LA JUSTICE DES ROIS
ï cause de !a longueur de son nez* comptant ne lui laisser que Je nom de roi et s’en réserver toute l’autorité* »
Au risque d’être un peu long, je tiens à poursuivre le récit de Justin ; il démontre jusqu’à quel point peut être poussée T horreur dans les monarchies* même dans celles qui ont eu pour fondateurs et pour chefs des généraux formés à l’école du grand Alexandre.
Cléopâtre avait tué l’un de ses Fils, proclamé F autre roi; maïs il 11e portait encore qu’un vain titre ; Alexandre Zébina trônait dans Antioche et avait la haute autorité dans la Syrie, Le roi d’Egypte, qui, comme ses prédécesseurs, se mêlait des troubles de ce pays, après avoir contribué à l’élévation d'Alexandre Zébîna, devînt son ennemi ; il se réconcilia avec Cléopâtre, sa sœur, mère de Grypus, et envoya des troupes pour seconder le triomphe du fils qu’elle protégeait
« Il en voit donc à Grypus, dit Justin, de grands secours et sa fille Tryphènepour épouse, afin d'engager les peuples à soutenir en lui et son allié èl son parent. Cet espoir ne fut pas trompé, car à peine vit-on Grypus appuyé des forces de 1 Égypte, qu on se détacha peu à peu d’Alexandre; et celui-ci, vaincu dès le premier combat, s’enfuit à Antioche*,, (Ayant dépouillé un temple pour fournir la solde à ses soldats), il fut chassé par le peuple. Abandonné des siens et pris par des voleurs, il fut livré à Grypus, qui le fit mourir* Réintégré dans ses États, Grypus n’avait plus rien à craindre du dehors, lorsqu’il se
vit en butte aux pièces de sa mère* Cette femme, qu'une soif ardente de dominer avait portée à trahir Démétrius son mari, et à tuer Fun de ses fils, regrettant La victoire de l’autre, qui affaiblissait son autorité, un jour qu il revenait d’uo exercice militaire, lui présente une boisson empoisonnée. Mais ! Grypus, déjà prévenu des desseins de sa mère, h presse, comme s’il eût voulu lui donner un lëmoig nage de sou respect filial, de boire k première. ! Elle refuse, il insiste. Alors, produisant le dénonciateur du crime, il en accuse sa mère, ajoutant f/i/f le seul moyen de s'en justifier est de boire ce qu’eUi j offre à son fils. La reine, poussée à bout, meurt victime de son crime, et périt par le poison quelle avait préparé pour un autre... Grypus trouva un rival I dans son frère Gyzicène, né de la même mère ei fils d’Àutiochus, son onde paternel. Il avait déjà voulu L’empoisonner, et n’avait fait par la qu’exciter Cyzicène à s’armer d’autant plus vite pour lui disputer la couronne. »
Cléopâtre, k sœur de Tryphène, la belle-sœur de Grypus, persécutée par sa mère, répudiée parsüfl frère son mari, qui venait, après des troubles clans sa famille, de monter sur le trône d'Égypte, se rendit dans la Syrie ou elle épousa C y ri cène. « Et, dit Justin, pour avoir à lui offrir plus qu’un nom saiia valeur, elle corrompit Tannée de Grypus, et la lui apporta, pour ainsi dire, en dot. Cyzicène, égal eu force II son frère, lui livra bataille; mais vaincu et mis $n fuite,il se sauva à Antioche. Grypus assiégea coite vilie où était aussi Cléopâtre, femme de Cyd-