‹ Histoire démocratique des peuples anciens et modernesChapitre 3 sur 45 · TRIBUS ES COMMUNAUTÉ · texte numérisé non relu

TRIBUS ES COMMUNAUTÉ

les habitants vivaient en communauté* « Le climat y est très tempéré, dit-il, parce que Ffle est située sous la ligne équinoxiale ; les habitants ne souffrent ni de trop de chaleur ni de trop de froid. Iï y règne un automne perpétuel. Les jours sont constamment égaux aux nuits, et à mîdî les objets ne jettent point d’ombre, parce que le soleil se trouve alors perpendiculairement sur leur tête.

« Les habitants sont distribués en familles ou en tribus, dont chacune ne se composé que de quatre cents personnes au plus. Us vivent dans les prairies ou ils trouvent tout ce qui est nécessaire à l'entretien de la vie, car la bonté du sol et la température du climat produisent plus de fruits qu'il ne leur en faut.

« Le mariage n'est point en usage parmi eux; les femmes et les enfants sont entretenus et élevés à frais communs avec une égale affection. Les enfants encore à la mamelle sont souvent changes de nourrice, afin que les mères ne reconnaissent pas ceux qui leur appartiennent. Comme il ne peut y avoir nî jalousie ni ambition , les habitants vivent entre eux dans la plus parfaite harmonie. »

Que notre auteur ait puisé son récit dans des relations de voyages, dans les rêves de Platon ou ailleurs, nous l'avons soumis à nos lecteurs, et nous n'avons pas ù le discuter.

IchthyupUuïU'ii s peuplndc niiuvei^t.

Laissons Diodore nous peindre la vie des Ichthyophàges , Éthyopïens des plus sauvages :

10 ETHIOPIENS

« Quelques-uns de ces barbares, dit-il, vivent absolument nus; ils ont en commun leurs troupeaux ainsi que leurs femmes et leurs enfants, n'éprouvant d’autres sentiments que celui du plaisir et de la douleur; ils mont aucune idée de l'honnête et du beau; leurs habitations sont établies dans le voisinage de la mer, dans des rochers remplis de cavernes, de précipices et de défilés, communiquant nôtre eux par des passages tortueux. Ils ont tiré parti de ces dispositions de la côte, en fermant avec des quartiers de roches toutes les issues de leurs cavernes, dans lesquelles les poissons sont pris comme dans un filet. Car, à 3a marée montante, qui arrive deux fois par jour, ordinairement h la troisième et à la neuvième heure , la mer recouvre tous les rochers de la côte, et les flots portent avec eux une immense quantité de poissons de toute espèce qui s'arrêtent sur le rivage, et s’engagent dans les cavités des rochers, ou ils sont attirés par l'appât de la nourriture. Mais au moment de la marée basse, lorsque l'eau $c retire des interstices et des crevasses des pierres, les poissons y restent emprisonnés ; alors tous les habitants se rassemblent sur le rivage avec leurs femmes et leurs enfants comme s'ils étaient appelés par un ordre émané d'un seul chef ; se divisant ensuite en plusieurs bandes, chacun court vers T espace qui lui appartient en poussant de grands cris, comme les chasseurs lorsqu’ils aperçoivent leur proie. Les femmes et les enfants prennent les poissons les plus petits et les plus proches du bord, elles jettent sur le sable; les

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