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un vaisseau de quarante-huit canons et deux bn, pantins, avec 400 hommes. Villebon, incapab e de résister à cette force, voulut du moins faire mine de se défendre. Il envoya à l’embouchure de la rivière un détachement de Français etd Abenakis, afin de pouvoir être averti à temps de la descente de l’ennemi. Les Anglais, croyant ce détachement fort considérable, n’osèrent l’attaquer, et se retireren ( ).
Ce coup manqué chagrina Phipps ; mais il eut bientôt l’occasion de s’en console. Les Anglais avaient depuis peu rétabli le fort Pemaquid et incommodaient beaucoup les Abénakis de ce canton Vi lebon représenta au Comte de Frontenac quil était nécessaire de les chasser pour toujours de ce poste
Le gouverneur, comprenant l’importance de ce projet,
envoya aussitôt d’Iberville, pour se joindre au commandant de l’Acadie, et s’emparer de Pemaquid Villebon devait marcher avec les Abenakis contre fort, et d’Iberville, l’attaquer par mer.
Les Anglais, ayant été informé de ce projet, se préparèrent à la défense. D’Iberville trouva donc Icfort en état de faire une vigoureuse resistance et n s’engager dans un combat dans un endroit quilne connaissait pas, pareequ’il «’avait pas de ptlote. On abandonna donc le projet de s’empa*. du for . Le, Abénakis, accourus en grand nombre avec lespotr d’être bientôt délivrés d’un voisinage qm le, mcom-
(I) Le P. de Charlevoix. Hist. Gén. de la N. Frrance. Vol. III 176, I7T.
DES ABENAKIS.
modait, retournèrent sans avoir rien fait, ce qui les mécontenta beaucoup (1).
Le Comte de Frontenac fut bientôt informé qu’on préparait secrètement en Angleterre une flotte considérable pour la conquête du Canada, mais qu’on allait lui envoyer de France les secours nécessaires pour se défendre. Alors, il députa quelques Abénakis en Acadie pour avertir leurs frères de ce pays de se tenir prêts à venir au secours du Canada, s’il était nécessaire, et leur recommander d’épier avec soin tout ce qui se passerait à Boston, relativement à la guerre projetée, pour l’en informer. Ces sauvages lui répondirent qu’il pouvait, comme par le passé, compter sur eux, et qu’ils seraient toujours prêts à aller à son secours.
La flotte anglaise, destinée à s’emparer de Québec, fut mise sous le commandement de Francis Wheeler5 et partit d’Angleterre au commencement de l’hiver 1692-1693. Wheeler se rendit d’abord à la Martinique, où il fut défait. De là, il fit voile vers la Nouvelle- Angleterre. Bientôt, les fièvres jaunes éclatèrent dans ses vaisseaux, et lorsqu’il arriva à Boston, il avait déjà perdu 1,300 matelots et 1,800 soldats. Les Anglais furent alors forcés d’abandonner leur projet de s’emparer de Québec.
Pendant que cette flotte était en route pour venir attaquer le Canada, le Comte de Frontenac préparait une expédition pour aller punir les Iroquois des déprédations qu’ils avaient faites dans le pays, dans le cours
(l)Le P. do Charlevoix, Hist. Gén. delà N. France. Vol. IIP
de l’été précédent. Une troupe de 600 hommcsj Canadiens, Abénakis, Hurons, Algonquins et Iroquois du Saut, fut mise sur pied. Cette petite armée partit de Montréal, le 25 Janvier 1693, pénétra dans les cantons, tua un grand nombre d’Iroquois, fit environ 300 prisonniers et incendia trois villages. Dans sa retraite vers le Canada, elle fut attaquée par un détachement de troupes anglaises, qui lui enleva quelques uns de ses prisonniers iroquois (1).
Dans le même temps, quelques Abénakis de 1 Acadie, intimidés par les menaces des Anglais, consentirent à faire un traité de paix avec eux (2). Mais ils regrettèrent aussitôt cette faiblesse, et quelques mois après, pour rompre ce traité, qui leur avait été arraché par ruse, ils allèrent, sous le commandement de M. de Jullieu, attaquer un village anglais, sur la rivière Oyster, New-Hampshire, et le détruisirent complètement. Quatre-vingt-dix Anglais furent tués et un grand nombre faits prisonniers.
Ces Abénakis avaient alors deux Chefs fort remarquables, dont l’un était nommé Madaôdo(3) et l’autre Taksus (4). Le premier se distingua beaucoup en cette occasion. Le second, déjà célèbre par sa bravoure et son attachement aux Français, fit un acte héroïque. Aussitôt après le destruction du village anglais, il
(1) I>e P. de Chaalevoix. Hist. Gén. de la N. France. Vol. III.
^Bancroft. Hist, of the ü. S. Vol. II. 833-H. Tbrumhull. Hist, of the Indian Wars. 100, 101*
(2) Bancroft. Hist, of the ü. S. Vol. II. 831.
(3) Ce mot signifiait autrefois un “ Esprit.”
(4) De “ Taksôn”, broyer, qui broie.
DES ABENAKIS*
choisit quarante hommes des plus braves de sa troupe, et, anrès trois jours de marche, alla attaquer en plein jour un fort près de Boston. Dans le rude combat qui s’en suivit, il vit tomber deux de ses neveux à ses côtés, et reçut lui-même douze balles dans ses habits. Il réussit à s’emparer de ce fort, et alla ensuite faire des ravages jusqu’aux portes de Boston (1).
Après l’excursion de la rivière Oyster, un Abénakis partit de la rivière Piscataqua, et vint offrir au Comte de Frontenac la chevelure d’un Anglais, comme té moignage de la fidélité de ses frères à l’égard des Français, et du repentir de la faute qu’ils avaient commise (2).
Les Anglais essayèrent encore à attirer les Abénakis vers eux, employant tour à tour menaces et promesses pour y réussir. Mais tout fut inutile, et les sauvages persévérèrent dans leur fidélité à l’égard des Français.
En 1695, sept Abénakis furent faits prisonniers à Pemaquid. Trois d’eux furent conduits à Boston et jetés dans les fers, et les quatre autres furent massacrés en chemin. Les Abénakis reclamèrent leurs frères. On leur répondit par des reproches et des menaces. Les sauvages répliquèrent sur le même ton. Lorsqu’ils apprirent qu’on avait massacré quatre
(1) Le P. de Charlevoix. Hist. Gén. de la N. Franee. Vol. 111. 212, 213.
(2) Le P. de Charlevoix. Hist. Gén. de la N. France. Vol. 111.
Bancroft. Hist, of the U. S. Vol.jll. 831.