‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 23 sur 45 · VILLE D ARG · texte numérisé non relu

VILLE D ARG

La jeunesse de Cadrmis se passa au milieu des muges; sa vieillesse fut troublée par les fautes et les malheurs de ses filles, ainsi que de presque tous ses proches.

Cadmus passe pour être l’inventeur de l’alphabet, ou plutôt pour l’avoir apporté de la Phénicie dans la Grèce. Tout le monde connaît ces quatre vers de Brebeuf, cités par Boileau :

C'est de lui que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux,

Et parles divers traits de figures tracées De donner la couleur et du corps aux pensées.

Polydore, fils de Cadmus, succéda à son père, mais son règne fut de peu de durée. Régnèrent ensuite Labdacus, Amphion, Laïus, Œdipe enfin dont chacun connaît l’histoire et les malheurs. Ce tut après le tour d’Etéocle et de Polynice, fils d’Œdipe, qui appelèrent les plus affreuses calamités dans le sein de leur patrie. Cette famille était sous la main de la fatalité.

L’histoire des premiers rois thébains est fort confuse; entre les noms des rois que j’ai cités, des écrivains en placent plusieurs autres. Mais je ne m’arrêterai pas à débrouiller des énigmes. Nous reviendrons cependant à Etéocle et h Polynice.

Argotf.

lnachus l’Egyptien, que l’on dit fils de l’Océan et de Thétis, par ia raison qu’il avait été apporté par les eaux et comme enfanté et jeté par elles sur le sol

GRECS-

de la Grèce, prit possession d'une partie de fer» qu'il appela ïnacliie, et qui plus tard devait êtol nommée l’Argolide. Inac.lms fut roi de cette partit du sol grec (1823 av, J,-C.).

Trois siècles après, Danaüs, de Cheminis Egypte, arriva dans les mêmes lieux. Il deroandi asile à ses anciens compatriotes qui habitaient fAr^ iide; il en fut accueilli. Dans la suite il fut roi d'Àr^rj (iaiO av,

Danaüs avait fui l’Egypte, sa patrie, par suite d contestations graves avec son frère, qui en était roi Selon les uns, ce frère c’était Egyplus, selon b autres, c’était Sésostris, dont nous avons parlé es son lieu.

Les fils du roi d’Egypte vinrent attaquer leur®' de dans sa nouvelle patrie, et ils furent vainque®- Mais Danaüs avait beaucoup de filles, qu’on appelai les Danaîdes; elles épousèrent leurs cousins, ctDï naüs resta roi d'Argos, On sait comment se comportèrent les Danaîdes envers leurs maris et quel 5 châtiments les dieux leur infligèrent dans les Enfer

Les successeurs de Danaüs furent Lyncée, son fil 4 e! ses petite-fils Àbas et Acrisius.

Vers l’année 1323 avant notre ère, Pélops, (Ils à j 'fantaie, roi de Lydie, que l’on dit fds de Jupiter, ! s’expatrie, persécute par son père; et après avoir | éprouvé de nombreuses aventures, il arrive dans ■ fElide, où il épouse Hyppodamie, fille du roi è| pays,

Pélops succéda à son beau-père, se rendit puisant, et toute la presqu’île sur laquelle il avait tê

VILLE d’aRGOS.

sentir son autorité, pritde lui le nom dePéloponèse. Pélops laissa plusieurs entants, dont les plus célèbres furent Atrée et Thyeste.

Àtrée épousa Erope, fille du roi de Mycènes, et succéda à son beau-père : il fut aussi roi d’Argos (1291 av. J.-C.). Thyeste prétendait à la moitié de l’empire, et une haine féroce s’alluma entre lesdeux frères.

En l’absence d’Atrée, Thyeste s’empara d’une partie de ses trésors et de son autorité. Il séduisit la femme de son frère et la rendit mère de deux fils. Atrée parvint à mettre Thyeste en fuite et à reprendre ses biens et toute sa puissance.

11 n’est pas d’horreurs que ces deux frères ne commettent ; s’ils se réconcilient, c’est pour se surprendre ensuite dans des pièges affreux.

Atrée massacre les fils que Thyeste avait eus d’Erope, sa femme, et les lui fait servir dans un festin. Thyeste élève un fils qui lui restait dans la haine et le désir de la vengeance, et Atrée tombe sous le poignard de son neveu, éguisé par son propre frère. Thyeste mourut loin de sa patrie.

Atrée avait laissé deux fils, Agamemnon et Ménélas; le premier fut roi d'Argos et de Mycènes, le second fut roi de Sparte.

Les cruautés de cette famille royale devaient continuer : Agamemnon fera mourir en sacrifice Iphigénie, sa fille; il tombera sous le couteau de sa femme, Clytemnestre, qui elle-même périra sous le poignard d’Oreste, son fils.

Tout cela est horrible... mais il y a lieu de croire

GRECS

que les poètes épiques et les poètes tragiques ont imaginé, pour donner de la couleur et de îa variété à leurs productions, quelques-uns des faits si dramatiques que nous avons indiqués, et que ces faits ont été ensuite recueillis par ['histoire et transmis àk postérité comme dignes de l'intéresser. Les récries, les inventions hardies des poètes sont la source de rhistoire des premiers temps* De là tant de fables et de scènes cruelles* Nous croyons cependant que la sainteté des mœurs, que la parfaite sécurité des citoyens, que Làge d'or des sociétés ne peuvent être placés au début de la vie humaine, que llgnorance et la barbarie sont choses inséparables, et nous le constatons en passant*

Np«r4c.

Lélex, Libyen, que Tondit fils de Neptune, fonda Sparte, dans lu Laconie (1516 ans avant J.-C.L Mylès, Eurotas, Lacédémon, qui donna son nom ii la contrée, Àmydus, Àrgatus, Cynortas, OEbalus, Hippocoon et Tyndare furent ses successeurs Tyndare épousa Léda; ils eurent pour fils Castor et Pollux* et pour filles Hélène et Clyteninestu!> le passe sous silence les aventures de Léda avec Jupiter, qui avait pris la forme d’un cygne,

Àgamemnoü, le roid’Àrgoô,épousa Clytemneste 1 ; Ménélas, son frère, épousa Hélène, et devint pur cette union, roi de Sparte* La puissance des fils d’Atrée fut respectée dans toute la Grèce*

Ailièiieit,

Cécrops, arrivé de Sais, ville de l'Egypte, dam

l'Attiqua^ épousa Ajjlàure, fille dWetée, chef du pays^à qui il succéda ; il unit plus intiiucîïient ie peuple, et les Athéniens se développèrent dans la vie sociale (1582 av. J.-C,).

Furent ro is après Cécrops : Cranaüs, Amphitryon , Eriehthonius, Fandion, ErechtMe, un Cécrops II, el un Pandion IL Egée et Thésée vinrent ensuite- Des auteurs grecs prétend entqu’&vant Far rivée de Cécrops, les Alliéniens avaient eu de sages rois, parmi lesquels îls comptent Péri plias et Actée, Ils disent aussi que les Athéniens sont Àuthocthones , qulls sont sortis de leur terre même, et racontent tT Eriehthonius les choses les plus merveilleuses.

On ne dit nulle part que Cécrops fût fils de roi. et nous croyons qull était, ainsi que Moïse, de souche populaire. Heureusement, îî vint s unir à un peuple doué des instincts les plus démocratiques, On ne voit pas chez les premiers Athéniens la vie licencieuse des descendants de Gadmus, ni les haines féroces des Pélopides, issus du sang royal,

Thésée, après des exploits multipliés, réunit en ut] seul corps de nation tous les habitants de T A tti que, étéîab 11t u n gou vern em en t d ém ocrai 1que.

Ile de Crète,

L’îîe de Crète est célèbre par la naissance de Jupiter, le plus grand des dieux.

Mi nos premier, fils de Jupi ter et d'Europe, donna des lois aux Cretois, qui lui avaient été ins-

grecs,

pirées, dit-on, par le dieu, son père (1532 avant J.-CO- Les Lacédémoniens devaient faire de nombreux emprunts à ces lois, si louées de toute l'antiquité*

Ly caste, fils de Min os, fut père de Minos IL Ce petit-fils du législateur devint un grand guerrier: Athènes fléchît sous ses coups.

11 avait épousé Pasîphaé, don ton connaît la scandaleuse histoire. Pasîphaé s’éprit de passion pour un taureau, et elle eu eut le Minotaure, monstre horrible* Ce monstre fut enfermé dans un labyrinthe où on lui donnait en pâture sept jeu nos garçons et sept jeunes filles, que la ville d'Alhte avait été forcée de donner en tribut, chaque année à Minos II, son vainqueur*

Thésée tua le monstre et affranchît sa patrie du cruel tribut* Ariane et Phèdre, filles de Pasiphaé, s’attachèrent aux pas du héros athénien ; elb avaient dans leur veines un sang de feu, et la fureur de l’amour perdit les filles ainsi qu’elle avoil perdu la mère.

Ce fut sous Minos II que Dédale {'Athénien, fe plus célèbre des industriels, produisit ses merveilleux travaux*

fdoménée était iïls de Minos IL

Troie.

Nous devons parler du pays des Troyens, situé sur les côtes de l'Asie mineure; ses longues que* relies avec la Grèce exigent que nous disions quelques mots de son origine.

VILLE DF. THOÎE.

Dardanus, fils de Jupiter et d'Éiectre, fille d’Atlas, part de l’Italie (d’autres disent de Crète), après avoir assassiné son frère, erre de contrée en contrée, et arrive enfin en Asie, où il fonde, au pied du mont Ida, une ville qu’il appelle de son nom : Dardante.

Erichthone, son fils» lui succède : il fut le père deTros, qui devint roi à son tour. C’est de Tros pe la ville de Bardante prit le nom de Troie. Cet empire fut l'empire troyen, Ganymède, que Jupiter enleva pour en faire son échanson, était l’un de ses fils, son second fils devint roi de Phrygie* et le troisième, ïlus, lui succéda sur le trône de Troie. ïlus fit bâtir une citadelle qu'il appela Ilion. Delà vient que le nom de Troie et celui d'ilion furent, en même temps , donnés à la même ville.

Laomédon, fils d’ïlus, roi après son père, entoura la ville de murailles : il avait pour ouvriers Neptune et Apollon , auxquels il refusa, une fols les travaux achevés, le salaire qu il leur avait promis. Les dieux irrités se vengèrent par des inondations et en répandant la peste sur le pays, peste mortelle au pauvre peuple, quî n’était cependant pas coupable du déni de justice de son roi,

Uomédoit ne put détourner ce fléau qu’en livrant chaque jour une jeune fille à un monstre marin, sorti des flots par la volonté du dieu des mers* Le sort était tombé sur Hésione , la fille du toi. L’affliction pénétra alors le cœur de Laomédon, d il fit les plus belles promesses h quiconque délivrerait sa fille et son pays du monstre vorace. Mer-

ias

cifle se présente et triomphe. Mais Laomédou ù son égard ainsi qu'il l'avaitfàit envers Neptune 4 Apollon, Hercule, dans sa iureur, assiège la ville i; s T en empare, il tue le roi parjure; il amènelh sione en Grèce et la donne à son ami Télamoa*

Priann fils et successeur de Laomédon, fut jusit mais faible; son empire s’étendit» sa Famille s l crut, et le luxe et les plaisirs régnaient dans g cour» dont les mœurs étaient celles de VQmi Péris, l'un de ses fils, devait allumer le Feu de II discorde entre l’Europe et l’Asie*

État social de lit

Je n’ai pas parié de tous les États de la Grèce, Ùi] été trop long, mais j’ai dit quelques mots de m dont ïa tradition a laissé les origines, et quï T end* tre, devaient devenir les plus célèbres. Ces origine bien que remplies de fables, doivent être étudié* puisque après avoir été en partie engendrées par l fiction, elles ont à leur tour servi de fondements! tant de poèmes, de tragédies, de travaux dVi de toute sorte, que nous ont laissés les plus grand* génies de V antiquité et des temps modernes.

A parties cités dont nous avons parlé, Corinthe Pylos, Sieyone, étaient déjàSes villes remarquable La Thessalie, TÉpire» rillyrie, la Thrace, la Maifr cioïne, nourrissaient de vigoureuses populations,d des hommes remarquables se manifestaient detoufs paris.

En ces temps-là les routes n’étaient point sûres; df* brigands fameux et de haute extraction les infe

EXPÉDITION DES AHGÜNAtTJES i'î-i

taîenl et dépouillaient les voyageurs après les avoir mis à mort.

Amphitryon , Hercule , Philoctètc , Plrithoüs et d'autres héros combattaient les brigands et les bêtes féroces, si nombreuses alors, et étaient les champions de la mystérieuse Humanité, à laquelle ils s’étaient spontanément dévoués.

A l’exemple d’Hercule et de Pirithoiis, son ami, Thésée se déclare le protecteur des hommes; il veut purger la terre des brigands qui la désolent : il tue Péripliète et lui prend sa massue; Sinis, Scifûn, Cercyron tombent sous ses coups; P ro eus te est puni du même genre de supplice qu'il avait fait endurer à ses victimes. Thésée appliquait la loi du talion tœil pour œil, dent pour dent.

Musée, Orphée, Lynus, parcourent les villes et touchent le cœur des hommes par l'harmonie et la noblesse de leurs chants :

Les mystères sont institués à Eleusis: c’est là qu'on enseigne aux hommes les pratiques de l'agriculture et des métiers, et des principes de civilisation.

Les assemblées amphictyoniques,où se réunissaient les députés des divers Etats de la Grèce, les jeux publics, puissants moyens de rapprocher et de lier les peuples entre eux, sont institués.

■expédition de* Argonaute*.

Il ne s’agît plus maintenant d’actions isolées, soit que l'amour du bien ou tout autre mobile les ins* pire,

Ici se place l’expédition des Argonautes (1292 av.

GIIECS.

■1--C*)* Elle SÊ fit sous la conduite de Juson* Castor. Pollux, Tëlamon, Péiée , Admète, Oîlée , Hercule Lyncée enfont partie: elle a, dît-on, pour but la» quête de ta Toison-d'Or; d'autres disent qu'elle était destinée à donner la chasse aux pirates qui infestaient les mors et ravageaient les eûtes,

tfiHCiTü fie TliêEiçjü.

Voici la première des grandes guerres de la Grèce (12i>2 av.

QEdipe avait laissé sa couronne à ses deux fils; ils devaient régner chacun une année, tour ît tour- Mais une fois qu’Etéocle eut goûté de la toute puissance, il ne voulut point descendre à un rang secondaire, Polymce, irrité contre son frère, va quêter l'appui des chefs des Etats voisins ; Àdraste, Capanée, Tydée, Hip pomédo n, Part h énopée, Am phiaim se joignent à lui avec leurs troupes nombreuses- lb marchent contre Thèbcs, ils l'assiègent, et des milliers d'hommes périssent victimes des discordes de* fils d’Œdipe, Les chances delà guerresont diverses; assiégeants et assiégés périssent sans donner la victoire à l’un des deux partis, Polynîee et Étëoclesc provoquent enfin ; ils se livrent un combat acharné, se tuent l’un l’autre en présence des deux années spectatrices de leur lutte cruelle* Ainsi périssent ce* deux princes, victimes de leurambition; etkguem finit avec la cause qui Pavait produite; mais ses suites se firent longtemps sentir*

Guerre de Truie*

Hercule avait déjà saccagé Troie et enlevé Hêsioÿ»

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