‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 3)Chapitre 32 sur 45 · LA JUSTICE DES BOIS · texte numérisé non relu

LA JUSTICE DES BOIS

cène, et s’en empara. Tryphène, femme deGryptis, se hâta de faire chercher sa sœur Cléopâtre, non pour adoucir sa captivité, mais pour empêcher qu'elle n’éehappàt au châtiment qu'elle avait mériLé, en attaquant par jalousie le royaume et en menaçant une sœur dont elle avait épousé l'ennemi. Elle l’accusa d’avoir amené des troupes étrangères pour mettre aux prises un frète contre son frère, et, répudiée par Tun, de s’être mariée hors de sa patrie et contre la volonté de sa mère*... Elle appela ses soldats et leur ordonna d’aller égorger sa sœur. Ils entrèrent dans le temple ( où elle s'était réfugiée ), et, ne pouvant P en arracher, lui coupèrent les mains lorsqu'elle embrassait la statue de la déesse. Cléopâtre expira en maudissant les parricides, et en léguant aux dieux outragés la vengeance de sa mort. Bientôt après, Cyzïcène, vainqueur dans une seconde bataille, prît Tryphène qui avait versé le sang de sa sœur, et l'immola aux mânes de sa femme* »

Les deux frères continuèrent leurs luttes, leurs successeurs les imitèrent, et la Syrie perdit bientôt son indépendance.

Je m’arrête; je ne veux pas énumérer les crimes des Prusîas, des Mithridate, des Àttale et de leurs pareils; les roîs de Pont, de Bîthynie, de Cappadoce Gl| ceux de tous les autres États, sont dignes des monarques de Macédoine, d'Égypte et de Syrie. Ce sont partout des femmes qui conspirent contre leurs Atari s, des fils contre leurs pères; des pères, des mères qui se font les bourreaux de leurs enfants ; des frères, des sœurs, des parents h tous les degrés,

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qui se jalousent, qui se fout la guerre, qui s'égorgent et plongent les peuples dans la stupeur, la misère et la corruption... Et cependant, malgré tant de crimes commis dans les monarchies^ l'histoire n'a pas conclu contre elles; c'est à 3a démocratie qu'elle ! a voué sa haine...

Maintenant, parlons de la pénalité. Sous quel gouvernement fut-elle plus rigoureuse, plus barbare, sous la démocratie ou dans les royautés? — Bans les royautés, certainement, nous allons le prouver.

Cruauté de* rtuppllce*.

Dans les monarchies les peines étaient exorbitantes, facultatives aux souverains, aux vainqueurs; ils assouvissaient leur haine , ils se vengeaient sur un coupable ou sur un malheureux, ils ne faisaient point de la justice mais de l'arbitraire,de la cruauté; en voici un exemple :

Le roi Àrtaxerxès-Mnémon ayant ordonné, dans un mouvement de colère, de trancher la tête à Fua de ses serviteurs, la reine Parysatis objecta que ce serait là une trop douce mort, et demanda que le soin du supplice lui lût confié, « Le roi, dit Plutarque, le lui ayant abandonné, elle le fît prendre par les bourreaux et leur ordonna de le tenir à la torture pendant dix jours, de lui arracher ensuite les j yeux et de lui verser de l'airain fondu dans les ! oreilles jusqu'à ce qu*il eût expiré dans cet horrible supplice. »

Le même Artaxerxès condamna au supplice des

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