PE I PL AD ES SAUVAGES
individus plus robustes se saisissent des poissons plus grands. La vague rejette non seulement des homars, des murènes et des chiens de mer, mais encore des phoques et beaucoup d’autres animaux étrangers et inconnus. Ignorant la fabrication des armes, les habitants les tuent avec des cornes de bouc aiguës, et les coupent en morceaux avec des pierres tranchantes. C’est ainsi que le besoin est le premier maître, de l’homme ; il lui enseigne ü tirer de toutes les circonstances îe meilleur parti.
« Quand ils ont ramassé un assez grand nombre de poissons, ils les emportent et les font griller suides pierres exposées au soleil, La chaleur est si excessive qu’ils les retournent après un court intervalle, et les prenant ensuite par la queue, ils en secouent les chairs qui, amolïcs par le soleil, se détachent facilement des arêtes. Ces dernières, jetées en un grand tas, sont réservées h des usages dont nous parlerons plus loin. Quant aux chairs ainsi détachées, ils les mettent sur une pierre lisse, les foulent sous les pieds pendant un temps suflisant, en y mêlant le fruit du paliums (espèce de nerprun) ; ils forment une pâte colorée avec ce fruit, qui paraît en même temps servir d’assaisonnement; enfin, ils (ont de cette pâte bien pétrie des gâteaux sous forme de briques oblongues, qu’ils font convenablement secher au soleil. Ils prennent leurs repas en mangeant de ces gâteaux, non point en proportion déterminée par le poids et la mesure, mais autant que chacun en veut, n’ayant dans leurs jouissances^ d autres mesures que celles de ['appétit naturel.
ÉritiûPiEîVS.
Leurs provisions se trouvent toujours toutes prêtes et Neptune leur tient lieu de Gérés, tf Cependant il arrive quelquefois que ïa mer roule ses Ilots sur les bords, qu'elle couvre pendant plusieurs jours, en sorte que personne ne peut en approcher. Comme ils manquent alors de vivres, ils commencent par ramasser des coquillages dont quelques-uns pèsent jusqu a quatre mines f plus d’un kilogramme et demi) ; ils en cassent la coquille avec de grosses pierres et eu mangent la chair crue, d’un goût semblable h. celle des huîtres. Ainsi, lorsque la continuité des vents fait enfler la mer pendant longtemps, et s'oppose à ta pêche ordinaire, les habitants ont, comme nous venons de le dire, recours aux coquillages. Mais lorsque cette nourriture vient il manquer, ils ont recours aux arêtes amoncelées; ils choisissent les plus succulentes, les divisent dans leurs articulations et les écrasent sous leurs dents; quanta celles qui soin trop dures, ils les broient préalablement avec des pierres et les mangent comme des bêtes féroces dans leurs tanières. C'est ainsi qu'ils savent se ménager une provision d'aliments secs,
« LesTcHTHVOPHAGES tirent de ta mer des avantages extraordinaires et incroyables Jls se livrent il la pêche quatre jours de suite, et passent leur temps dans de joyeux festins, en s'égayant par des chants sans rhythme. Fuis, pour perpétuer leur race, ils vont se joindre aux premières femmes que le hasard ! *ur offre : ils sont libres de tout souci, puisque 3.air nourriture est toujours toute prête* Le du-