SI II LK TRAVAIL ET LES TRAVAILLEURS. ICI
v ce champ étroit, veulent entraîner, chacun de son a côté, le corps de Patrocle. u
Homère nous montre Yulcain, le divin artisan,
* au milieu des soufflets de sa forge, autour desa quels il s'agite, couvert de sueur, livré tout en- - lier à ses travaux* » Nous voyons le dieu quitter San enclume. « Il écarte les soulllets du feu, ajoute « Homère, renferme dans une caisse d’argent tous fl les instruments de sa forge. Il enlève avec une «èponge la fumée qui noircissait son front, ses « mains, son cou vigoureux et sa poitrine hérissée.» Le poète nous décrit les divers travaux de Yulcain, parmi lesquels se trouvent des trépieds, des mécaniques sous formes humaines qui lui tenaient lieu d'esclaves. En etlet, les esclaves des hommes doivent être des mécaniques, des machines, et non leurs semblables. Le bouclier d'Achille n'est pas le moins beau des ouvrages du dieu travailleur; sur ce bouclier sont représentées deux villes, dont l'une dans les fêtes, et l'autre dans les horreurs d'un siège; un tribunal en plein vent, des débats judiciaires où l'on conteste avec animation le rachat d’un meurtre. Ailleurs : « de nombreux laboureurs
* tournent çk et là leurs charrues. Dès qu’ils retiennent au bout du guéret, quelqu’un s’avance
* et met dans leurs mains une coupe remplie d’un 11 vin exquis: animés par ce breuvage, ils se hâtent « à creuser des sillons, se hâtant de ramener laeharv rue au bout du long guéret. » (Homère.)
A côté des laboureurs, «des moissonneurs armés "de faux tranchantes, dît Homère, coupent les
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* blés, qui par monceaux tombent rapidement!
« long des sillons, » On lie les gerbes sur leur: pas, on les emporte, et un peu à l’écart on immole un taureau. Des femmes préparent le festin pêtre des laboureurs à l'ombre d’un chêne*
Les vendangeurs, les pasteurs, les troupeaux, !$ farandoles joyeuses de jeunes gardons et de jeunes tilles, le ciel, la terre, la mer sont retracés sure* bouclier, image de Tuiiïvers,,,, Dans toutes ses (B* vres, on voit qu'Homère était du peuple, qu’il n’oiibliait pas le peuple, et qu’en son temps les travaai du peuple notaient pas un objet de mépris* Homère nous parle de la culture des champs, Jf la garde des troupeaux, de l’ivoire teint en pourpre, d’une urne, œuvre des ingénieux sidomiîr, des savantes tisseuses pliéaciennes, d’un siège omf d ivoire fait par ïcmalius; il nous décrit les costœmes, les armes, les chars, les vaisseaux, les œune d architecture : ponts, digues, remparts, tours élevées, palais, portes, boiseries, statues; il nous inift aux travaux, aux connaissances, aux mœurs de son temps*
Les puissants étaient très rapprochés des petits: Us se voyaient, se parlaient, et s’unissaient somreol dans le festin d'un sacrifice.
Citons un exemple :
l élemaque est à la recherche de son père ; il rive d aux murs dont Nélée jeta les fondements,^ « 1 heureuse Pylos, Les habitants de neuf villes dr « cette contrée offraient sur ce rivage, à Ncplutë « couronné d’une chevelure azurée, une hccatümfr
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o solennelle de taureaux noirs. Assise sur des bancs a de verdure, la multitude était partagée en neuf « troupes ; chacune, composée de cinq cents ci- « tôyens d'une de ces villes, immolait neuf victimes, « Déjà Ton avait goûté les entrailles, et Ton allu- « mait les offrandes en l'honneur de ce Dieu, îors- « que ces étrangers arrivèrent. » (Homère.)
Mentor encourage Télémaque à se présenter devant Nestor*
O Mentor I répond le jeune Télémaque, corn- «f ment irais-je? comment l'aborder? je n'ai encore « aucune expérience dans Part de parler avec sa- » gesse. À mon âge peut-on sans crainte interroger « ce vieillard?**. Ils approchent de la nombreuse « assemblée des Py liens.,. Au milieu d'elle étaient « assis Nestor et ses fils : on préparait autour d’eux 1 le festin ; les uns couvraient les dards de la chair » des victimes, d’autres les tenaient sur les flam- « mes* À l'aspect de ces deux étrangers, on accourt fl vers eux en foule, on les salue, et on les invite à fl se placer, » (Homère.)
Cette fête continue, et le peuplent les princes partagent les joies du festin et prient les dieux d'une commune voix de leur être favorables. Ces sacrifices, ces festins étaient donc une vraie communion* La les rois , au milieu de leurs peuples, étaient comme au sein de leurs familles* C'était vraiment la vie patriarcale* Les Hébreux avaient des fêtes semblables à la suite des sacrifices.
Ben aies des œuvres d'Houiorc.
Donnons maintenant quelques pages du chantre
un
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des batailles, où les beautés poétiques de toutes sortes étincellent.
Costume de Patrocle :
« Patrocle revêt l'éclatante armure. Il attache avec des agrafes d'argent le beau cothurne, couvre son sein de li cuirasse riche et étoilée de l'impétueux petit-fils d’Eacus, suspend k ses épaules l'épée où l'airain et l'argent j elle pi de vives étincelles ; il saisit le vaste et solide bouclier, pose sur son front guerrier le casque superbe, hérissé duc long panache qui flotte sur la cime élevée et répand aa loin la terreur. Il prend de fortes lances, etc., etc. *
Marche des troupes d’Àchilte t
<* A la voix de leur chef, le courage de ces guerricn s’enflamme, et ils serrent leurs rangs. Ainsi qu'un architecte construit de pierres étroitement unies la forte muraille d'un palais qui doit braver les vents et les tempêtes: ainsi se touchent les boucliers, les soldats. Les casques et panaches menaçants des guerriers féroces, tant leurs ®hortes sont serrées. »
Tumulte d’une bataille :
a Telle est la fuite bruyante des Troyens loin des rais^ seaux; ils repassent le fossé avec une immense perte. Lül coursiers d'Üector remportent avec ses armes ; il abandonne ses troupes , retenues par le fossé profond ; ut foule de chevaux volant avecleschars des principaux chef* y brisent les timons et y laissent les chars. Patrocle sud l'ennemi, animant les Grecs à haute voix, et jurant la riiio* des Troyens, dont les eohorLes dissipées remplissent tout* la plaine de tumulte et d’horreur : des tourbillons de poussière s'élèvent jusqu'aux nues ; les chars roulent de toute parts, loin des vaisseaux et des tentes, vers les murs dT I lion. Patrocle voit les phalanges les plus nombreuses et les plus troublées et il y pousse les chevaux avec des cri menaçants. Les guerriers tombent des sièges sur le fivrt près des roues; les chars sont renversés avec Tracas, cIlv
Orage. Neptune poursuit Ulysse sur les flots:
« Aussitôt assemblant les nuages, et prenant en mais j son trident, il bouleverse l’empire des mers; déchaîne à b
beautés poétiques d'homkbe. tCa
fois les tempêtes de tous les vents opposés, et couvre d’épaisses nuées et la terre et les eaux; des ci eux tombe soudain une nuit profonde. En même temps se précipitent et combattent avec furie l'autan, Teurus et les vents impétueux d'occiden t * et le glaçant bd|ée t qui chasse les iiuagcs et roule des vagues énormes. Alors le magnanime Ulysse est frapnc de consternation; il pousse de profonds soupirs :
ci Infortuné, se dît-il, quelle sera ma destinée; que je crains de voir se vérifier en cet instant toutes les paroles de la déesse (Calypso)! Elle me prédisait qu’avant d arriver h ma patrie, j'essuierais encore sur les mers les plus terribles disgrâces ; tout va s'accomplir. De quelles ténébreuses nuées Jupiter enveloppe la voûte entière des cieuï. Comme il trouble les abîmes d'Amphïtnle ! Comme es tourblUons se déchaînent de toutes parts . voici ma perte. Heureux, mille fois heureux ceux d'entre les Grecs qui, signalant leur zëïe en faveur des Àtrides, furent ensevelis dans les vastes champs de Troie! Que ne suis-je tombe comme eux.,,-** , ,
cip parlait encore, lorsque une vague haute, menaçante, fait tournoyer la nacelle avec rapidité, arrache Ulysse au pnivernail, et le précipite à une longue distance dans les Unis. Tous tes venis confondus adjurent soudain, tem- |ièie épouvantable. Le mit se rompt, la voile, avec I an- Senne, est emportée au loin sur les ondes. Le héros, accablé sous le poids des vagues énormes qui roulent et mugissent au-dessus de sa tête, et entraîne par ses riches bêlements trempés des flots, s'efforce en vain ÿ triompher des eaux et demeure longtemps enseveli dans la mer : enfin, il s'élance hors du gouffre; Tonde amere jaillit de sa bouche, et coule de sa tête et de ses cheveux en longs ruisseaux. Cependant, malgréla tourmente, u ne met pas en oubli sa nacelle; prenant au sein des flots un vigoureux essor, il la saisit, et, assis au milieu d eue, il se dérobe au trépas* Elle est le frêle jouet des vents et des vagues sur la mer orageuse. Comme dans 1 automne, 1 aquikin balaie un faisceau d’épines arides et Tenicve a travers l'espace étendu des campagnes, ainsi sur la plaine humide les vents entraînent et ballottent le navire. Tantôt l'autan le livre à borée, qui l'emporte sur les flots; ta nlut lèvent d'orient l'abandonne au vent d'occident, qm le chusse devant lui avec impétuosité, etc*, etc* «
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Une habitation rustique:
“ Le héros (Ulysse) s'éloigne do port, suit, à travers Iss monts ombragés de forets, les sentiers rudes et raboteux que lui montra Pailas, et arrive à la demeure du chef de> pasteurs, le sage Eumée, qui, de tous les serviteurs du r% conservait avec le plus de vigilance les biens de son rai* tre ; Il le trouve assis à rentrée d'une habitation belle et spacieuse, sur le sommet d'une colline haute et isolée*. Sans le secours de la reine ni du vieux Laerte, pendant 1 absence du roi, ce fidèle serviteur avait élevé ce bdtiment pour lui et ses troupeaux. Les murs sont formés de roches qu il lira des carrières; la maison est entourée d'une grande cour ceinte d'une baie d'épines qu'étayent des poteaux nombreux et serrés du chêne le plus dur, dépouillé de sa noire écorce, et fendu avec un rude travail, panmains; dans la cour sont construites douze étables cphliguës : chaque étable, au déclin du jour, reçoit cinquante truies fécondes ; les mêles passenL les nuits dans les champ?, fels que des lions, quatre dogucs,que le chef des pasteurs éleva, veillent sans cesse à la garde des troupeaux. En ce moment îl découpait une peau de bœuf colorée, rt s'en formait des bottines. Déjà les pâtres allaient ça d là, etc., etc. »
Comparaison :
<i Ainsi que Les vagues de la mer, agitées par les vente d'occident, se pressent l T une l'autre, et sont portées avee rapidité vers le bruyant rivage: d'abord elles s'élèvent au sein de la plaine humide, mais bientôt elles roulent ai Irëmissant contre la terre, s'y brisent avec fracas, et accumulées autour des plus hautsrochers, les surmontent et^> missent au loin l'écume blanchissante : ai nsi les rangs profonds des phalanges serrées des Grecs se suivent au combat. »
Autre comparaison :
u Tels que des loups carnassiers et indomptables, qui, après avoir dévoré sur les mon tagnes un cerf couronné d’un long bois, courent par troupes, la gueule rouf Lé de sang, se désaltérer dans une fontaine, lapent avec avidité la noire surface de l'onde, rejetant des lambeaux de chair sanglante, et repus de carnage, Jeurceeur ne connaît plus
BEAUTÉS POÉTIQUES D'HÛMËKE.
de crainte: tels les chefs des Phthio tes marchent avec audace autour de l'intrépide compagnon du fils de Pelée. »
Adieux d'Hector et d’Àndromagtie :
« Hector s'éto i gn e prom ptem c n t; et, repre n a n t le ch e m i n qu'il a parcouru le long des édifices de Troie , il traverse celte dite immense, et arrive aux portes Scées pour se rendre dans la campagne. Àndromaque vient à fa rencontre du guerrier, accompagnée delà nourrice qui portait sur son sein leur jeune fils, unique et tendre rejeton, aussi beau qu’un astre brillant, Hector rappelait Scumandrjo, tous lesTroyens lui donnaient le nom d'Àstyanax, parce que m père était le défenseur de Troie. Le guerrier le regarde avec un sourire caressant, et ne peut proférer une parole. Andromaque, Terni chargé de pleurs, s'avance, saisit la main de son époux, et lui dit:
« Prince trop prodigue de tes jours, ton courage te perdra ; tu es sans pitié pour ce lendre enfant et pour moi, ta malheureuse épouse, qui dans peu serai ta veuve ;car les tirées réuniront tous leurs efforts pour Tarracher bientôt la vie. Dieux! ri je dois être abandonnéede toi, il vaut mieux que je descende dans le tombeau ; U ne me reste point d'autre consolation après ton trépas, et je n'aurai pour partage que la douleur et le deuil Je ïTai plus ni mon père ni ma mère. Le terrible Achille ravit le jour à mon père lorsqu'il ravagea Thèhes aux hautes portes et si peuplée, Hector, je retrouve en toi et mon père, et ma mère, et mes frères; car lu es mon tendre époux. Prends donc piliê de moi, et demeure ici devant cette tour, si tu ne veux laisser ta femme veuve et ton fils orphelin. Arrête les troupes au près du figuier sauvage, c'estla place où l'on peut lepîus aisément escalader nos murs,Chère épouse, répondit Hector, je partage vivementtes alarmes;mais je ne pris penser sans frémir aux reproches desTroyeus et des généreuses Troyennes, si, comme un lâche, je metenaisà fécart pour éviter le combat ; et mon courage me prescrit ^ne autre loi. J'appris à mépriser toujours les périls, et à combattre à latètedesTroyens pour soutenir la gloire écialante de mon père et la mienne. Je le sais cependant, lîîbn rnenacc de périr un jour avec Priant et le peuple de &eroi dont la lance fuis* longtemps redoutée, et dans cc malheur j’éprouverais des regrets moins douloureux pour la destinée des Troyens, et même dTlccube, du roi Priam et