‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernes (volume 5)Chapitre 22 sur 32 · PAIX GÉNÉRALE, BIENTOT ROMPUE · texte numérisé non relu

PAIX GÉNÉRALE, BIENTOT ROMPUE

santune garnison dans nie. Quelques Samiens rayaient quittée et s'ôtaient réfugiés dans le continent- Iis conspirèrent avec les hommes les plus puissants de h ville et avec Pissulhnès, fils d’Hystaspe, qui avait le gouvernement de Sarcles : ils rassemblèrent sept cents hommes de troupes auxiliaires, et passèrent k Samos à rentrée de la nuit. Ils attaquermt d'abord le parti populaire , et se rendirent maîtres du plus grand nombre. Ils enlevèrent ensuite de Lemnos leurs otages, abjurèrent la dom i na t i on d'À th h n es, et tir rêfent à Pissu thnés (général perse) la garnison athénienne elles commandants qu’ils avaient en leur pouvoir. Ils se disposèrent aussitôt h. porter la guerre à Miïet, et Byzance entra dans leur défection. »

Périclès conduisit une nouvelle expédition contre ceux de Samos qui, oubliant qu'ils étaient Grecs, s'étalent donnés aux Perses, ce qui pouvait faire courir de nouveaux dangers à la Grèce. Les Athéniens fu re n t va i n q uenrs des Sam iens e t d es Pe rs e s. Les habitants de üizance durent aussi se soumettre (441 av, J. -G.).

On prétend que les béliers, les tortues et autres machines de guerre pour abattre les murs, furent inventés en cette année par Artémon de Clâzo- »ène , et que Périclès en fit les premiers essais.

Prélude* dp la (guerre du R'êloponèar.

Nous arrivons à la guerre des Corinthiens et des Corcyréens, qui ralluma le brandon des discordes civiles dans la Grèce entière (430 av, J.-G.).

GRECE

« Toutes ces entreprises des Grecs, ou les uns contre les autres, ou contre les barbares, occupèrent h peu près une période de cinquante ans , depuis la retraite de Xærxès jusqu'au commencement de cette guerre-ci. » (Thucydide»)

Le mèmè auteur poursuit ainsi :

« Épi» amxe est une ville qu’on trouve il droite en entrant dans le golfe d'Ionie : elle est voisine des Talauücns, barbares de nation illyrique. C’est une colonie des Goreyréens; Pltalius, fils d’Eraloclidc, Corinthien de race, et descendant d'HercuIe, eu lut le fondateur ; il fut mandé de k métropole, suivant l'antique usage, pour exercer cette fonction. Des Corinthiens et d'autres gens d'origine dorique ae joignirent à ceux qui allaient établir la colonie: ce fut, avec le temps, une cité considérable, et elle parvint à une grande population; mais, comme on le raconte, les habitants après sTHre livrés, pendant plusieurs années, à des dissensions intestines, périrent en grand nombre dans une guerre qu'ils ne rent avec les barbares leurs voisins, et perdirent une grande partie de leur puissance. Enfin, avanl la guerre que nous écrivons, le peuple chassa les riches ; ceux-ci se retirèrent chez tes barbares, cl avec eux, ils exercèrent par terre et pat mer le brigandage contre leur patrie* Les citoyens qui étaient restés dans k ville, ainsi tourmentes» envoyèrent une députation à Corcyre comme àleur métropole. Ils demandaient qu'on daignât ne les pas abandonner dans leur ruine, qu'on voulut bien

GUERRE DE CORINTHE ET DE CO RC Y RE. Tl

les réconcilier avec les exilés, et mettre lin à la guerre des barbares. »

Les Corcyréeiis n’envoyèrent pas les secours demandés. Les Epi damné eps s'adressèrent alors aux Corinthiens, qui répondirent favorablement et se hâtèrent d'envoyer à Ëpidumne une garnison et de nouveaux habitants (459 av. J.-C.).

Les Corcyréens éprouvèrent alors de la jalousie ; et ils armèrent pour enlever Épi dam ne h la domination de Corinthe. Les Corinthiens armèrent de leur côté, elles Mégariens, lesPaliens, les Épidauriens, les Hermioiiiens, les Trézéniens, les Leueadimis, les Àmpraeïotes, les Thébains, les Phltasiens et les Eléens vinrent encore accroître leurs forces. Les Corcyréens, en vue de tels préparatifs, voulurent entrer dans la voie des négociations.

Ils demandèrent, dit Thucydide, que les Corinthiens, comme n'ayant rien h prétendre sur Épidamne, en retirassent la garnison et les hommes qu’ils y avaient envoyés; que s’ils avaient à faire quelque réclamation, on s'en remettrait à l'arbitrage des villes fin Péloponèse dont les deux partis conviendraient, et que celui des deux peuples dont elles reconnaîtraient les droits sur la colonie en resteraient le maître. Us offraient aussi de s'en rapporter à l'oracle de Delphes.

* Les Corinthiens n’écoutèrent aucune de ces propositions. Dès que leur Hotte fut appareillée, et qu’ils eurent reçu les troupes auxiliaires, ils envoyèrent un héraut déclarer la guerre h Corcyre. n>

Après avoir tait avancer leurs forces navales de

Tl

GRÈCE

part et dîâutre, ces fieux peuples en vinrent aux mains. Plusieurs batailles lurent livrées; il y eut des succès et des revers des deux parts* La lutte continua plusieurs années.

Les Corinthiens avaient accru leurs forces* En présence de si formidables appareils, lesCorcyréens, qui n’avaient d’alliance avec aucun État de la Grèce, furent effrayés* Ils députèrent à Athènes. Les Corinthiens, Instruits de leur démarche, en firent au* 1 tant. Les Athéniens écoutèrent les envoyés desdeux peuples; Ils se prononcèrent enfin pour les Gôrcyréens*

« Les Athéniens, dit Thucydide , ayant entendu les deux partis f se formèrent deux fois en assemblée. Ih penchèrent la première fois en faveur d&i Corinthiens; mais ils changèrent d’avis la seconde, Il est vrai qu’ils ne jugèrent pas à propos de faire avec Corcyre un traité d’alliance offensive et défensive, par lequel ils auraient eu les mêmes amis et les mêmes ennemis; car les Corcyréens auraient pu les engagera faire partir de concert leur flotte contre Corinthe; et c’eût été rompre le traité qu’il s avaient avec le Péloponèse : mais ils contractèrent récipro- j queutent une alliance défensive contre ceux quiailaqueraient Corcyre, Athènes, ou quelqu’un de leurs alliés (430 av. L-C.]. »

La lutte recommença donc, et les Athéniens, bîcnqu’ilsse tinssent d’abord à l’écart, comme observateurs, en Vinrent enfin aux mains avec les O rinthiens.

w Vous faites une injustice, dirent les Corinthiens

GUERRE DE COflIKTfïE ET DE CORCYilE. 73

aux: Athéniens . de commencer lu guerre et, de rompre le traité* » Les Athéniens répondirent : et Nous ne commençons pas la guerre , ù Péloponésiens, et nous n'avons pas dessein de rompre lu paix : mais nous sommes venus au secours des Gôrcyréens, qui sont nos alliés* Nous ne vous empêchons pas d’aller ou vous voudrez; maïs si vous attaque/ Corcyre ou quelque lieu qui en dépende, nous mettrons toutes nos forces h ne pas souffrir cette entreprise. » (Thucydide. J Sur cette réponse, les Corinthiens se disposèrent a regagner leur pays. Ils avaient, ainsi que les Corcyréens, dressé des trophées de victoire avant de s'éloigner. Les vaisseaux: d'Athènes se retirèrent également.

Les Corinthiens, Perdicas, roi de Macédoine, et les Lacédémoniens, agirent sourdement, et firent éclater des troubles, des révoltes, des révolutions dans les possessions des Athéniens : des villes proclamèrent leur indépendance ou se donnèrent à d'autres peuples; de ce nombre fut Potidée, qui reçut une garnison de Corinthiens et de Péloponé siens (435 ans av. J.-C.)*

Les Athéniens envoyèrent des troupes pour reprendre leurs possessions de la Thrace et d'ailleurs.

« Phormion, après avoir investi Polidée, prit avec lui les seize cents hommes qu’il commandait, alfa ravager la Calchidîque et la Bottîque, et enleva quelques places de peu d 1 importance,

« Tels étaient, avant la guerre, lus sujets de re-

GRECE

proches que s'étaient donnés départ et d'autre les Athéniens et les Péloponésiens, On se plaignait à Corinthe de ce que les Athéniens assiégeaient Potidée, colonie corinthienne, où se trouvaient des Corinthiens et des Péloponésiens. On se plaignait à Athènes des peuples du Péloponèse, qui avaient excité à la rébellion une ville alliée et tributaire des Athéniens, et qui leur avaient fait ouvertement la guerre avec les habitants de Potklée. Cependant il n’y avait pas du moins de rupture déclarée* lu trêve subsistait encore, et les Corinthiens seuls commettaient des hostilités*

«Ils ne se tinrent pas en repos, quand ils virent assiéger Potidée. Craignant et pour la place et pour les troupes qu'ils y avaient, ils convoquèrent à Lacédémone les alliés, s’y rendirent eux-mêmes, ci s'écrièrent que les Athéniens avaient enfreint Ifi paix, et qu’ils outrageaient le Pêloponèse. » (Thucydide*)

Chaque ville porta son accusation contre les Athéniens, elles Lacédémoniens, tout eu affectant beaucoup de réserve et de modération, kêpar* gnaient rien pour jeter la rage dans les cœurs* La guerre devait donc éclater ; et voici, d’après Thucydide, quelle chut k cause réelle, mais tenue secrète, de cette guerre :

« La cause la plus vraie, celle sur laquelle on gardait le plus profond silence, et qui la rendit cependant inévitable, fut, je crois, la grandeur à laquelle les Athéniens étaient parvenus et la terreur qu’ils inspiraient aux Lacédémoniens. »

Page 1