CONCEPTION ET PLAN DE F/OUVRAGE
des hommes hostiles, il rencontrera aussi des amîs qui ^accueilleront et le protégeront.
Je demande deux choses au lecteur: c*cst de se tenir eôgârde contre ses passions, et déjuger avec sa conscience.
La carrière est ouverte pour tous [ qu'ils fassent mieux ceux qui possèdent la force, le génie, la science, et des loisirs et des facilités que je ne possède pas! Puisse-je seulement avoir contribue en quelque chose a ouvrir ou à signaler une nouvelle voie, et là déjà il y aurait pour moi motif de contentement et dédommagement à toutes mes peines.
J'ai fini ! Puisse mon lecteur lire cette préface; puisse-t-il la relire après avoir étudié le travail dans son entier* afin de bien comprendre le pian, les lions et les rapports de toutes las parties de l'ensemble que je lui offre.
Agricol Perdïguieïl
Paris, iO février 1848.
P- S. La préface qu'on vient de lire, T introduction qui la suit, et 1 histoire démocratique des peuples anciens jusqu'à Jésus, ont été conçus, écrits avant février 1B4B; et j'étais au moment de commencer ma publication, quand la Révolution, que je sentais venir, éclata avec tant do force.
Ç.C long travail, que je croyais utile sous le règne de Louis- Philippe, je Je crois indispensable maintenant, et je no regrette qu une chose, c’est qu'il n’ait pas pu être publié plus tôt; le peuple en a besoin ; ici Je est du moins ma conviction..... C'est ce sentiment profond qui m'a donné la force de l'entreprendre et qui me pousse maintenant à le faire paraître, sans plus tar-
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dev, quels que soient les nuages qui couvrent notre pays et menacent notre avenir-."*
En téta de ta partie qui traite depuis Jésus jusqu’à ce jour, on trouvera une seconde préface qui complétera celle-ci, et dans laquelle je ferai mieux comprendre les motifs de mon entreprise et Pense mille du travail que j'avais conçu avec le desr* sein de le pousser jusqu’au bout-
Quand je m’impose une tâche, je ne puis l'abandonner ; il faut qu’elle ait son en Lier accomplissement, h moins qu'une force supérieure à la mienne ne vienne rn’en séparer et réduire mes efforts à Pimpuissance.
Me rendre utile au peuple, voilà ce que je veux; puissé-jc donc lui faire un peu de ce bien que je lui souhaite avec tant d’ardeur !.-
ÀGtttcoL PERDIGOIER, Représentant du peuple.
Paris, Sû février 1849.
INTRODUCTION
Le monde existe-t-il de toute éternité? Le monde s’est-il formé de lui-même? Le monde doit-il son existence à la toute-puissance de Dieu?.. S’il a toujours existé* il n’y a rien à dire sur la création ; mais s’il s'est formé de lui-même, comment ce miracle a-t-îl pu s’accomplir? S’il a été créé par la toute-puissance divine, à quelle cosmogonie devons-nous nous arrêter? Sera-ce à celle des payens ? à celle des Indiens? à celle des Hébreux? ou à toute autre? car les opinions sur la création sont si diverses!...
Les Indiens donnent au monde quatre millions d’années; les Japonais et les Chinois doux ou trois millions; les Babyloniens parlent de quarante-sept mille ans ; les Egyptiens de trente-six mille ; les Phéniciens de trente mille; les Hebreux, dont les chrétiens ont adopté la cosmogonie et la chronologie, le font infiniment plus jeune, ils lui donnent cinq mille huit cent cinquante ans d’existence.
Mais qui peut connaître d’une manière positive.
INTRODUCTION
incontestable l'antiquité de Vunivers et de tout ce qui se meut et vit en lui
Four le moment, je réemprunterai rien ni à Moïse ni à Manou, je parlerai d’eux en temps et lieu; mais je mettrai sous les yeux de mes lecteurs un système de création admis par beaucoup de philosophes grecs et romains, et exposé par un grave historien de l'antiquité- Cesfc Diodore de Sicile qui parle (!) ;
« Parmi les naturalistes et les historiens les plus < célèbres, dit-il, il y a deux opinions différentes t sur P origine des hommes. Les uns admettent t que le monde est incréé et impérissable» et que « le genre humain existe de tout temps, réayant ■ point eu de commencement. Les autres prêten- * dent, au contraire, que le monde a ulé créé, qu il « est périssable, que le genre humain a la meme « origine que le monde, et qu'il est compris dans « les mêmes limites.
t A l’origine des choses, le ciel et la terre, con-
(1 ) Diodore de Sïeiîe, dont nous nous servirons très souvent dans le cours de cet ouvrage; surtout pour la Chaldêc, la Grèce, ïa Sicile d Carthage, naquit à Agyrium, en Sicile, comme son nom rindiquo ; U vivait avatiL Jésus-Christ, sous JulesGésar, IL travailla trente ans a sa bibliothèque historique, vaste arsenal de connaissances humaines. De quarante livres qui la composaient, il ne nous en reste pins que quinze; les autres sont perdus; c’est un malheur réel pour les amis derhistoire et îles lumières. Diodore ne reçoit généralement pas de ceux qui se servent de lui tome la reconimissancôà laquelle il a droit. Quant k nous, nom sommes loin de contester son mérite, et nous le remercions des services qu’il nous a rendus. La traduction dont je me suis servi est celle de M* Ferdinand Hoefér (édition Char* penticr).