PRÉLUDES DE LA GUERRE DU PÉLOPCWÈSÉ. 7O
Le motif réel de la guerre n’était donc pas avouable*
« Les Lacédémoniens, dit Thucydide, après avoir entendu les différèates opinions, prirent les suffrages de tous les alliés qui se trouvaient à rassemblée* Ils furent donnés par ordre, depuis les villes ]espius puissantes jusqu’aux plus faibles. Le plus graml nombre vota la guerre (452 av. J.-C*)* » La guerre fut donc décidée, mais avant d'ébruiter 1g résultat de cette délibération, chacun travailla à sê pourvoir de tout ce qui lui était nécessaire*
« Ce temps, dit Thucydide, fut employé en négociations avec les Athéniens; on leur portait les griefs qu’on avait contre eux. C'était pour avoir un prétexte plus spécieux de les traiter en ennemis, si Ton ne recevait pas de satisfaction* D’abord les députés (le Lacédémone leur prescrivirent d'expier la souillure qu’ils avaient contractée envers la déesse, *
Il s’agissait là de Cylon r qui, 600 ans avant Jésus-Christ, s’était emparé par surprise de la citadelle d'Athènes, afin de confisquer la république à son profit. Les Athéniens le vainquirent; mais le gcund coupable échappa à leur vengeance. Ses complices, moins heureux, furent massacrés. C T est envers ce Cylon, c’est envers ses partisans morts depuis 168 ans que les Lacédémoniens demandaient des réparations et des expiations. C’était là ce que nous appellerions de nos jours, en termes populaires, une querelle d’Allemands.
«Les Athéniens de leur côté, dit Thucydide, demandèrent que les Lacédémoniens expiassent le
cbkce.
sacrilège commis au Ténare, C'était au Tenait qu autrefois ils avaient fait sortir du temple de Neptune des Hilotes suppliants, pour leur donner la mort, »
Les Lacédémoniens avaient un autre grief. Ils reprochaient aux Athéniens d'avoir rendu un détint qui interdisait aux Mégariens les ports d’Athènes, et prohibait leurs marchandises. Ils exigeaient qiw ce décret fût retiré*
a Le point sur lequel ils insistaient le plus, dit Thucydide, sur lequel ils s'expliquèrent d’aboni et le plus nettement, fut k décret porté contre Mi* gare : ils déclarèrent que, s'il était levé, il rit aurait pas de guerre. Ce décret interdisait aux M* gariens l’entrée des ports dans toute la domination athénienne, et des marchés de TAttique, w Thucydide poursuit ainsi i « Les Athéniens convoquèrent une assemblée ai tous les citoyens pussent donner leurs suffrages.U fut convenu d'y délibérer et d'y répondre en uu; seule fois sur tous les chefs. Un grand nombre citoyens parlèrent; les deux opinions eurent des p lisans : on disait qu il fnïluil faire la guerre, oufl» le décret sur Mégare ne devait pas mettre obspf à la paix, et qu'on n'avait qu'à l'abolir; enfin Piw* clés, fils de Xanthippe, s'avança : c'était YlmW qui avait alors le plus d’autorité dans la république, et le plus de talent pour la parole et pour i'&k cutlon. »
Entre autres raisons qu'il lit valoir, je ne reprt duirai que celle-ci, que je puise dans le discuté
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de cet orateur, que Thucydide nous a conservé :
* Ils nous commandent de lever le siège de Po- « tîdéa, de laisser Éginc sous ses propres lots, de « révoquer le décret porté contre Mégarc; et voilà " maintenant que leurs derniers députés nous îm- « posent de laisser à tous les Grecs la jouissance de « leurs droits. N’imaginez pas que refuser d’abolir |£ le décret sur les Mégarions, ce soit faire la guerre <* pour bien peu de chose, parce qu'ils soutiennent n que, le décret supprimé, on n’aurait point la « guerre. Éloignez toute idée sur quoi vous puissiez vous faire le reproche d’avoir pris les armes
* péuc un faible sujet : car c’est à ce sujet si faible
* que tient raffermissement de votre puissance et
* l'épreuve de votre courage. Àccordez-leur ce peu “ qu'ils vous demandent, et vous verrez aussitôt,
* comme si c’était la crainte qui vous eût fait obéir, fl arriver Tordre d’accorder quelque chose de plus. w Mais, en refusant avec fermeté, vous leur ferez 1 voir nettement qiTîl faut en agir avec vous comme
* avec des égaux...
“ Maintenant renvoyons les députés avec cette “ réponse : Nous permettrons aux Mégariens de fl fréquenter nos marchés et nos ports, pourvu que k k- s Lacédémoniens n’éloignent de chez eux ni * nüUS fri nos alliés. Ces deux conditions ne sont M P as interdites par le traité. Nous rendrons à leurs (t propres lois les villes de notre alliance qui jouisa saient de cet avantage; quand nous avons juré la 4 P*dx, pourvu qu’eux-mèmes rendent libres celles y qu’ils tiennent sous leur domination, et quecha- T. IV. 5
GRÈCE
« cune d’elles ail le droit de se gouverner à sou « gré , sans être soumise aux lois de Lacédémone, « Nous consentons à faire juger nos différentsJai* « vaut la teneur du traité, et nous ne commence « rons pas la guerre, mais nous nous défendrons « contre les agresseurs* »
Les Athéniens adoptèrent Pavis de Péri clés, cl cette opinion fut formulée en décret. Athènes fui donc prête à tout événement II y avait quatorze ans que la trêve de trente ans avait été conclue,
« Au commencement du printemps, dit Thuey dïde, des Thébains, au nombre d'un peu plus de trois cents, sous le commandement des bêotarqu® Pythaugclus, fils de Philide, et Diemporus, Bk d'Oné tonde, entrèrent a Platée, ville de Béoüe. qui était alliée d'Athènes. Ce furent des citoyens lie Platée, Naucide et ses complices, qui les appelèrent, et leur ouvrirent les portes. Ils voulaient, pour s'emparer eux-mêmes du pouvoir, tuer ceux de teun concitoyens qui leur étaient opposés , et soumettre ta ville aux Thébains. Ils avaient lié cette intrigue avec Eurymaq-ue, fils de Lonliâde, qui avait à Thè bes le plus grand crédit* »
Ce fut avant toute déclaration de guerre, et pat surprise, que les Thébains pénétrèrent ainsi dan* Platée (431 ans av* J.-C.J*
Quand les Pîatéens apprirent que les Thébaiitf étaient dans leurs murs, ils en furent effrayes; mais quand ils eurent su qu’ils étaient en pelïî nombre, ils sê disposèrent à les attaquer, « car, lt « peuple, dit Thucydide, n'était pas dans linwr