‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 61 sur 311 · EXPULSION · texte numérisé non relu

EXPULSION

ii55. d'auxiliaires étrangers, venues en Augle*

terre durant la guerre civile, avaient commis beau- ^ coup de pillages sur les Normands du parti contraire à celui qu’elles servaient; leurs chefs avaient enlevé des domaines et des maisons, et les avaient ensuite fortifiées contre les seigneurs normands dépossédés , imitant les pères de ces derniers qui avaieût de meme fortifié leurs habitations conquises sur les Anglais'. L’expulsion des Flamands fut pour toute la race anglo-normande un sujet de joie égal à ce que sa propre expulsion eût été pour les Saxons : a Nous les vîmes tbus , dit un au- « teur du siècle , passer la mer pour retourner du « camp à la charrue, et redevenir serfs , après avoir « été maîtres*. »

Quiconque, vers l’année x i 4 o, à l’invitation du roi Etienne , avait dételé ses bœufs pour passer le détroit, et venir à la bataille de Lincoln, était ainsi traité d'usurpateur par ceux dont les ancêtres avaient dételé, en 1066, pour suivre Guillaumele-Bâtard. Les conquérants de l’Angleterre se re-

I. Castella passîm per Angliam ædificatn. (Gerv. Cnnt. pag. 1277.)

a. A castris ad aratra , à tentoriis ad ergasteria revocantur, et quas nostratibüs opéras indixerant, domiiiis suis ex uecessilate persolvunl. ( Radulphi de Dicclo ,

DÉS FL\MAirDS. 79

gardaient déjà comme possesseurs légitimes ; ils 1 1 avaient effacé de leur esprit tout souvenir de leur usurpation violente et de leur ancienne fortune, s'imaginant que leurs nobles familles n’avaient jamais exercé d’autre emploi que celui de gouverner les hommes. Mais les Saxons avaient plus de mémoire ; et, dans les plaintes que leur arrachait la dureté de leurs seigneurs, ils disaient de plus d’un comte et de plus d’un prélat de race normande : « Il nous harcèle et nous pique comme a son aïeul piquait les bœufs de l’autre côté de « la mer*. »

Malgré cette conscience de sa propre situation et de l’origine de son gouvernement, la race saxonne, fatiguée par la souffrance, se laissait aller à une résignation apathique. Le peu de sang anglais que l’impératrice Mathilde avait transmis à Henry II était, disait-on, un gage assuré de sa bienveillance pour Je peuple’, et l’on oubliait comment çette même Mathilde, plus Sa^nne pourtant que son fils, avait traité les bourgeois de Londres. Des écrivains , soit simples et de bonne

I Pungebat aculeo roemor piæ recordationis avi

sui qui aratrum ducere et bove.T castigare consueverat. (Rog. de Hoved. p. ’]o3.)

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