LE BOI OU LORD
1066 le Style féodal des actes publics d’Écosse n’eut cours dans les montagnes ni dans les lies, et le même homme qui, à la cour des rois, s’intitulait duc ou comte d’Argyle, de retour dans le pays d’Argyle, au sein de sa tribu , redevenait Maccallammorc , c’est-à-dire le fils de Callan-le-Grand *.
Toutes les peuplades répandues sur la côte occidentale de l’Écosse , depuis la pointe de Cantire jusqu’au cap du Nord, et dans les îles Hébrides, qu’on appelait aussi îles des Galls * , vivaient en sociétés séparées , sous cette autorité patriarcale ; mais alu-dessus de tous leurs chefs particuliers il existait, dans le douzième siècle , un chef suprême, que , dans la langue des basses terres , on appelait le lord , le seigneur, ou le roi det^îles. Ce roi de toute la population gallique d’Écosse avait sa résidence à Dunstaffnage, sur un rocher.de la mer occidentale, ancien séjour des rois scots , avant leur émigration vers l’est; quelquefois aussi il habitait le fort d’Artornish , sur le détroit de Mull , ou bien l’île d’ilay, la plus fertile, sinon la plus grande, des Hébrides. Là se tenait une haute cour de justice,
. dont les membres s’asseyaient en cercle sur des sièges taillés dans le roc. On y voyait aussi une
I. W:iller ScoU’s Ladv of tlif Lakc , noies, p. a. Iimisgall.
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pierre de sept pieds carrés, sur laquelle montait le roi des îles, au jour de son couronnement. Debout sur ce piédestal, il jurait de conserver à chacun ses droits, et de faire, en tout temps, bonne justice; ensuite ou lui remettait entre les mains l’épée de son prédécesseur; l’évêque d’Argyle et sept prêtres le sacraient, en présence de tous les chefs de tribus des îles et du continent
Le pouvoir du roi des îles Hébrides s’étendit quelquefois sur celle de Man, située plus au sud, entre l’Angleterre et llrlande, et quelquefois cette île eut un roi à part , issu de race irlandaise , ou fils d’anciens chefs Scandinaves , qui s’y étaient reposés après leurs courses de mer. I^es rois des îles de l’ouest reconnurent pour supérieurs tantôt les rois d’Ecosse et tantôt ceux de Norwège, selon qu’ils y furent contraints par l’intérêt ou par la force *. L’aversion naturelle des Galls contre les Ecossais des basses terres tendait à maintenir l’indépendance de cette royauté purement gallique , qui existait encore, dans toute sa plénitude, vers le temps où cette histoire est parvenue; alors le roi
1 , W aller Scolt’s Lord of the Isles, notes, p. 170, 176.
2. Rex Manniæ et insularum lenet de rege Norwegiæ (Script, rer. franc, tom. XVI, p. 256.) — Moiiast. angl. lom. II, p. 427.