‹ Histoire Della Conquete de L'AngleterreChapitre 96 sur 311 · Voyez livre VII · texte numérisé non relu

Voyez livre VII

D'V: — J ‘ , Guugic

\Àl. PREMIÈRE QUERELLE

lit», comme légitime par l’empereur d’Allemagne Frederik, mais désavoué par les rois de France et d’Angleterre, qui reconnaissaient'son compétiteur Alexandre, troisième du nom , chassé de Rome par ses adversaires , et réfugié alors en France'. C’est à ce dernier que le nouvel abbé de Saint-Augustin adressa une protestation contre le primat d’Angleterre, au nom des antiques libertés de son couvent; chose bizarre , ces mêmes libertés , autrefois anéanties par l’autorité du pape Grégoire VII, dans l’intérêt de la conquête normande, furent déclarées inviolables par le pape Alexandre III, à la requête d’uu abbé normand contre un archevêque de race anglaise.

.Thomas, irrité de sa défaite, rendit aux courtisans attaque pour attaque; et comme ils venaient de se prévaloir contre lui de droits antérieurs à la conquête, lui-même se mit à réclamer tout ce que son église avait perdu depuis l’invasion des Normands. Il somma Gilbert de Clare de restituer au siège de Canterbury la terre de Tunbridge , que son aïeul avait reçue en fief’, et éleva des prétentions du même genre contre plusieurs autres ba-

I. Alexander Ronianoruin schisroa devitans tune in Francia. (Gerv. Cantuar. pag. 1670.) a. Ibid. pag. l 384 -

ENTRE LE RQI ET l’ ARCHEVÊQUE. I ^3

rons et coatre les officiers du domaine royal < Ces réclamations tendaient, quoique indirectement, à ébranler, dans son principe, le droit de propriété de toutes les familles anglo-normandes, et pour cette raison elles causèrent une alarme générale. Ou invoqua la prescription; et Becket répondit nettement qu’il ne connaissait point de prescription pour l’injustice, et que cé qui avait été pris sans bon titre devait être rendu * : les fils des compagnons de Guillaumc-le-Bâtard crurent voir l’ame du roi Harold descendue dans le corps de celui qu’eux-mêmes avaient fait primat.

L’archevêque ne leur donna pas le temps de se remettre du premier trouble ; et , violant encore un des usages les plus respectés depuis la conquête , il plaça un prêtre de son choix dans l’église vacante d’Aynesford, sur la terre du Normand Guillaume , chevalier et tenant en chef du roi ’. Ce Guillaume, comme tous les Normands, prétendait disposer et disposait en effet, sur son fief, des églises aussi-bien que des métairies. Il nommait à son gré les prêtres comme les fermiers , administrant, par des hommes de son choix, les secours

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