I. Clerici acephall. . .• V
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llG ÉLOIGNEMENT DO CLERGÉ
i 57 (le toute espèce d’intérêt de nation pour les oppri- “g, mes de l’Angleterre. D’un autre côté, toutes ses liaisons d’amitié étaient avec des laïcs; il semblait ne connaître au monde d’autres droits que ceux de la puissance royale; il était le favori du roi et l’homme le plus habile en affaires: aussi les partisans de la réforme ecclésiastique le jugèrentils très-propre à en devenir le principal instrument, et , bien long-temps avant la. mort de l’archevêque Thibaut, c’était déjà le bruit commun à la cour que Thomas Becket obtiendrait la Pri- ■ fii. matie'. En l’année i i 6 i, Thibaut mourut; et aussitôt le roi recommanda son chancelier aux évêques, qui rarement hésitaient à élire, au nom du Saint- Esprit, le candidat ainsi patronisé. Cette fois, ils opposèrent une résistance que le pouvoir royal n’était pas habitué à rencontrer de leur part. Ils déclarèrent qu’en leur conscience ils ne croyaient pas pouvoir élever au siège du bieulieureux Lanfranc un chasseur et un guerrier de profession, un homme du monde et du bruit
1 . Rumor in curià freqiiens.... (Yita B. Thomæ à Willelmo fiiio Stephani , seu Stephanide , p. i^.}
2. Quùd nimis foret absonum et omni divino juri ad- \ersuin liominein militari potiùs cingulo quàm clericali officio mancipatum, cannm sectatorem.... (Vita quadripartita, lib. I, cap. ii.)
POUli THOMAS BECKlîT. I I ’J
De leur*côté, les seigneurs norinands qui vivaient hors de l’intimité de la cour, et surtout ceux d’outre-mer, montrèrent une opposition violente à la nomination de Thomas ; la mère du roi ht de grands efforts pour le dissuader du projet de faire le chancelier archevêque'. Peut-être ceux qui n’avaient point vu Becket assez souvent ni d’assez près pour avoir en lui pleine confiance , éprouvaient-ils une sorte de pressentiment du danger de confier un aussi grand pouvoir à un homme d’origine anglaise ; mais la sécurité du roi était sans bornes. Il s’obstina contre toutes les remontrances , et jura par Dieu que son ami serait primat d’Angleterre. Henry II tenait alors sa cour en Normandie , et Thomas s’y trouvait avec lui. Dans une des conférences qu’ils avaient habituellement ensemble sur les affaires d’Etat, le roi lui dit qu’il devait se préparer à repasser la mer pour une commission importante. « J’obéirai, répondit le chante celier, aussitôt que j’aurai reçu mes instructions. « — Quoi! reprit le roi d’un ton expressif, tu ne « devines pas ce dont il s’agit, et que je veux fermeté ment que ce soit toi qui deviennes archevêque ’ ?»