‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 187 sur 311 · II n’y avait pas même de dîmes.; le clergé irlandai.s · texte numérisé non relu

II n’y avait pas même de dîmes.; le clergé irlandai.s

vivait d’offrandes et de dons volontaires. (Gordon, Histoire d’Ii'liinde ) 1

234 «ÉVOLUTION ecclésiastique EN IRLANDE.

io66 joignait à son crédit , comme homme de science et 1074. d’éloquence , d’autres moyens efficaces pour persuader et séduire ; car il avait accumulé de grandes richesses, en recueillant sa part du pillage fait sur les Anglo-Saxons , et , si l’on en croit d[anciens tCT moignages , en vendant aux évêques de race normande le pardon de tous leurs excès '074. En l’année 1074, un Irlandais nommé Patrice , après avoir été élu évêque par le clergé et le peuple, et conhmié par le roi de sa province et par le roi de toute l’Irlande, alla se faire consacrer à Canterbiii'y, au lieu de sc contenter, suivant l’ancienne coutume, de la bénédiction de ses collègues *. Ce fat un pi-emier acte d’obéissance aux lois de rÉglise romaine , qui voulaient que tout évêque reçût la consécration d’un archevêque décoré du pallium; et ces nouvelles semences de servitude religieuse ne tardèrent pas à fructifier. En effet, depuis lors plusieurs évêques irlandais aiv ceptèrent successivement le titre de légats pontificaux en Hibernie ; et vers le temps où cette His-

I Pecunins glomer.intis.... accipiebat quandôque

pecunias quo magis parceretdelictis snbditorum... ( Will. Midmcsb. Vila; pontificuiu. — Th. Stubbs, ibid.) — Voyez livre V , tome Tl

2. Campion, apud ancicnt Irish historiés, pag. 77. U' Hanmer’s Chronicle, pag. 191 , ibid.-

IMPOPÜLARITJî pu. POUVOIR PAPAL. «35 toire est parvenue , Chrétien , évêque de Lismore , >074 et vicaire du pape, conjointement avec Papire,n48. cardinal romain, entreprit de réorganiser l’église d’Irlande suivant les vues et l’intérêt de la cour de Rome. ApKs quatre ans d’efforts, if réussit, et, dans un synode où assistèrent les évêquês, les ii 4 «abbés, les rois, les chefs et les autres magistrats de toute l’Hibernie, du consentement de' tous les hommes présents , disent les vieux actes , et par l’autorité apostolique, furent institués quatre arciicvéqnes, à quû furent assignées, comme sièges fixes, les villes d’Armagh, de Dublin, de Cashel et de Tuam *. Mais , malgré l’apparence d’assentiment nationai donné à ces mesures; l’ancien esprit d’indépendance prévalut encore : le clergé d’Irlande montra peu de docilité darif sa sounjt^sion au nouvel ordre hiérarchique, et le peuple eut de la répugnance pour les pratiques étrangères, ePsurtout pour lés tributs d’argent qu’on essaya de lever, sous différents noms , au profit de l’église ultràmontaine. Toujours mécontente des Irlandais, en dépit

I, Haomer’s Chroqicle, |iag. aia. Cet^'ouvr.'igc j.dé-pourvu de critique dans la partie qui traite des antiquités irlandaises, est parlaitement exact' pour ce qui regarde la conquête de l’Irlande par les Ânglo-Normauds. L’auteur puise aux meilleures sources, et traduit presque littéralement. '

23é ENTUtPRlSE DU ROI HENHT II.

1148 . de leurs concessions, la cour de Rome continua de les appeler mauvais chrétiens , chrétiens froids et rebelles à la discipline apostolique ; elle épia aussi attentivement que jaçiais l’occasion d’obtenir plus de prise sur eux , en associant son ambition à quelque ambition temporelle et cette occasion ne tarda guère à s’offrir.

Il 56.’ Lorsque Henry, fils de Geoffroi Plante-genest , fut» devenu roi d’Angleterre, il lui vint à l’esprit de signaler son avènement, comme premier roi de la race angevine , par une conquête presque aussi importante que celle du Normand Guillaume , son bisaïeul maternel. 11 résolut de s’emparer de l’Irlande , et , à l’exemple du conquérait de l’Angleterre, son premier soin fut d’envoyer vers le pape, pour lui proposer de concourir à cette nouvelle entreprise^ comme son prédécesseur, Alexandre U , avait pris part à la première ’. Le pape aloi*s régnant était Adrien IV, homme de naissance anglaise , dont le nom de famille était Brekespeare , et qui , en s’expatriant fort jeune , avait échappé aux misères de sa condition. Trop fier pour travailler aux champs ou pour mendier en Angleterre, dit un ancien historien, il prit une résolution

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