SEMI R AMI S ET SES TRAVAUX
Moïse de Khoren, sans l’épuiser toutefois, car il parle avec étendue des travaux de Sémiramis, et M* Boré, qui a écrit une histoire de l’Arménie et voyagé dans ce pays, noqs dit qu’une partie des monuments qu’il énumère sont encore debout et étonnent l'œil du voyageur. Maïs en tout ceci, ce qui nous occupe le plus, ce que nous voulons faire remarquer, c’est que Sémiramis fit travailler des multitudes (Tourner# tailleurs de pierre , briquetiers , coupeurs de bois , constructeurs de navires; et que c’est de la Phénicie, deTYR, de Smois T d’âscALOir,villes industrielles par excellence, qu’elle les tirait plus particulièrement*
Ou l'aura remarqué, suivant l’auteur que nous avons cité, les ouvriers étaient classés par ordres, et des chefs habiles les conduisaient. Ce classement, on Pattribue à Sémiramis, mais on sait qu’il est d’usage de faire honneur aux rois de tous les travaux, de tous les progrès, et chacun comprend que ce n’est là qu’un langage figuré.
Pour ma part, je crois que l'organisation des ouvriers appartient aux ouvriers eux-mêmes, qu'eux seuls pouvaient la concevoir et la réaliser, et que leur associa lion est aussi vieille que le monde.
Des auteurs disent que Bélus fut le fondateur de Babylone, et que Sémiramis ne fit qu'embellir cette ville. Ils ajoutent que plusieurs souverains et souveraines ont fait exécuter des travaux, et que riiis- 1 cire, bien à tort, en a glorifié dans la suite la veuve deNinus, la fîère SémirRmis, Sans doute, il doity avoir de nombreuses injustices de cotte sorte dans l’histoire
174 ASSYRIENS
cl nom sommes loin de Je nier; mais, pour nous, ce que nous tenons surtout à constater , c’est Pétai réel des ouvriers dans ces vieux temps. On vient de voir qu'on les appelait de toutes parts, qu’ils pouvaient se déplacer à leur gré et entreprendre des voyages lointains ; qu’à la voix de Sémiramis, ils accourent de l'Assyrie» de la Phénicie, et il’autm pays qui ne^out point soumis au même sceptre. Cela prouve une chose, c’est que les artisans notaient point complètement esclaves en ces temps recalés* ainsi qu’on Ta cru trop généralement » et que pour bien écrire l’histoire, il faut se garder avec soin d< s’en rapporter aux seuls modernes.
Donnons quelques détails sur les C ha Idée æ de Babylone et sur leur antiquité.
Science i|«A ('luiItlôeiiN, prêtre# AMifrlena.
a Les Chaldéens, dit Diodore de Sicile, sentie* plus anciens des Babyloniens; ils forment dans 1% lat une classe semblable à celle des prêtres d'Égypte* Institués pour exercer le culte des dieux, \h passent toute leur vie à méditer les questions pàé losopliîques, et se sont acquis une grande répulutien dans l'astrologie. lisse livrent surtout à la scient divinatoire et font des prédictions sur l’avenir; ils essaientde détourner le mal et de procurer le bien soit pur des purifications, soit par des sacrifices eu par des enchantements. Us sont versés dans l’art de prédire l’avenir par le vol des oiseaux; ils expliquent les songes et les prodiges. Expérimentés dans Inspection des entrailles des victimes, ils
SCIENCE DES CHALDÉEPtô, PRÊTRES ASSYRIENS* 175
passent pour saisir exactement h vérité. Mais tontes ces connaissances ne sont pas enseignées de la même manière que chez les Grecs. La philosophie des Chaldéens est une tradition de famille; le fils qm hérite de son père est exempté de toute charge publique. Ayant pour précepteurs leurs parents, ils unt le double avantage d'apprendre toutes ces connaissances sans réserve et d'ajouter plus de foi aux paroles de leurs maîtres. Habitués à Tétude dès leur enfance, ilsfontde grands progrès dans l'astrologie, soit a cause de la facilité avec laquelle on apprend à cet âge, soit parce que leur instruction dure plus
longtemps.Les Chaldéens, demeurant toujours
au même point de la science, reçoivent leur tradition sans altération. »
Diodore ne remarque pas que la routine peut, en cette occasion, prendre parfois la place de la science; et que si l'homme, trop fier des connaissances qu'il a reçues comme un don sacré, cesse de se livrer à de nouvelles recherches, à do plus profondes investigations, il laisse alors reculer la science au lieu dé la faire progresser*». Diodore continue ainsi :
* Les Chaldéens enseignent que le monde est éternel do su nature, qiTH n'a jamais eu de commencement et qu'il n’aura point de fin. Selon leur philosophie, Tordre et Ta frange ment de te matière sont dus à une providence divine; rien de ce qui s’observe au ciel n'est l'effet du hasard; tout s’accomplit par la volonté immuable et souveraine des dieux. »
Enfin, les Chaldéens connaissent le cours des
ASSYRIE!* S
astres et leur influence sur les hommes; prédisent à tout le monde Favenir ; ils connaissent le mouvement des planètes, annoncent les ouragans, les pluies, les chaleurs excessives, l'apparition des comètes, les éclipses de soleil et de lune, les tremblemets de terre, etc. r etc*
Après avoir parlé de la science des Chaldéens, nous reproduirions bi en ce qu’Hérodote dit de leurs mœurs, si sa peinture ne nous paraissait pas un peu trop crue, trop extraordinaire et par trop fabuleuse revenons donc de préférence à Sêmiranus, ou plutôt à ses successeurs.
On prétend que Niuyas, son fils, conspira contre sa mère, et que la grande reine, que des écrivains accusent d’avoir empoisonné son mari, disparut subitement de la scène du monde, tombant sous les coups de son fils. Elle était alors âgée de soixantedeux ans et en avait régné quarante-deux (2080 av. JL-C.).
Wan'e^enrs de ttéiiilranil*.
« Après la mort de âémîramis, dit Dîodore de Sicile, son fils Ninyas, qu’elle avait eu de Ninus, hérita de l’autorité royale. Il régna en paix et ne fut nullement jaloux d’imiter F humeur entreprenante et guerrière de sa mère. Il passait toute sa vie i dans son palais et ne se montrait qu’à ses femmes et à ses eunuques. Il iF ambition naît que les plaisirs, Foisîveté et une vie exempte de souffrances et de soucis; il ne faisait consister le bonheur de régner que dam la jouissance incessante des voluptés de la vie,
5ÀHIK4NAPALE*
« Le soin qu'il avait de ne jamais se montrer en public avait pour but de cacher ses débauches* et personne n'osait maudire le roi, comme si c’eût été un dieu invisible. Cependant, i! nommait dans chaque province les commandants de l’armée, les satrapes, les administrateurs, les juges et pourvoyait à tous les besoins du gouvernement; quant à lui, il passait toute sa vie a Ninive* Tous ses successeurs, qui ont régné de père en fils pendant trente générations jusqu’à Sardanapale, se sont conduits de la même manière. Sous ce dernier roi, l'empire des Assyriens tomba au pouvoir des Mèdes, après avoir subsisté plus de treize cent soixante ans, comme l'indique Ctésias de Cnide, dans le second livre do son ouvrage,
« 11 est inutile do dire les noms de tous ces rois, et la durée de chaque règne, car ils n'ont rien lait qui soit digue de mémoire. >i Us n'ont rien lait qui mérite de rester dans le souvenir des hommes, à ce que dit Diodore, et qu'en sait-il? Combien de peuples ont vécu avec éclat, et dont on ignore jusqu'au nom ! Combien de peuples ont eu l'existence la plus longue, et dont on ne connaît que quelques années de leur vie l Et pourquoi cela? Parce que ces peuples ont péri, et que leurs annales ont été détruites avec eux ; en totalité pour les uns, eu partie pour les autres, et cela ne doit point étonner* Dans un temps où l’imprimerie était inconnue, et où n’existait, par conséquent, qu'un bien petit nombre d'exemplaires des meilleurs ouvrages; on pouvait, d’un seul coup*
ASSTIUÊAS.
détruire un peuple dans le présent et dans le passé. Que saurions-nous des Hébreux, si nous rivions pas la Bible? Que saurions-nous de l'Assyrie, de )% gypte, de la Médie, de la Perse, des premiers temps de la Grèce, de la Sicile et de Carthage, si les écrits de trois auteurs seulement, Homère, Hérodote et Diodore avaient été détruits à un certain moment donné? ItqpiarquoBsde, iJ est des cas où. En perte d’un livre équivaut, aux yeux de la postérité, à IV néandssemeut, à lu non-existence même de nombreuses générations, et de peuples qui ont été ja* puissants.
C ? est T joie crois, la perte d'un livre, qui nous bût le vide fâcheux que nous trouvons dans l'hisioîic d'Assyrie ; et cela se reproduit pour d’autres nations,
Nous savons par la Bible que les rois d'Assyrie firent de fréquentes invasions sur les terres de Sodome et deGoiuorrhe, et qu 1 Abraham, issu de l'Assyrie, lutta contre eux. Parmi les rois assyriens rites par la Bible, nous trouvons les noms suivants: Wmrod, Amraphel, Évéchous, Cliomas-Bol, Abius, Oui b a 11 us, Phul, et autres, tels que Tiglat, Salmanasar, Sennachérib, Assamdon, Nabuchodonosor, qui appartiennent au second empire d'Assyrie, et dont nous dirons peut-être quelques mots eu complétant not re travail sur tes Hébreux et en traitant des Perses,
Mais, hlm que Diodore avance qu'il est inutile didii'e les noms de tous ces rois assyriens et la durée de chaque règne, je pense bien faire en agissant 1 1 i fier cm ment ; je donne don c id la liste de quarante personnages que l'on dit avoir régné *ur fÀssyrifit |
SUCCESSEURS ÜE SÉMIRAMIS.
depuis les plus beaux jours de cette nation jusqu’à .s» chute. Ce tableau, indiquant le commencement chaque règne, je ïe puise dans les tablettes chronologique* de Lêngïfet Dufrenois, travail remarquable, sur lequel je m’appuie le plus souvent (t).
Avant J.-C*
Asscn 2640