‹ Histoire des Actes des apotresChapitre 13 sur 81 · Q"> cum · texte numérisé non relu

Q"> cum

amlissent , unanimiler lev.iverunt vocem ad Deiim, et dixerunt : Domine , tu es qui fccisti cœlura et terrain, et inare , et omnia qiix in eis siint ; 25. Qui SpiriiM Sancto , per ospatris nos-

tout ce que les princes des prêtres et les anciens leur avaient dit « pour les forcer au )) silence. Une plus grande e' preuve rendait >i nécessaire une grâce plus forte. » C'est pourquoi les frères les ayant entendus , ils élevèrent tous la voix dans un même esprit, et dirent à Dieu (i) : Seigneur, c'est vous qui avez fait le ciel et la terre , la mer et tout ce qu'ils contiennent. C'est vous qui avez dit par le Saint-Esprit , parlant par la bouche de notre père David (2) votre serviteur :

(1) Suivant le texte ^ tous élevèrent la voix, tous dirent la même prière. Donc cette prière leur fut inspirée; car, s'il n'y avait pas eu d^inspiration^ilyauraiteu delà différence , au moins dans les expressions.

(2) Il paraît que les Juifs , lorsqu'ils parlaient de David, étaient dans l'usage de l'appeler notre père. Saint Pierre, dans son premier discours , l'appelle \e patriarche David , ce qui signifie la même chose. On peut se souvenir encore que lorsque Jésus-Christ fit sou entrée triomphante à Jérusalem , le peuple disait : Béni soit le règne de notre père David. Il pouvait être effectivement le père , au moins de la plupart de ceux de la tribu de Juda. Cette conjecture n'est pas sans vraisemblance. David avait eu grand nombre d'enfans. Ses descendans, surtout les rois qui avaient plusieurs femmes , avaient eu aussi beaucoup d'enfans. Tandis que les mâles se multipliaient , les filles , par les alliances, entraient dans les autres famdles, oii elles portaient le sang de David. Il a donc bien pu se faire, après mille ans , que la totalité de la tribu de Jiida descendît de David, tant par les filles que par les garçons ; ce qui aura introduit l'usage universel de fappeler notre père David.

Pourquoi les nations se sont-elles émues, pourquoi les peuples ont-ils formé de vains projets ? Les rois de la terre se sont élevés , et les princes ont conspiré contre le Seigneur et centre son Christ. Car, en effet, Ilérode et Ponce-Pilate (i), avec les gentils et les peuples d'Israël , ont conspiré dans celte ville contre votre saint fils Jésus , pour accomplir les choses dont l'exécution a été déterminée par votre puissance et par vos desseins (2). A présent donc, Seigneur, considérez leurs menaces ; et donnez à vos serviteurs d'annoncer votre parole avec une entière assurance (3), étendant votre main pour opérer des guérisons , des miracles et des prodiges par le nom de votre saint fils Jésus.

(i) Hérode n'était pas entré dans la coiispiration. Ce fut par une espèce de hasard que Jésus-Gbrist lui fut envoyé, et il ne désiiait point sa mort, comme il pai'aît par ce mot de Pilate : (( Il ( Hérode ) ne lui a rien fait <( qui donne lieu de croire qu'il Pait jugé digne de mort. » Ce prince n'avait donc pas conspiré, à proprement pai'ler; mais il avait concouru à la passion du Sauveur , par l'outrage sanglant qu'il lui fît. La dérision est associée à l'homicide , et le moqueur sera puni comme le persécuteur.

(2) La malice des Juifs fut la cause prochaine des souffrances de Jésus-Christ. Les souffrances de Jésus- Christ furent l'effet de cette malice : Dieu a voulu et déterminé les souffrances qui furent l'effet ; et non la malice qui fut la cause. On a déjà fait celte remarque plus haut.

(3) Ils ne demandent pas à Dieu la fin de la persé-

tri David , pueri lui, (lixisti :Quare frerauerunt gcntes , et popiili meditati simt inania? 26. Aslilerunt reges terrœ , et principes conveneriint in unutn adversus Dominiim et adversus Chrislutn ejus? 27, Conveneriint enim vero in civitate ista adversus sanc— tu m puerum tuum Jesum , quem unxisti , Herodes, et Pontius Pilatus, cumgen- , tibus et populis Israël , 28, Facere qua: manus tna et consilium tnura decreverunt fieri. 29. Et nunc , Domine , respice in minas eorum, et da servis tuiscum omni liducia loqui verbum tuum. 3o.In eo quod nianiun tuam extendasad sanitates , et signa et prodigia fieri per nomen sancti filii tui Jesu.

3i. Et cutn o- « Le Tout- Puissant entendit cette prière,

rascent , motus i • a •. r ' t vi

est locus in qno ^^ ^^^^ liii-menie avait torniee. » Lors<]u ils

erant congrega- l'eurent achevéc , le lieu où ils étaient asti et rppleti suut ' ^

omiKs Spirihi sembles trembla; ils furent tous (i) remplis

queba!i tu/ ver- ^^ Saint- Esprit (3), et ils annonçaient la

bum Dei cnm fi- parole de Dieu avec assurance. Les apôtres

ducia 32 MiiUi- ^ . , /

tudiijii. uuiein « suitout » rendaient un puissant témoignage

cor imum™ eYà- ^^ ^'^ résurrcclion de notre Seigneur Jésus-

nima nna : nec Clirist.

quisquam eorum r\ \ l'ii r»iM .,.

quœ possidebat Or la multitudc des fidelcs , « qui étaient

'.St'rr'Jnt » ^^éià en grand nombre, » n'avait qu'un

cebat ; sed erant i o ' ^

iiiis omnia com. cœur et qu'uue âme. « Il ne faut pas s'en

raunia. 33. Et , \i ■> •\ •

rirtute magna ^> etonner : » aucun d eux ne s attribuait

cution, mais le courage de l'affronter. Ils oublient leur propre sûreté , ils ne pensent qu'à sa gloire. Cette prière renferme un acte d'amour de Dieu de la plus haute perfection. Les cœurs embrasés de ce feu sacré en font ainsi sans nombre , on ose dire , sans presque y penser.

(i) Ce fut par ce tremblement que le Saint-Esprit rendit sensible sa présence, comme il l'avait rendue sensible dans le cénacle par le vent impétueux et par les langues de feu.

(2) Ils avaient tous été remplis du vSaint -Esprit le jour de la Pentecôte. Ils en reçoivent en ce jour une nouvelle plénitude, et le surcroît de grâces nécessaires pour soutenir l'effort de Ja persécution qui venait d'éclater. On n'a pas toujours la grâce actuelle nécessaire pour résister à quelque tentation que ce soit. Mais si on la demande, comme firent les apôtres, ou l'aura au moment de la tentation ; et l'on éprouvera la vérité de cette parole de saint Paul : Dieu est fidèle. Il ne souffrira ■pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces ; mais, avec la Sentation, il vous donnera un surcroît de forces, afin que vous puissiez la soutenir, i Cor. , 10. r 3.

illos.

comme propre ce qu'il possédait ; mais ils reddebant apos-

... 1 / \ T • toli testimoniuta

avaient toutes choses en commun (i). La grâce ,-es.irrectionis était grande dans eux tous (2) : car personne •^'■?". cimsti Do-

*-' ^ ■'■''■ . niini n')5li-i : et

— ■ gratia tnagna e—

(il Cette communauté de biens est. comme on l'a ^^^ in omnibus

■>■ !.,!,, Cl , ■' ill's 34. Neque

dit , le modèle de la plus partaite de toutes les socie- ^,jjj,q quisquam

tés. Saint Jérôme croit que saint Marc l'établit à Alexan- «"gêna eiat inter drie. Du reste il ne paraît pas que les apôtres aient réussi à l'établir ailleurs , ni même qu'ils l'aient tenté. Apparemment que l'entreprise ne leur parut point praticable. Dieu , qui n'appelle pas tous les hommes à la même perfection , voulut sans doute que ce fut là le caractère distinctif de la première de toutes les églises. Elle en fut plus chère et plus vénérable aux autres églises , qui ne l'imitèrent pas eu ce point. L'argent manqua, ou il n'y avait plus de fonds qui rapportassent; et ceux parmi lesquels il n'y avait d'abord aucun pauvre, devinrent tous pauvres. Alors les autres Eglises se firent un devoir de religion d'assister ces pauvres volontaires. ISous l'apprenons des épitres de saint Paul qui exposait les besoins, et qui s'olfrait à porter les aumônes. I. Cor. XVI. 3. Ainsi on regagnait par la charité une partie du mérite que les premiers avaient acquis par un entier détachement et par un dépouillement universel.

Il était de Phonneur de la religion qu'il y eût toujours dans l'Église des sectateurs d'un genre de vie si parfait. Tels sont les religieux , chez qui personne ne s'attribue rien comme lui étant propre , et oii tous les biens possédés en commun se distribuent à chacun selon son besoin. Ils ressemblent aux premiers chrétiens de Jérusalem. Imitons les fidèles de Corinthe, en assistant ceux de ces pauvres évangéliques , qui , ne possédant point de fonds, même en commun, ne peuvent plus subsister que du produit des nôtres.

(2) Une grande grâce produisait en eux cette grande charité. Ou bien , ils se rendaient gracieux , c'est -a.-.

44 HISTQinE DES x\CTES

Qnoîrjiiot eriiin n'ér.alt pauvre parmi eux parceque Lcus ceux rum aut domo- q"» avaient des héritages ou des maisons, rum erant. ven- ^pj-ès les avoiF vcnûus , CH apportaient l'ar-

il p n t <* s 3 fFc r c "■

tant pretia eo- gent, ct Ic mettaient aux pieds des apôtres;

bant?35 eT'po- ^^ OU le distribuait à chacun, selon qu'il

neb.int ante pe- en avait bcsoin. Ainsi Joseph , que les apodes apostoiomm. , 1 ' / \ f -) > !•

JDividebatiir au- tfcs sumommerent Barnabe (i) ( cest-a-dire ten, singni.s pro- f ^ ^^ consolatiou ) , qui était lévite et

ut ciiiqiie optis / ' u

erat. 36 Joseph de l'île de Chypre, vendit un champ qu'il

autem qui cogno- . ii y\ •

minatiis est Bar- avait , et en apporta 1 argent, qui! mit aux

rabas ab aposto- '^^ ^^^ apôtreS.

Jis (qiiod est in- r i

terpretatnm fi- ^

lins coiisolatio—

ms), lévites, Cy- jjj,g agi'éables à tout le peuple, comme il a été déjà

pruis génère, 07. ^ . . . ,

Cum haberet a- dit. On peut choisir entre ces deux sens.

grum , vendidit (i) Parmi le grand nombre de ceux qui firent un

„. ' . pareil sacrifice, saint Barnabe est le seul qui soit nom-

pretiutn , et po- 1 ' »

suit ante pedes mé. Entre autres raisons de cette préférence, on peut apostolorum. l'attribuer au ministère éclatant auquel il était destiné.

Son entrée dans l'Eglise devait être plus remarquée , parcequ'elle fut son entrée dans l'apostolat. Il y parvint comme les autres apôtres, en quittant tout pour suivre Jésus-Christ. On se souvient du jeune homme à qui Jésus-Christ avait dit : Allez , vendez tout ce que vous avez , et le donnez aux pauvres... ; venez ensuite ct suivez-moi. Matt. , xix. 2 1 . Ce dernier mot , dans !« langage ordinaire du Sauveur , exprimait la vocation au ministère apostolique ; celui-ci n'en voidut pas à ce prix. Saint Barnabe remplit la condition , et prit sa place; car il est croyable que ce fut à lui que Dieu transporta la grâce que le premier avait refusée, comme il avait transporté à saint îlathias celle dont Judas était déchu par son crime.

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