CHANT DE GUERRE
a et ses flèches. Malheur au roi du nord , qui a osé 1 17S. U lever la lance contre le roi du sud, son seigneur; « car sa ruine approche , et les étrangers vont déa vorer sa terre »
Après cette effusion de joie et de haine patriotique , l’auteur s’adresse à Eléonore, la seule personne de la famille deHenry II qui fut vraiment chère aux Aquitains , parce qu’elle était née parmi eux a Tu as été enlevée de ton pays et emmenée U dans la terre étrangère Elevée dans l’abon- « dance et la délicatesse , tu jouissais d’une liberté a royale , tu vivais au sein des richesses , tu te « plaisais aux jeux de tes femmes, à leurs chants , a au son de la guitare et du tambour; et mainte- « nant tu te lamentes, tu pleures et te consumes « de chagrin ^ Reviens à tes villes , pauvre prison- « uière‘....
U Oh est ta cour? oh sont tes jeunes compagnes ?
1 . Rex verô austri cum multitudinc gravi , cum areu et sagittâiugredietur. Væ régi aquilonis... (Chron. Ricardi Piotavieiisis, op. script rcr. fr. t. XII, pag. 420-)
2. Tr.nnslata es de lerrâ tui et deducta in terram quara ignorasti... (Ibid. )
3 . Tu aulera mollis et tenera regiâ liberlate fruebaris... (Ibid.)
4. Revertere , captiva, reverlcre ad civitalcs tuas... (Ibid.)
DES PARTISANS DE RICHARD. SlQ
« OÙ sont tes conseillers? Les uns, traînés loin de 1174 « leur patrie, ont subi une mort ignominieuse ,*5 « d’autres ont été privés de la vue; d’autres , ban- « nis, errent en difTérents lieux'. Toi, tu cries, a et personne ne t’écoute ; car le roi du nord te a tient resserrée comme une ville qu’on assiège :
« cria donc, ne te lasse point de crier; élève ta a voix comme la trompette , pour que tes fils t’en- « tendent ; car le jour approche où ils te délivre*
« ront, où tu reverras ton pays natal »
A ces expressions d’amour pour la fille des an* ciens chefs nationaux succèdent un cri de malédic* tion contre les villes qui , soit par choix, soU par nécessité, tenaient encore pour le roi de race étrangère, et des exhortations d’encouragement à celles de l’autre parti, qui étaient menacées d’une attaque des troupes royales.
a Malheur aux traîtres qui sont en Aquitaine; a car le jour du châtiment est proche ’. La Ro*
I. Ubi sunt familiæ tuæ? ubi sunt adolescentulæ tuæ ! ubî sunt consiliarii tui ? Alii de terrâ suâ... (Chron. Ricard! Pictaviensis, apiid script, rer. franc, tom. XII, pag. 430.)
2 Obsidium posuit super te rex aquilonis... clama,
ne cesses, quasi tuba exalta vnrem tuam. .. (Ibid.)