SUR LE TRAVAIL ET LES TRAVAILLEURS
sympathie; Ulysse, lut-môme, est charpentier, menûfeîer, ébéniste; il a construit le vaisseau sur lequel il s'éloigne de Pile de Calypso; le lit sur lequel il reposait à côté de Pénélope est un travail de ses mains. Il sait se servir de l'équerre, du niveau, de la [arrière, de la scie et du rabot. Son vieux père lui-même, le brave Laërte, s'occupe dans les champs à bêcher et sarcler.
Prenons ça et là dans les œuvres d'Homère quelques-unes de ses paroles relatives au travail et aux travailleurs, elles nous feront connaître qu’ils étaient aimés, considérés.
« Mêrion, dît Homère , porte un coup mortel à « Phéréclus, fils d'Harmon, cet artisan qui, rem- « pli d’industrie, formait de ses maths les ouvrages « tes plus variés ; il était chéri de Minerve, »
Tychitis l'armurier, et Icmalius le faiseur de chaises, reçoivent mômes louanges. Les travailleurs ne sont pas oubliés de Pbistoire et Minerve les chérit.
Bans une comparaison où il est question de Diomède, Homère dit :
« 0 parcourait la plaine avec fureur, semblable h " 1111 fleuve débordé qu’ont enflé les torrents, et qui «arrache les ponts dans son cours impétueux; les
* ponts les plus solides ne peuvent lui résister; les
* ^gues élevées, défenses des vertes campagnes, ne
* l'arrêtent point.,.* avec lui sont entraînés les ri- " ches travaux d'une jeunesse laborieuse. »
En parlant des travaux, on nous parie aussi de la jeunesse laborieuse qui les a construits, et cette jeunesse ne paraît pas être une troupe d’esclaves.
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GRECS
maïs un essaim d'hommes libres, de jeunes compagnons.
Il est question ailleurs du palais de Pàris, dont « i ordonna lui-même 3a belle architecture, et qu'élevèrent les plus habiles artisans qu'il y eût ctfor? dans fopulente Troie * » Ce mitaient point encore Jà des esclaves*
Homère dit : « l'art est plus exile aux cim* « rentiers que là force. » Ainsi il ne réduitpaslf travail de T artisan en un simple travail mécanique, comme on le fît plus tard.
Dans ses comparaisons, Homère aime à faire intervenir le travail et les travailleurs, ainsi que les instruments dont ils font usage. Citons :
« Les Grecs, malgré leur valeur, ne peuvent rfr « pousser les Lydiens, maîtres du mur* Mais,tel* « que deux villageois qui, la toise h la main, côdif testent leurs limites à l'extrémité commune de « leurs champs, et s'opiniâtrent dans un espae* <t étroit a ne pas se céder un pouce de terre, lels * les assiégeants et les assiégés se disputent le Ici* « raîn* »
Et ailleurs :
« Assaillants et défenseurs. Us sont accablés defr « tigue et tout souillés de sang, de sueur ei « poussière* Comme par depénibîes efforts, un grain- « nombre d'hommes robuste s préparent la forte peau « d'un énorme taureau, inondée d'huile éclatante; « placés en cercle, chacun la tire à soi, l'eau en dis* « tille, l'essence huileuse pénètre, et la vaste « s'étend de toute part : ainsi les deux partis, dafê