AU PAPE
« genre, et telle a été la première et la plus forte a cause de la discorde actuelle. Tæ sang du martyr « criait vers moi , je n’ai pu l’exaucer, je n’ai pu » lui rendre la vengeance et les honneurs qui lui « étaient dus; mais je lui ai du moins rendu mes « respects en visitant sâ sépulture, à la vue et au « grand étonnement de tout le royaume'. Mon B père en a conçu beaucoup de colère contre moi ; « mais, certes, je crains peu d’offenser un père, B quand il s’agit de la dévotion au Christ, pour B lequel c’est un devoir que d’abandonner père et B mère’. Voilà l’origine de nos dissensions: écoutea moi donc, très-saint Père, et juge ma cause; car B elle sera vraiment juste, si elle est justifiée par a ton autorité apostolique’. »
Pour apprécier à leurjuste valeur ces assertions, il suffit de se rappeler les ordonnances rendues par le jeune roi lui-même, lorsque Thomas Becket vint à Londres. Alors ce fut par son commandement exprès que le séjour de la capitale et de toutes les
1.^.. Sancti martyria visitnndosepulturam,toto quidem regno vidente et ohstupente.... (Script, rer. fr. t. XVI, pag. 644.)
2 Sed parùm ccriè veremur ofiensaiii patria, ubi
Christi devotioiMS causa est.... (Ibid.)
3 . Tune quippe verè crit justa, si aposlolatûs vestri aoctoritate justificata fuerili.. (Ibid. pag. 645 .)
MAMIFESTE •
villes de l’Angleterre, hors celle de Ganlerbury, fut interdit à l’archevêque, et que tout homme qui lui avait présenté la main en signe de bien-venue fut déclaré ennemi public*. Le souvenir de ces faits notoires était encore tout récent dans l’esprit du peuple, et (Je là vint, sans doute, la surprise générale que cftusa la visite du persécuteur au tombeau du persécuté , si toutefois cette visite elle-même n’est pas une fable. A ce récit , orné de toutes les formules de déférence qui pouvaient flatter l’orgueil du pontife romain , le jeune roi joignit une espèce de plan du nouveau régime qu’il se proposait d’instituer dans les États de son père, si Dieu lui faisait la grâce de les conquérir*. Il voulait que les élections ecclésiastiques fussent rétablies dans toute leur liberté, et que la puissance royale ne s’y entremît d’aucune manière; que les revenus des églises vacantes fussent ré-, servés pour le titulaire futur, et non plus levés pour le fisc, « ne pouvant souffrir, disait-il , que « les biens dS la croix, acquis par le sang du cru- « cifié, devinssent l’aliment du faste, sans lequel « les rois ne sauraient vivre • ; que les évêques