‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 211 sur 311 · CONDUITE DU CLERGÉ · texte numérisé non relu

CONDUITE DU CLERGÉ

1171 remplaçait par des amas de ronces et d’épines; et ,"^3 aucune cérémonie religieuse n’avait plus lieu, si ce n’est le baptême des enfants nouveau-nés et la confession des mourants ^

Les prélats de Normandie , qui n’avaient aucune haine politique contre Henry II , n’exécutèrent point cette sentence; et l’archevêque de RouMi , qui s’érigeait en primat des provinces soumises au roi d’Angleterre, défendit, par des lettres pastorales, aux évêques d’Anjou , de Bretagne et d’Aquitaine d’obéir à l’interdit jusqu’à ce qu’il eût été ratifié par le pape*. Trois évêques et plusieurs clercs normands partirent en ambassade pour Rome , afin d’y justifier le roi Henry de l’accusation de meurtre et de parjure*. Aucun prêtre aquitain ne fut mêlé dans cette affaire, soit que le roi se défiât d’eux, soit qu’ils eussent manifesté des dispositions peu favorables à sa cause. On peut juger de l’esprit qui les animait par la lettre suivante, adressée au roi lui-même par Guillaume deXrahinac, prieur de l’abbaye de Grandmont , près de Limoges, abbaye que Henry II aimait beaucoup^ et dont il

I . Praetcr baptism.1 p.Trviiloriim et poenitentias raorieiiliuDi. (.Script, rer. franc, tom. XVI.)

a. Ibid, pag. 475-477.

3, Ibid. pag. 479-

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DE NOHMANDIE.

faisait alors rebâtir l’église. « Ah! seigneur roi, « qu’est-ce que j’apprends de vous? Je ne veux pas « que vous ignoriez que , depuis le jour où je sais « que vous êtes tombé de chute mortelle , j’ai « renvoyé les ouvriers qui bâtissaient à vos gages «l’église de notre maison de Graudmont, afin « qu’il n’y ait plus rien de commua entre vous et « nous'. »

Pendant que le roi de France et les autres ennemis de Henry II lui imputaient directement le meurtre de l’archevêque de Canterbury, et s’efforçaient de présenter le crime des quatre chevaliers normands comme l’eflFet d’une mission expresse, les amis du roi essayaient d’accréditer une version toute contraire. Ils voulaient faire passer la mort violente de Thomas Becket pour un simple accident, où la haine du roi n’avait eu aucune espèce de part. Une prétendue narration des faits , rédigée et signée par un évêque, fut envoyée au pape Alexandre III, au nom de tout le clergé de Normandie. Les prélats normands racontaient que, se trouvant un jour réunis auprès du roi pour traiter des affaires de l’Église et de l’État, ils avaient

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