EXTENSION DES DROITS DU PEUPLE D'ATHENES
électeurs, jurés, juges, mais qu’ils ne pouvaient devenir magistrats et représenter le peuple par délégation dans les assemblées nationales, Aristide sentit quil y avait là un vide, car le peuple qui avait vaincu seul h Marathon, qui venait dose couvrir de gloire à Platée, était trop grand, trop noble, pour se laisser désormais traiter en enfant.
«Quand les Athéniens, dit Plutarque, furent «rentrés dans leur patrie, Aristide, s’apercevant « que le peuple cherchait à se rendre maître du « gouvernement, et à le rendre purement démocra- « tique, sentit, que, d’un côté, il méritait des égards « après avoir montré tant de valeur dans les com- « bats, et que, de l’autre, il ne serait pas facile, « lorsqu'il omit les armes à la main > et qu'il était « enflé de ses victoires, de le réduire par la force. * Il fit donc un décret qui portait que le gouverm- 4 men t sérail commun à tous les citoyens , el qu'on i{ prendrait indistinctement les archontes parmi tous (( les Athéniens. »
La bataille de Platée fut livrée en à79 avant Jésus-Christ ; l'émancipation complète tlu peuple athénien part donc de cette date ou de Tannée qui suivit; et jamais peuple n’a été si grand dans tous tes arts, dans toutes les connaissances que celui-là te fut à partir surtout de ce moment. Oui, c’était là un peuple complètement émancipé; c'est dans ce niîlieu, c’est dans la liberté, c’est dans l’égalité, cest dans l’émulation que se produisirent tant de grands hommes en tous genres; quel bonheur pour
GiŒCE*
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les démocrates de pouvoir dire à leurs adversaires comme à leurs amis : Athènes esL la première véritable démocratie, et c'est elle qui vous a inondés de lumièrel qui vous a tous éclairés!..* soyez donc reconnaissants
Oui, Àtlièues était u ne démochatïe , et voici coinmeut Sérielèâ, ce grand homme qui eut le bonheur de F administrer si longtemps, nous en parle dans Fun de ses discours; il est fier, il est glorieux de se trouver à la tête d’un tel peuple: il ne sépare pas sa cause de la cause de tous, et le bonheur du grand nombre fait son propre h on heur *
« Nous avons, dit-il, une constitution qui iFem- « prunte ses lois a personne, et, loin d'imiter les « autres, n o us servons nous-mêmes d'exemple. Elle « s’appelle démocratie, parce qu'elle s'applique ,tfp « an petit nombre , mais au grand . Dans les diiïe- « rends entre particuliers, la loi est égale pour tous; « quant aux dignités, chacun, suivant le mérite « qui le distingue, est ordinairement préféré pour « les emplois publics, non pasà'causo de son parti,
mais de ses vertus. Ni l'indigmee, ni F obscurité u n'écartent personne, s'il peut être utile à VÈtaL * Libres dans F exercice de nos droits politiques. « confiants dans le commerce journalier de la vie, « nous voyons sans colère notre semblable se pera mettre, quelque jouissance, et nous ne lui mon- « Irons pas ce front chagrin qui, s'il ne punit point, « faiL souffrir. Malgré cette facilité de nos relations « privées, nous respectons par-dessus tout F ordre « public, mais par soumission aux magistrats et aux
sparte ET ATHÈNES*
lois H à celles principalement qui protègent les «opprimés, ou qui, sans être écrites, impriment a un déshonneur généralement reconnu. »
Tels étaient la ville d'Athènes et son gouvernement Sparte était restée ce que Lycurgue lavait faite; la force était sa vertu.
Sans Sparte, Athènes avait mis la dernière main à la guerre contre les Perses; en dépit de Sparte, Athènes avait relevé ses fortifications et construit sou large port. Athènes grandissait aux yeux de la Grèce et du monde entier! c’était la patrie des lumières et des arts.
Avant que la guerre dû Péloponèse , dont nous avons dit quelques mois et à laquelle nous devons revenir, éclatât dans toute sa fureur, les Spartiates elles Athéniens en étaient plus d’une fois venus aux mains; ils n’avaient pas même pour cela attendu d’en avoir complètement fini avec les Perses,
Et pourtant Athènes était si bonne, si généreuse I comme on va le voir;
En Tannée 4G9 avant Jésus-Christ, un violent tremblement de terre renverse une partie des maisons fie Sparte; vingt mille habitants, d’immenses richesses furent ensevelis sous les décombres,
* Les Hi lûtes. dît Thucydide (1), ainsi que les
(1) Thucydjdk, qui nous n fourni plusieurs citations et dans lequel nous puiserons à large main, est autre que le Thucydidequî, au temps de Pôriclès, marcha à la loto de r&risLüeratlo; mais comme le premier, il fut général, connue Lui, il fui ifès hostile au parti populaire. On croit qu'il naquit en Vît
GHECE.
i hurlâtes et les Ethéens, qui étaient voisins de Lacédémoue, profitèrent de l f occasion pour secouer le jou^ r et se réfugier à Jthôme, La plupart des Hïlotes tiraient leur origine des anciens Messéniens, qui avaient été réduits en servitude sous le nom de MessÉiTiens. Les Lacédémoniens eurent donc une guerre k soutenir contre les ré voilés d*I thème.
w Les Lacédémoniens, voyant se prolonger leur entreprise sur ïthôme, implorèrent le secours dû leurs alliés et celui des Athéniens, »
À Athènes il y avait deux partis : celui de Poli-* garchie t h la tète duquel était Cimon , er celui de la démocratie, qui recevait une certaine impulsion de Péri dès. Le parti populaire se sentait quelque prédilection pour les HiJoies et les Messéniens, et voulait refuser les secours demandés; le parti des riches avait de la sympathie pour le gouvernement oligarchique de Sparte, et voulut lui venir en aide. H 1 emporta dans rassemblée; les secours furent votés, et Cimon partit pour Lacédémone è la têts d'un corps de troupes. Voici comment Thucydide raconte les faits ;
« Ceux-ci (les ÀthéniensJ vinrent en grand nombre sous le commandement de Cimon. On les avait mandés, sur Popinioii de leur habileté à battre les murai lies: comme le siège traînait en longueur, ou
avant Jésus-Christ. Son Histoire de la guerre du Péloponkw. est une œuvre tente avec un grand talent. On doit cependant se défier de la partialité de fauteur, sur lequel nous reviendrons. La traduction dont Je me sers est celle du savant Lève -sque.
nitüi'lLLE d'àthenks et de sparte. 61
sentait la nécessité de cet art* Ce fut de cette campagne que se manifesta, pour la première fois, la mauvaise intelligence d'Athènes et de Lacédémone* Car les Lacédémoniens, voyant que la place n T était pas enlevée de vive force, craignirent l'humeur audacieuse des Athéniens et leur caractère remuant, ils ne les regardaient pas comme un peuple de leur race, et ils appréhendaient que, pendant leur séjour devant I thème, ils ne se laissassent gagner par ceux qm s y étaient renfermés, et ne causassent quelque rémlutîon.Ge furent tes seuls des alliés qu'ils renvoyèrent, sans manifester cependant leurs soupçons, niais sous prétexte qu'ils n’avaient plus besoin de leurs secours. Les Athéniens n’en sentirent pas moins qu'on n’avait pus de bonnes raisons de les renvoyer, et qu'il était survenu quelque défiance* Indignés de cet affront, et ne se croyant pas laits pour être ainsi traités par les Lacédémoniens, a peine retirés, ils abjurèrent l'alliance qu’ils avaient contractée avec eux dans la guère médique, et s'allièrent avec les Argiens, ennemis de Lacédémone* En même temps, ces deux nouveaux alliés s’unirent parles mêmes serments avec les Thessaliens.
1 thème finit par capituler : les Hiloteset les Messéuiens avaient soutenu une longue lutte*
«Enfin, dit Thucydide, après dix ans, ceux dTthome, ne pouvant plus résister, capitulèrent avec les Lacédémoniens* Il fut convenu qu’ils sorti raient du Péloponèsc sous la foi publique, et n'y rentreraient jamais, sous peine, pour celui qui serait pris, tYéifê tesclave de qui Vaurait arrêté . Les
GRÈCE
Lacédémoniens avaient reçu auparavant de Delphes un oracle qui leur ordonnait de laisser partir les suppliants de Jupiter ILhométas. Ceux-ci eurent donc la liberté de sortir avec leurs femmes et leurs eil fan ts, Les Àthén iens s 1 empressèrent de 1 es recevoir en haine de Lacédémone, et les envoyèrent en colonie h TNaupacte, w
On prétend que cette guerre fut terminée en 464; qu’elle avait duré dix ans, et qu'elle avait commencé en 469 ou 470. 11 y a la une erreur assez grossière* Il faut que la guerre n’ait duré que six ans; quelle ait commencé plus tôt, ou qu’elle se soit terminée plus tard. Tous les historiens nWrent que confusion a cet égard* il y eut, sans doute, deux tremblements de terre; les hostilités durent commencer meme avant le premier; ce dut être après le second, vers 464, que la lutte se ranima, que les Spartiates eurent peur, qu'ils appelèrent leurs alliés, parmi lesquels se trouvaient les Athéniens qu’ils renvoyèrent bientôt de la manière la plus blessante.
Les Athéniens eurent de la haine contre les Lacédémoniens !... Mais il faut avouer que ceux-ci faisaient bien tout ce qu’ils pouvaient pour se faire haïr. Ils avaient voulu empêcher leur rivaux de gloire de relever les fortitlcations d'Athènes, et, de plus, dans le moment ou ils allaient eux-mêmes se j trouver dans la peine, ils se préparaient à coin- 1 mettre une révoltante injustice, même un crime, | envers ces hommes dévoués,
k Les habitants de Thasos, dit Thucydide, vaincus « dans plusieurs combats et assiégés, implorèrent