‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 48 sur 311 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

„53 sassent i-égner en paix durant sa vie, à condition qu’après lui le fils de Mathilde serait roi. Les Normands y consentirent, et la paix fut rétablie. La teneur du traité, juré par les évêques, les comtes , les barons et les chevaliers des deux partis, s’offre sous deux faces très-différentes, dans les historiens du temps, selon la faction qu’ils favorisent. Les uns disent que le roi Etienne adopta Henry pour son fils , et qu’en vertu de cet acte préalable, les seigneurs jurèrent de donner en héritage au fils adoptif le royaume de son père ' ; d’aqtres, au contraire, prétendent que le roi reconnut positivement le droit héréditaire du fils de Mathilde sur le royaume , et qu’en retour ce dernier lui octroya bénévolement de régner le reste de sa vie*. Ainsi des contemporains , également dignes de foi, font provenir de deux principes entièrement opposés la légitimité qu’ils accordent au petit-fils de Henry I" ; lesquels doit-on croire en cela? Ni les uns, ni Ics'autres. Et la vérité est que

1. El rex quidem ducem ndoptnns in filium, eum solemniter successoreih proprium declaravit. (Guil. Neubrig. ap. script, rer. fr. tom. XllI , p. loo.)

2. Rex recogiiovit hæreditarium jus quod dux Heiiricus liabebat in regno, et dux beiiignè concessit ut rex tolû vilâsuâ, si vellct, regiium teneret. ( Chronic. Norraann. pag. 989.)

DE r,A GDERKE CIVILE.

les mêmes barons qui avaient élu Etienne malgré uS3. le serment prêté à Mathilde, qui ensuite élurent Mathilde malgré le serment prêté à Etienne , par un nouvel acte de volonté , désignèrent , pour succéder à Etienne, le fils de Mathilde, et non sa , mère : de cette volonté toute-puissante dérivait la légitimité royale*.

Peu de temps avant son expédition en Angle- ”5»terre, Henry, avait pris pour femme l’épouse divorcée du roi de France, Eléonore ou Aliénor, ou • plusfamilièrementAanor, fille dcGuillaumc, comte de Poitou et duc d’Aquitaine, c’est-à-dire souverain dé toute la côte occidentale de la Gaule , depuis l’embouchure de la Loire jusqu’au pied des Pyrénées*. Suivant les usages de ce pays, Eléonore y jouissait de tout le pouvoir qu’avait exercé son père; et, de plus, son mari, quoique étranger, pouvait entrer avec elle en partage de la souveraineté. Le roi I.Duis VII eut ce privilège, tant qu’il resta uni à la fille du comte Guillaume, et il entretint des officiers et des garnisons dans les villes

I. Sciatis quôd ego rex Stephans Henririim duccni Norraanniæ post me successorem regni Angliæ, et hæredem meum jure hxreditarlo constilui , et ei ac hxrediliiis suis regnum Angli« donavi et confirmavi. ( Instrumcii— tuin pacis, apud Jo. Brompton chron. p. io 3 ‘^. )

a. Script, içr. franc, f. XIII, p. loa, et t. XIV, p. 1 1.

D' — ■ Gooijli

^4 Eléonore ,

tiii. de l’Aquitaine; mais , aussitôt qu’il l’eut répudiée ÿ il lui fallut rappeler ses sénéchaux ei ses hommes d’armes*. Ce fut en Palestine, où Eléonore avait suivi son mari partant pour la croisade, que leur mésintelligence éclata. Persuadé, soit à tort, soit à raison , que la reine le trompait pour un jeune Sarrasin , Louis sollicita et obtint le divorce refusé par l’église aux gens du peuple, mais souvent accordé aux princes *.

Il se tint, à Bcaugency-sur-Loire , un concile devant lequel la reine de France fut obligée de comparaître. L’évêque, qui portait la parole comme accusateur, annonça que le roi demandait' le divorce , « parce qu’il ne se fiait point en sa femme, a et jamais ne serait assuré de la lignée qui vienn drait d’elle’, » Le concile passa outre sur cette scandaleuse requête, et déclara le mariage nul, sous prétexte de parenté, s’apercevant un peu tard qu’Eléonore était cousine de son mari à l’un des degrés prohibés*. L’épouse répudiée se mit en

1. Manitiones removet, gentes suas exindù reducit. (Script, rcr. franc, t. XII, p. 474-)

2. Hanc ampliùs uoluit habere.... uxorem suam répudiât.... (Ibid. t. XII, P i2'j-474-)

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