‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 9 sur 311 · HOSTILITÉ DES ÉCOSSAIS · texte numérisé non relu

HOSTILITÉ DES ÉCOSSAIS

1066 des îles traitait de puissance à puissance avec celui

J “3^ d’Écosse, son rival en temps ordinaire, mais son allié naturel contre un ennemi commun, par exemple , contre les rois d’Angleterre ; car l’instinct de haine nationale, qui avait tant de fois poussé les anciens Scots vers la Bretagne méridionale, n’avait point encore péri chez les montagnards écossais ’• Sur les basses terres d’Écosse, une guerre contre les Anglo-Normands ne pouvait manquer d’être extrêmement populaire ; car les Saxons d’origine , qui habitaient ce pays, brûlaient de venger leurs propres malheurs et les malheurs de leurs aïeux, et, par un concours bizarre de circonstances, les Normands réfugiés en Écosse désiraient eux-mêmes se mesurer avec ceux de leurs compatriotes qui les avaient bannis d’Angleterre Le désir de reprendre les domaines qu’ils avaient usurpés autrefois , non moins vif chez eux que n’était dans le cœur des Anglo-Saxons celui de recouvrer leur patrie et

1. Gens montana populo Anglorum et linguæ infesta jugiter et crudelis. ( Forduni Scoti chron. p. 5ga. )

2 . Habebat rex (Scotorum) secuni , qui eum crebro admonitionis calcarc stimulabant, bine Clium Roberti de Barthentonâ, ejusque collaterales, qui ex Ângliâ exsulati, sub spe recuperandæ patriæ ad eum confugerant , aliosque quàro plures qui vel questûs gratiâ. (Gesta Stephani regis, ap. scr. rer. norm. p. qSq. )

CONTRK LES AHGLO-NORMANDS. l5

leurs biéns héiëd;taires, faisait que dans le conseil 1066 des rois d’Ecosse, où les nouveaux citoyens sié- ,“3. geaient en grand nombre, l’opinion presque universelle était pour la guerre avec les conquérants de l’Angleterre. Galls, Saxons, Normands, hommes des'montagnes et de la plaine, quoique par des motifs différents, s’accordaient tous sur ce point; et c’est probablement cet accord unanime, bien connu des Anglais de race, qui encouragea ces derniers à compter sur l’appui de l’Ecosse, dans le grand complot tramé et découvert en l’année 1 1 3 y .

Depuis long-temps il arrivait en foule auprès des rois écossais, neveux du dernier roi anglosaxon, des émissaires du peuple anglais, les conjurant , par la mémoire d’Edgar leur oncle , de venir au secours de la nation opprimée, dont ils étaient parents. Mais les fils de Malkolm Kenmore étaient rois, et, comme tels, peu disposés à se commettre, sans de puissants motifs d’intérêt personnel , dans une révolte nationale. Ils restèrent sourds aux plaintes des Anglais et aux suggestions de leurs propres courtisans, tant que vécut le roi Henry I", avec lequel ils avaient aussi quelque lien de parenté par sa femme Mathilde, fille de Malcolm. Lorsque Henry fit jurer aux chefs normands de donner, après sa mort, le royaume à la fille qu’il avait eue de Mathilde, David, alors roi d’E-

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