‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 197 sur 311 · Hanmer's Chron. pag · texte numérisé non relu

Hanmer's Chron. pag

a46 les normands d’irlande

Cet appel des étrangers dans les querelles intérieures du pays, et surtout l’établissement de ces étrangers en colonies permanentes dans les villes et sur le territoire du roi de Leinster, alarma toutes les provinces voisines, et l’inimitié partie culière contre Dermot se transforma en hostilité nationale Il fut mis , comme ennemi public, au ban de la confédération irlandaise, et, au lieu d’un seul roi , presque tous lui déclarèrent la, guerre. Tjes nouveaux colons, voyant leur cause intimement liée à la sienne, résolurent de faire tous leurs efforts pour le soutenir en se défendant eux-mêmes, et, au premier bruit de' l’orage qui s’amassait, ils envoyèrent quelqu’un des leurs en Angleterre , recruter en tous lieux les aventuriers et les vagabonds, normands, français, et même anglais de race On leur promettait une solde et des terres; il en vint un grand nombre que le roi Dermot accueillit comme les premiers, et auxquels il fit , dès le débarquement, une fortune toute différente de leur fortune antérieure , dont le mau-

I. Totius Hibernix populi indignari et tumnltnari cueperunt, eô quôd gentem anglicam Hibernix iinmisis-. set.... (Walt. Henningf. pag. 4{)8. )

3. Illi ineluentes paucitati suæ, accitis exÂngliâ viris inopiâ laborantibus et lucri cupidis.. .. (Ibid.)

SE DONNEMT UH CHEF. ^47

vais état se trahissait par les surnoras mêmes de nSy quelques-uns d’entre eux, comme Raymond-le- Pauvre, qui, sans changer de sobriquet, devint haut et puissant baron sur la côte orientale de l’Irlande *.

La colonie étrangère, graduellement accrue sous les auspices du chef de Leinster, qui voyait désormais en elle son unique sauvegarde, avait, malgré ses engagements, une tendance à séparer sa cause de celle du roi irlandais, et à former par ellemême une société indépendante. Bientôt les aventuriers dédaignèrent de marcher au combat sous la conduite de celui dont ils recevaient la solde, d’un homme ignorant la tactique , ou , comme on s’exprimait alors , les faits d’armes de la chevalerie. Ils voulurent avoir un capitaine d’une grande, réputation, en guerre, et invitèrent à venir les commander Richard , fils de Gilbert Strongboghe et petit-fils du premier comte de Pembroke’. Cet homme , fameux entre les descendants des conquérants du pays de Galles, comme celui qui possé-

1. Le Poure, selon la vieille orthographe française. Poer, ou Pa-wer, est encore aujourd’hui le nom d’une famille noMe d’Irlande.

2. Et quia nondùm habebant propriuin priiicipem ncc pro voto pastorcm... (Chron. Walt. Hermingf. p. 498- )

aZ|8 VICTOIRES DES NORMANDS

llfig clait les plus vastes domaines , se trouvait alors tellement appauvri par ses dépenses excessives, et si fort inquiété par ses créanciers, que, pour fuir leurs poursuites et réparer sa fortune, il n’hésita pas à se rendre à l’appel des Normands d’Irlande

1150. Sa réputation et son rang lui firent trouver de nombreux compagnons. Il aborda, avec plusieurs vaisseaux , des soldats et des munitions de guerre, au même lieu où les alliés de Dermot avaient débarqué deux ans auparavant , et fut reçu avec de grands honneurs par ses compatriotes et par te roi deLeinster, forcé d’accueillir avec joie ce nouvel ami qui pouvait devenir un jour redoutable pour lui>même *. Richard joignit son armée à la colonie normande , et prenant le commandement de toutes ces forces, attaqua Walerford, ville du royaume de Mumham ou de Munster, la plus voisine du territoire occupé par les Normands. Cette ville, fondée par les corsaires septentrionaux , comme l’atteste son nom tculonique , fut alors prise d’as-

1. ^Qui cùm esset in expensarum profusione prodigus, amplissiinisqiie redditibus exlenuatus et crediloribus ob— noxiiis....(Chron. Wall. Hermingf. p. 498-)

2. Præstolantes socios optato lælificavit . advenla C Ibid. ) — Hannicr’s Chron. pag. 348.

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