Histoire démocratique des peuples anciens et modernes
>iiiUEL, rue du faubourg St-Àotoine, 12a, Cour de la; Borme-Graî n e ,16 > au premier,
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3. mit aîné, éditeur des FeiWes Littéraires, rue Guéoégaud, 29,
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rue des Bons-Enfante, 1.
CHINOIS
Premier homme, — Premiers temps,
La Chine, ou laSérique, ne fut point positivement connue des Grecs ni des autres peuples les plus célèbres de l'antiquité ; mais elle existait, elle était grande, sa civilisation avait, de leur temps, parcouru plusieurs phases, et nous ne pouvons éviter de lui donner une place en cet écrit. Dans ce pays, si éloigné du nôtre, tout est étrange pour nous ; noms, mœurs, usages, tournure d'esprit; raison de plus pour lui accorder un moment d'attention :
«Au premier commencement, dit ïïiu-cîun, « écrivain chinois, la raison subsistait dans f unité; * c gU© qui fit et divisa le ciel et la terre, con~ « vertit et perfectionna toutes choses* »
La raison, c’est le tao, c’est le chaho-ti, c'est le l-ïel supérieur, c'est enfin le Dieu créateur de toutes choses. «On dit que le premier qui sortit pour régir
« le siècle, se nomma pouan-kou . Pouan-kou
« était très intelligent; en un seul jour, il prenait in. \
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« neuf forme sdifférentes ; c’est le Seigneur qui, au ■ commencement du chaos, faisait et convertissait a toutes choses, » (Lo-pi.)* Ce Pouan-kou était donc un être tout divin
Après ce premier homme, que Ton fait naître plusieurs millions d'années avant celui que les Juifs et les chrétiens reconnaissent pour leur premier père, sont venues des générations d'hommes à formel extraordinaires, et des séries d'empereurs sans nombre. Les Chinois des premiers temps aimaient le merveilleux, et leur imagination était féconde. Toutefois, laissons de côté le règne du Ciel, le règne de la Terre, une fouie de métamorphoses singulières; franchissons un temps immense, et arrivons à Fou-hL
Premier* empereur*.
On place le règne de fou-hi en 3468 ans avant notre ère. Voici ce qu'on dit de sa mère : * La fille « du Seigneur, Hoa-su, se promenant sur les bords «d'un (leuve*,, marcha sur les traces du grand « homme; elle s'émut, un arc-en-ciel l’envirmma, « et par ce moyen elle conçut : et au bout de douze a ans, le quatrième jour de la dixième lune, elle « accoucha*» Et ce fut de Fou-hL «Autrefois, disent des auteurs chinois* les sages se nommaient enfants du ciel; parce que leurs mères les enfantaient par ^opération du cieL »
Fou-hi, dit-on, traça les neuf symboles ; créa des ministres d'Etat, inventa l'écriture* ordonna les cérémonies et les sacrifices aux esprits du ciel et de
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la terre, travailla sur l’astronomie, divisa le ciel en degres, établit un calendrier, inventa des armes de bois, entoura les villes de murailles, donna les règles de la musique, composa la chanson des pécheurs, inventa une lyre, institua le mariage , car « avant « cette époque, dit un auteur chinois, les hommes « n étaient guère différents des bêtes, ils connais- « saient leur mère, mais ils ignoraient qui était “ leur père. » Si Fou-hi a fait tout cela, il faut en convenir, la société chinoise était fort peu de chose avant lui. Mais il est vrai que la plupart des inventions à lui attribuées, le sont également à bon nombre de scs prédécesseurs, desquels je n’ai point parlé, parce que mon lecteur se serait fatigué à me suivre dans un tel chaos. J’ai supprimé aussi les détails les plus miraculeux du règne de Fou-hi.
On parle d’un koukg-kixg, tyran féroce. « Il char- « geait le peuple d’impôts, et les exigeait à force de « supplices ; il employa le fer à faire des coutelas et « des haches, et le peuple, sans appui, périssait mi- « sérablement : il se plongea dans toutes sortes de
débauchés, et ses débauches le perdirent, etc. ■
Arrivons à CHiJMvaiwG. Il régna en 3218 avant notre ère. Sa mère, comme celledcFou-hi, eut commerce ayecles puissances surnaturelles. On rapporte que « JViu-tmg, se promenant un jour à JToa-yang, conçut par le moijmd'un esprit, et mil au monde Chinnoung. Chin-noung eut Image de ta parole trois n ures après qu il fut né, à cinq jours il marcha, à sept il eut (otites ses dents, et à trois ans il savait
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tout ce qui regarde ïagriculture. » Je supprime la suite fies prodiges relatifs à sa naissance.
Chin-noung inventa la charrue et apprit aux hommes a cultiver les champs. Il sema les cinq sortes de blés ; aussi dit-on que de son temps il plut du blé ,
Chin-noung établît les marchés publics* fit naître le commerce, écrivit sur fart militaire ; donna une classification de toutes les plantes, mesura la figure de la terre et détermina son étendue. Il fit la chanson des laboureurs, qui! protégeait. C'est pour les laboureurs, c'est pour le peuple surtout qu'il écrivit:
« parce que le peuple est le fondement du royaume ,
« et la nourriture le ciel du peuple . » D'après Chinnoung, « quand on a suffisamment de quoi se « nourrir et se vêtir, la vertu règne, le crime rfose a se montrer, et tout le monde obéit sans qu'il soit « besoin de recourir aux lois. »
Après Chin-noung, une suite d'empereurs régnent et passent, et nous arrivons àHOANG-Ti, que fou dit né par Y opération d'une nuée très blanche qui avait effrayé sa mère . Hoang-ti sut parler en arrivant au monde* Son règne se place en Vannée 2698 avant notre ère. On lut attribue l'invention de la lance et du bouclier. On parle de ses combats contre les méchants et contre les bêtes féroces. Ayant succédé au dernier empereur de la dynastie de Chin-noung, il se rendit célèbre. On dit qu'il établit la première forme régulière de gouvernement, qu'il divisa le peuple en plusieurs classes, auxquelles il assigna des couleurs différentes, qu'il partagea ses États
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conquisen dix provinces, ehacnne de cfes provinces en dix départements,chaque départementen dixarrondïssements.el chaque arrondissement en dix villes. S'occupant des mesures linéaires, il prit un grain de millet, ce lut là une ligne; dix lignes firent un pouce, dix pouces firent un pied; il arriva aux plus grandes mesures en procédant toujours par dix. Son système était tout décimal. Hoang-li établit un tribunal pour écrire l’histoire. Il lit faire, par des savants et par des travailleurs qu’il appela de diverses contrées, et surloutdes montagnes du Tliibet. de grands pas auxarts et aux sciences : la sphère est inventée, le calendrier est réglé, on ouvre des lotîtes et des canaux, on creuse des arbres et on en fait des barques qui sont lancées sur les eaux, on connaît la propriété de l’aimant : et des chars et des navires, conduits par des boussoles, roulent ou glissent dans toutes les directions ; le commerce s’étend ; des écoles s’ouvrent de toutes parts pour faciliter l’instruction de la jeunesse...
Il en est cependant de Hoang-ti comme de Fouhi; on lui attribue plusieurs inventions déjà attribuées à d’autres.
On dit que la femme de Hoang-li, nommée Louï-tseu, enseigna au peuple l’art d’élever les vers a soie, à évider les cocons et à filer la soie. Cette ’ndustrioayant prospéré, Louï-tseu fut mise au rang des génies, et on l’honore encore en Chine sous le nom d'Esprit des -mûriers et des vers à soie. 11 y a des auteurs cependant qui prétendent que la soie ne lui travaillée en Chine que beaucoup plus lard.
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Le nom de Hoang-ti figure souvent dans les écrits des philosophes chinois. Ils le vénèrent. C’est d’Hoang-li qu’ils font partir l'époque vraiment historique de l’empire chinois, ce qui était antérieurement leur paraissant confus et fort douteux, Hoang-ti avait rendu un culte pur au souverain suprême, ou Chang-li; sous son fils chao-haq , le culte se corrompt; tchouen-hio succède à Chao-hio son oncle, par droit Sélection; il chasse l'idolâtrie et rétablit le culte dans sa pureté primitive, A Tchouen-hio succède Tï-ko t son petit-fils t celui-ci s'occupa de la réforme des mœurs; établit des docteurs pour renseignement de la morale et des règles de la musique vocale; mais il épousa quatre femmes, introduisit la polygamie dans ses Etats, laquelle n’a point cessé d'y subsister depuis.
Ti-tchi, le successeur de Ti-ko, se livre à la débauche , les désordres s'étendent de toutes paris t et, après dix ans de règne, il est chassé parle peuple indigné, qui met à sa place Y&O son frère. Ici i’hisloire prend un intérêt réel.
Tu.
Yao régnait en 3357 avant Jésus-Christ. Ou lit dans le Chmi-king , livre sacré des Chinois, les paroles que voici :
« Ceux qui ont fait des recherches sur l'ancien empereur Yao, rapportent que le bruit de ses grandes actions se répandit partout; que la réserve, la pénétration, f honnêteté, la décence, la prudence, brillaient en lui : qu'il était grave et humble, et que
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tant de grandes qualités le rendirent célèbre aueiei et sur la terre.
tt II sut si bien développer les hautes facultés qu’il avait en lui, que la vue de ses vertus mit la paix dans sa famille, le bon ordre parmi ses officiers, l'union dans tout le pays; ceux qui avaient jusquelà tenu une mauvaise conduite, se corrigèrent, et la paix régna partout.
« Yao ordonna à ses ministres Hi et Ho de respecter le ciel suprême, de suivre exactement et avec attention les règles pour la supputation de tous les mouvements des astres, du soleil et de la lune, et de faire connaître au peuple les temps et les saisons par larédaetion du calendrier, *
Yao ordonne à d'autres savants de se disperser sur tous les points de l'empire, afin d’y étudier le ciel et la terre, le jour et la nuit, et de rédiger les travaux divers qui leur sont prescrits, de la réunion desquels devait résulter une œuvre toute scientifique.
Yao se sentait vieillir : il avait besoin d'un appui pour l'aider à supporter le fardeau de l'autorité* On lit ceci dans le Chou-king :
* L'empereur dit : Qui cherchera un homme disposé à gouverner selon les circonstances des temps? Si on le trouve, je remploierai dans le gouvernement de l’empire, Fang-tsi répondit : Yn-tsoleheou a une très grande pénétration. Vous vous trompez, dit l'empereur* Yn-tse-tcheou manque de droiture; iî aime à disputer ; un tel homme convient-il ?
t( L'empereur dit : Qui cherchera donc un homme
nmots.
disposé à traiter mes affaires ? Houan-teou dit ; c'est bien ! Kong-kong, dans le maniement des affaires, a montré de l'habileté et de l'application. L'empereur reprit : Ah I vous êtes dans Terreur; Rongkong dit beaucoup de choses inutiles; et quand il faut traiter une affaire, il s* en acquitte mal; il affecte d'être modeste, attentif et réservé, maïs son orgueil est sans bornes.
« L’empereur dit : Oh ï Sse-yo (grand s des quatre montagnes), on souffre beaucoup de la grande inondation dos eaux qui couvrent les collines de toutes parts, surpassent les montagnes, et paraissent aller jusqu'aux deux- S'il y a quelqu’un qui puisse remédier à ce désastre, je veux qu'on Temploie. Les grands dirent : Rouen est l'homme qui convient. L’empereur répliqua : Vous vous trompez; Rouen aime la contradiction, et ne sait ni obéir ni vivre en paix avec ses égaux sans les maltraiter. Les grands répondirent ; Cela n’empêche pas qu’on ne se serve de lui, afin de voir ce qu’il saitfaire.Elibien, dit Vao, employon&de, mais qu'il soit sur ses gardes. Rouen travailla pendant neuf ans sans succès- »
Quelques années plus tard, Yao chercha un homme capable de remplacer Rouen, dont il avait, dès l'origine, suspecté le caractère, L eChou-king lui attribue les paroles suivantes :
« L’empereur dit aux grands des quatre montagnes : Oh ! je règne depuis soixante-dix ans ; si parmi vous il y a quelqu'un qui puisse bien gouverner, je lui céderai l'empire. Les grands répondirent : Aucun n'a les talents nécessaires. L’empereur