron d’Eckstein sur les origines de la nation irlandaise.

23o TKNTATIVES DES PAPES

600 prétendait exercer sur tous les adorateurs de Jésus- 10Ç6. Clu'ist*. Comme il n’y avait point, sur le sol irlandais, de conquérant païen à convertir, les papes se bornèrent à négocier, par lettres et par messages , pour tâcher d’amener les Irlandais à établir dans . leur île une hiérarchie ecclésiastique semblable à celle du continent , et capable de servir, comme celle-ci , de marche-pied au trône pontifical. Les hommes d’Érin , de même que les Bretons de la Cainbrie et ceux de la Gaule, ayant organisé spontanément le christianisme dans leur pays, sans se confonner en aucune manière à l’organisation officielle décrétée par les empereurs romains, ne connaissaient point ‘de sièges épiscopaux fixes et déterminés. Leurs évêques n’étaient que de simples prêtres, auxquels on avait confié, par élection, la charge purement honorifique de surveillants ou de visiteurs des églises. Ils ne formaient point ua corps supérieur au reste du clergé, et entre eux il . ii’y avait point différents degrés d’hiérarchie; eu un mot , l’église d’Irlande n’avait pas un seul archevêque, et pas un de ses membres n’avait besoin d’aller à Rome pour solliciter ou acheter le pallium •pontifical. Jouissant ainsi d’une pleine indépen- ’■ dance à l’égard des églists étrangères, et admi-

j. Voyez livre t , pnf. 88. '>ii. .■

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SüR t’iBLANDE.

nistrée, comme toute société libre, par des digni- 600 taires électifs et révocables cette église fut de ,066. bonne heure traitée de schismatique par le consistoire de Saint-Jean de Latran ; un long système d’attaque fut dirigé contre elle, avec cette persévérance innée dans les successeurs du vieux sénat, qui, à force de vouloir la même chose, avait süb- - jugué l’univers.

La nouvelle Rome n’avait point , comme l’ancienne, des légions sortant de ses murs pour aller à la conquête des peuples ; toute sa force était dan* l’adresse et dans son habileté à faire alliance avec les forts; alliance inégale, qui, sous le nom de (ils et d’amis, les rendait vassaux et sujets. Les victoires des conquérants, et surtout celles des barbares encore païens, furent, comme ou a pu l’observer plus d’une fois dans cette histoire , la cause 4 la plus fréquente d’a'grandissement politique pour la cour pontificale. Elle épiait soigneusement la première pensée d’ambition des rois envahisseurs, pour entrer avec eux eti société; et à défaut de conquêtes étrangères, elle aimait et encourageait le despotisme national. I^a monarchie héréditaire était le régime qui lui plaisait le plus , parce qu’il suffisait de s’emparer de l’esprit d’un seul homme pour ac- * * quérir sur tout un peuple une autorité al^solue.

Si un semblable régime eût existé en Irlande, il

PEU DE succès

est probable que, de très-bonne heure, l’indèpeudance religieuse de ce pays aurait été anéantie par accord mutuel entre les papes et les rois. Mais, quoique les Irlandais eussent des chefs auxquels le titre latin de reges pouvait, à la rigueur, s'appliquer et s’appliquait en effet dans les actes publics, le grand nombre de ces rois, leur dépendance perpétuelle des diverses tribus irlandaises, dont le simple nom leur servait de titre’, cette absence d’unité offrait peu de prise à la politique romaine.

Il y avait à la vérité, dans l’île d’Erin , un chef supérieur à tous les autres, qu’on appelait le grand roi ou le roi du pays, et qui était choisi par une assemblée générale des chefs des différentes provinces * ; mais ce président électif de la confédération nationale prêtait à la nation entière le même serment que les chefs des tribus prêtaient à leurs tribus respectives, celui d’observer inviolablemeat^ les anciennes lois et les coutumes héréditaires : d’ailleurs, la part du grand roi était plutôt l’expédition que la décision des affaires générales ; car tout se décidait dans des conseils, grands ou petits, tenus en plein air sur des collines entourées

1. Chaque tribu, on clan irlandais, avait un nom de famille <ni 9 mun à tous ses membres.

2, Rex Hiberuiæ , maximus rex. En irlandais ard— riaght

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DES PAPES Eiî IRLANDE. a33

d’un large fossé ' : là se faisaient les lois du pays, soo et se débattaient , d’une manière souvent tumultueuse, les contestations de province à province, de ville à ville, et quelquefois d’Iiomme à homme , On conçoit qu’un pareil ordre social, dont la base était dans le peuple lui-même, et où l’impulsion partait toujours de la masse mobile et passionnée , devait être peu favorable aux projets de la cour de Rome. Aussi , malgré tous leurs efforts auprès des rois d’Irlande, durant les quatre siècles et demi qui s’écoulèrent entre la conversion des Anglo-Saxons et la descente des Normands en Angleterre, les papes n’obtinrent pas le moindre changement dans les pratiques religieuses et l’organisation du clergé de l’îlc d’Erin , ni le plus petit impôt levé sur les habitants de cette il»'. Après loss la conquête de l’Angleterre, les intrigues du primat Lanfranc, homme dévoué à l’agrandissement simultané de la puissance papale et de la domination normande, se dirigeant d’uiie manière active sur l’Irlande, commencèrent à fkire un peu fléchir l’esprit national des prêtres de cette île. Lanfranc

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