‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 15 sur 45 · APPRÉCIÂT! ON SUR ALEXANDRE · texte numérisé non relu

APPRÉCIÂT! ON SUR ALEXANDRE

des amplifications, combien il faut se tenir en garde contre les opinions et les jugements des hommes les plus remarquables, les plus célèbres, si nous voulons ne pas nous égarer sur leurs traces, et toucher enfin El la vérité,

Plutarque nous dit, à propos d'Alexandre :

« Si le génie qui avait envoyé sur la terre Pâme de ce grand prince ne se fût hâté de le rappeler à !uî, tous les hommes n'auraîent connu qu'une seule loi, ils n'auraient été conduits que par une seule justice, comme par une lumière commune. »

De telles paroles sont fort belles; cependant elles ne doivent pas nous illusionner, nous venons de le prouver par une sorte de commentaire. Entrons maintenant dans )’explication des faits ; sachons comment Alexandre voulait réaliser son vaste plan.

D’après son testament, dans lequel se trouvent consignées toutes ses pensées de réorganisation et de transformation, il devait s'emparer de Carthage, de toutes les autres nations qui habitaient les côtes de la Libye, ainsi que de Flbérie, et de tout le littoral, jusqu'en Sicile; c'est-à-dire de Ions les pays qui bordent la Méditerranée, et qui sont maintenant ^Afrique, le Portugal, l’Espagne, la France, l'Italie, la Sicile, la Grèce, et la Turquie d’Europe et d’Asie, Il aurait provoqué une plus grande fusion entre les populations do ses États, en transportant des colonies d'Asie en Europe, et réciproquement. Il devait effectuer, par des mariages et des alliances de familles, une immense communauté d'intérêt entre les parties du monde les plus distantes les unes des

autres : c'étaient là, assurément, de vastes et beaui projets* Maïs réfléchissons un peu!

Alexandre avait porté la guerre en Perse pour venger les Grecs, disait-il, des invasions qu ils avaienL subies; il avait renversé Darius, et aussitôt après il avait pris sa place: il trônait dans ces capitales, à Babylone, à Suse, à Ecbatanes, à Persêpolis; lui, le vainqueur des rois perses, il était devenu le grand roi de la Perse! et cette nation qui! devait détruire, se relevait, se retrempait, s’agrandissait sous son autorité.*.. Grâce au conquérant, elle pouvait donner un jour, avec plus d’autorité que jamais, des lois et des fers auiaulres nations. Ce que Cyrus, Cambyse, Darius, Xerxès, avaient vainement entrepris, Alexandre devait le réaliser, il devait soumettre les Grecs a sa puissance absolue ; les Romains, il pouvait les vaincre, les terrasser, les frapper dans leur avenir, et alors du monde il aurait fait un seul empire, dont la métropole eût été la Perse. Oui, il pouvait faire tout cela, si la mort ne fût venue h surprendre* Etait-ce là un bonheur pour l’buim* nité?,..

Alexandre n’était point un civilisateur, comme on Ta prétendu: il n’était plus ni un Grec ni un Macédonien, c’é lait un Perse, un grand roi, et sous son puissant patrônage les mœurs et les usages que nous réprouvons, devaient déborder de l'Orient sur TOc* ddeiit, de l’Asie sur l’Europe, sur le monde entier peut-être ; parce que le prétendu vengeur de la G ré ce l'aura i t ai n si vou lu ♦

Et que m’importe que Von unisse tous les peu-

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