Locntiis est aulein ei Deus
Quia erit seinen ejiis accola in terra aliéna , et servituti eos subjicient, et maie tractabiuit eos annis quadringentis. 7. Et gentem cui servierint , jndicabo ego , dixit Dominus, et posl haîc exibunt , et servient mi!ii ia loço isto.
fJO HISTOIRE DES ACTES
mit en possession d'aucun fonds, pas même d'un pied de terre ; mais il promit de lui en donner la propriété, et à sesdescendans après lui , quoique Abraham n'eut point encore de fils (i). Dieu lui dit ensuite que sa postérité habiterait une terre étrangère , qu'elle serait mise en servitude , qu'on la maltraiterait, (( et que tout cela durerait » l'espace de quatre cents ans ( 2 ). Et moi , dit le
(i) Abraham a bien mérite d'être appelé' le père des croyans , et rien de plus juste que ce mot de saint Paul : // a cru à l' espérance contre l'espérance ( Rom, iv. ) Car il crut qu'il aurait un fils de Sara lorsque l'âge les avait mis l'un et l'autre hors d'état d'avoir des enfans ; il crut que de ce fils il lui naîtrait une postérité innombrable, quoiqu'il eût déjà le bras levé pour l'immoler, et qn il ne doutât pas que le sacrifice ne dût être consommé; il crut que le pays où il ne possédait pas un pied de terre serait tout entier l'héritage de ses defjcendaus ; et , obligé de croire que sa postérité en ferait la conquête, il lui fallut croire encore qu'elle serait auparavant errante et esclave pendant quatre siècles. L'homme est tellement dominé par les sens, que rien ne lui paraît plus incroyable que ce qui a contre soi toutes les apparences sensibles ; et l'on peut dire en ce sens que ce que crut Abraham était plus difficile à croire que le mystère de la Trinité. Zacharic , qui ne douta pas du mystère de l'Incarnation, douta d'abord que de lui et de sa femme avancés en âge, et jusqu'alors stériles, il pût lui naître un fils.
(2) Saint Etienne dit quatre cents aus. Moïse ( Exod. XII. 4Q' ) ^î saint Paul, ( Gai. ui. 17, ) disent quatre cent trente ans. Ceux-ci comptent depuis le voyage qu'Abraham fit en Egypte , lorsque la famine l'pbUgea à aller chercher des vivres hor? du pays cle Chanaan ^
Seigneur, je jugerai la nation qui les aura asservis; et après cela ils sortiront et me serviront dans ce lieu-ci.
Ensuite il lui donna l'alliance de la circoncision ; et ainsi Abraham engendra Isaac , et le circoncit le huitième jour. Isaac engendra Jacob, et Jacob les douze patriarches. Ceuxci, par jalousie, vendirent Joseph « pour être » mené ■)> en Egypte ; mais Dieu était avec lui, et le délivra de toutes ses épreuves. Il lui donna la sagesse qui lui fit trouver grâce devant Pharaon , roi d'Egypte j qui lui confia le gouvernement de l'Egypte et la surintendance de toute sa maison.
Or il survint une famine dans toute l'Egypte et dans tout le pays de Chanaan , et la misère fut extrême ; de sorte que nos pères ne trouvaient pas de quoi vivre. Jacub ayant appris qu'il y avait du blé eu iî^gypte , y envoya nos pères i»our la première fois; et, au second voyage, Joseph fut reconnu de ses frères, et Pharaon sut quelle était sa famille. Cependant Joseph envoya quérir son père Jacob avec toute sa famille , qui faisait en tout soixante-quinze personnes ( i ). Ainsi Jacob
saint Etienne compte depuis la naissance d'Isaac, par qui commence la postérité d'Abraham , laquelle fait tout l'objet de (.litte prophétie.
(i) Moïse en compte soixante-dix, en y comprenant Jacob, Joseph, et ceux de ses enfans qui étaient nés en Egypte. Les Septante disent , couimc saint Etienne , soixante-quinze ; sans y comprendre Jacob, ni Joseph,
8. Et dedil illi teSr tamentura circumcisionis i et sic gemiit Isaac , et circumcidil élira die octavo : et Isaao, Jacob : et Jacob, duodecim patriarcLas.
g. Et jiatriarchae (eraulanles , Joseph veudiderunt in jEgyptiim, eteratOcus i;um eo : 10. Et ertpnit eum ex omnilsus liibulationibus ejusr et dédit ei gratiam et sapicntiam iii conspeclii l'iiaraoïiis reçois jEgypti , >,'l consUtiiit eiim pra^poïHum sujicr .î'.gypti'.m ,' et si^per omueni domum suam.
11. Vciiit autem famés in nniveisam jEgyplum et CUauaau, et trilnilal io mat;a3 : et noi: invcnieliant eilxis patres nostri. n. Cum aiiilisset autera Jacob ifSSe frnmcntnm in jî^gypto : misit patres iiostros primura : !.'•. !..t in secundo cognitus est Joseph a fra tribus suis , et manit'pstatum esl Pharaon i genusejiis. i4. Mittens autem Joseph accersivit Jacob pHlrem suuui , et ODinem cognationeiti suani in auimabns septuagiiita quin(jue. i5. Et descendit Jacob in
j-.gyrhimctdefmic- aUa en Egypte, où il mourut, lui et nos
tui ost jpse, el pa- <->J L ■> t
ilausrtfsuni'^nsi- pèrcs. Dc là OU Ics porta (i) à Sichera, et ?n'"repuicTo'''quoa ^H Ics mit (laHS le tora}3eau qu'Abraham avait
«mil Abraham pie- 1 i. ' ^ * J? i J C HTl '
tio a.genti a fiUis aclietc a prix Q argent des euians cl Hemor
Hemoi- filii SIcbcra. -., -, ri* i / \
lils de ÎMcliem ( 2 ).
avec ses enfaiis ; mais il est plus que probable qu'ils y comprennent les femmes des patriarches fils de Jacob, lesquelles passèrent eu Egypte avec leurs maris. Suivant ces diflérentes manières de compter , tous les nombres sont exacts, et il n'y a nulle contradiction.
(i) On lesjiorta, les fils de Jacob, et non Jacob luimcme qui fid enseveli dans la double caverne qu'Abra- /lam avait achetée avec le champ attenant, d'Ephron Météen , pour lui servir de sépulcre. Gen., l. Il n'est parlé dans l'Ancien Testament que du transport des ossemens de Joseph ; cependant il est certain que les corps de tons ses frères furent aussi apportés, et qu'ils furent pareiLicment inhumés à Sichem ; saint Etienne le dit trop expressément pour qu'il soit pei'mis d'en douter. La tradition en était ct^nsîante chez les Juifs , et saint Jérôme dit avoir vu à Sichem les tombeaux des douze patriarches, qu'on y montrait encore de sou tems.
(2) Ce n'est pas à Sichem, c'est auj^rès dHébron, et vis-à-vis Mambré, qu'Abraham acheta le sépulcre où il fut enterré, et où le furent après lui Isaac et Jacob, comme on vient de le dire. Cependant nous ne lisons point dans la Genèse qu'Abraham ait acheté un chanip à Sichem. Non; mais nous y lisons 1° que Jacob acheta une partie d'un champ des enfans d'Héraor , père de Sichem , et qu'il y érigea un autel ( Gen, xxm ) ; 1° qu'Abraham passa par Sichera, et quil y érigea un autel. ( Gen, XII et xm. ) A présent on n'a qu'à supposer qu'Abraham avait acheté, comme le fit Jacob, la place où il érigea Tautel à Sichem , et saint Etienne ne sera
Comme le teins apDroclialt où devait s'ac- i7.€umautemaï»-
•'.A ^ propinquaiel tqra-
complir la promesse crue Dieu avait faite so- i'"' r^omissionis ,
FI 1 c]uara conlcssus erat
leiinellement à Abraham, le peuple s'accrut vu"popxu'utre'i mut et se multiplia dans l'Egypte, jusqu'au règne g^ïto??». Quôâdi^l
a, , . . , . . Y 1 Mue surrcxit alius
un autre roi qui n avait point connu Joseph, rtx in ^gypto, qm
/~< 1 • ' 1, 77 ' ,^ "011 sciobat Joseph.
Ceiui-ci, usant a un barbare artiiice envers j9-i «'= circumve-
uiens i;enus nos-
notre nation, opprima nos pères, jusqu'à les tium,aftiixit paires
' f r X 'il. nostros , ut pxpone-
contraindre d'exposer leurs enfans, pour en "vifica^^rutur?"' ""^ faire périr la race.
En ce tems-là (i) naquit Moïse, qui a été oo.Eodemtem-
pore iiatus est
pas opposé k Moïse. Si l'on objecte qu'il n'est pas vraisemblable qu'Aljraham ait acheté toutes les places où il érigeait des autels , ou répond à cela que tout ce qu'il ne faisait poiut ordinairement, il a pu le faire une fois; et l'on conçoit que s'il y a eu des circonstances oii Aljra- Lam pouvait ériger un autel dans un champ sans être obligé d'en acheter le droit , il a pu s'en rencontrer d'autres où le propriétaire ne l'aurait pas souffert.
La vérité de l'Ecriture prise dans sa totabté est tout* à-fait indépendante de ces petites difficiûtés, soit qu'on vienne k bout de les résoudre^ soit qu'on n'y réussisse pas.
( i) Ici proprement commence l'apologie de saint Etienne. On a voulu en trouver le commencement dans ce qui précède; mais si l'on compare ce qu'il a dit avec ce dont on l'accusait, on verra qu'il n'a encore répondu k rien. A quoi sert donc ce long préambule ? On ne le voit pas bien clairement, et ce qu'on va dire là-dessus n'est qu'une conjecture. Ceux qui parlaient de religion dans les assemblées des Juifs commençaient par rappeler brièvement le commencement de leur histoire , comme la vocation d'Abraham , la délivrance de la servitude ^'Egypt<^> 1^ conquête du pays de Chanaan, etc. Cette méthode pouvait avoir d^ utilités que ce n'est pas ici
Moyses , et fuit agréable à Dieu. Il fut nourri pendant trois
gratus Deo , qui • i i • j »
nutriius est tri- ^1018 dans la Hiaison de son père ; ensuite , bus mensibns gya^t été exposé , la fille de Pharaon le prit et
in domo patris J ^ >■ ' ^ ^
sui. 21. txpo- l'éleva, comme si c'eût été son fils. On lui
sito aulem il- /». j ^ . i • j t^
lo, snstniit CUU3 "*^ apprendre toutes les sciences des Egypfiha pharaoDis, tJens , ct il était puissant en paroles et en
et mitrivit eutn .
sibiinfiiiiim ii. œuvrcs (i). Quaud.il eut quarante ans accom-
Et eruditns est t i ' i • • . j • '^ r >
Moyses omni sa- P^'^, la pcusec lui Vint de visiter ses ireres, pieutiauEgypiio- jgg eufaus d'Israël. Comme il vit qu'on en
rum , et erat po- *
tens in veibis ,
le lieu d'expliquer. C'était donc là leur exorde ordinaire . qu'ils conduisaient jusqu'au point particulier qu'ils voulaient traiter. Ce n'est ici , comme on l'a dit , qu'une conjecture j et ce qui en a fait naître l'idée , c'est qu'on voit [^vh. XIII ) la même méthode suivie par saint Paul. Il avait à prouver aux Juifs d'Antioche de Pisidie que Jésus-Christ était le véritable Messie. La preuve qu'il en donne ne commence qu'à l'endroit oii il parle d/" David, à qui Dieu avait promis que le Messie naîtrait de son sang : cependant il débute par un récit abiégé de l'histoire du peuple hébreu, dont il parcourt les principaux événemens , depuis la sortie d'Egypte jusqu'au choix que Dieu fit de David pour succéder à Saul, récit qui paraîtrait tout-à-fait superflu s'il n'avait pas été justifié par l'usage.
(i) On verra (?;. 35 ) que saint Etienne leur reproche d'avoir méconnu dans cette occasion la mission de Moïse; Il fallait donc que Dieu l'eût déjà attestée par quelque signe miraculeux qui obligeait à la l'econuaître. On ne lit pas cependant que Moïse eût fait encore un miracle ; mais l'Ecriture ne le fait-elle pas entendre , lorsqu'elle dit qu'il était déjà puissant en paroles et en œuvres , qui est la même façon de parler dont se sert saint Luc, auteur des xictes des apôtres, pour exprimer dans Jésus - Christ le pouvoir de faire des miracles. Luc ^ X5.iv, 19.
maltraitait un injustement, il prit sa défense, et în oprribus
et vengea par la mort de TE^ypticn (i) celui t^^^' impLietur
aui était maltraité. Or il pensait que ses frères ^' q.iadr;.ginta
T ^ ... . annoniiii lem—
comprenaient que Dieu se servirait de lui pour pus, ascf ndit ia
1 ,. ji • • "i 1 cor eins iit visi-
les tirer d oppression; mais ils re le cora- taret tVatressuos
prirent pas. Le lendemain il survint dans une '•'•'^^ Israël. 24.
querelle qu'ils eurent, et il voulut les accor- qnemdam inju-
der. Hommes, dit-il, vous êtes frères; pour- "JleCHi/Z':
quoi vous maltraitez- vous l'un l'autre? Mais etfeciniUioneta
celui qui maltraitait son irere repoussa iVloise , sustmebat, per-
en lui disant : Qui vous a établi notre prince 25''°i:xirtimabrt
et notre juge? Est-ce que vous voulez me auteminieiiigere
« 1- i,/-, . r, ri fratrcs , qnoniam
tuer , comme vous tuâtes hier 1 Egyptien { ôur d.'hs ner manum
cette parole Moïse s'enfuit, et se retira au ipsins.iaret saïu-
r ' tem illis : at ilu
pays de Madian , où il eut deux fils. non ïnteiiexe-
^ ^ ■> 15 ' ^ j c • runt aG.Sequen-
Ur quarante ans après, lange (2) du bei- ^ yero die ap-
(t) Il le tua légilimement, parcequ'il le tua par inspii'ation divine. C'est le seutiment de saint Augustin. On trouve dans l'Ancien Testament quelques inspirations de cette espèce , et il y aurait de l'irnpie'té à les nier ou à les improuvei'. La loi évangélique n'en reconnaît pas de semblables : si quelqu'un voulait y en admettre, il faudrait le renvoyer avec les fanatiques des Cévènes.
(2) Celui qui est appelé' ici l'ange du Seigneur est appelé le Seigneur au verset suivant. Cette différence a donné lieu à deux sentimens qui ont partagé les théologiens. Les uns ont cru que celui qui parlait à Moïse était le Fils de Dieu , qui est appelé par Isaïe l'ange du grand conseil. Plusieurs tiennent qui c'était un ange, lequel est appelé le Seigneur, parcequ'il représentait le Seigneur , et qu'il pailait en son nom. Le:: second sentiment est le plus suivi , et il paraît le plus vraisemblable. Dieu, dit saint Paul , qui autrefois par-
paruit illis litigautibns : et reconciliabat eos in pace . tlicens :
Yiii, flaires estis , ut qiiid nocetisaltcrutnim? 27 Qui aiitt-ui injurianifaciebat proximo lepulit eum(iicfns:Q>iis te con^liliiit
principeiu et )udicem sii|)<M-n<)s?
28. iNumqiid interficue oie tu vis, qneoiadmodum inleifecisti heii ^gyptium ?
29- Fijgit atiteoi Moyses in verbo isto : et factus est advena ia terra Madian , ubi generavil hlios duos 3o Et cxpletis aunis qiiadraginta , apparuit
gneur lui apparut au désert du mont Slna dans la flamme d'un buisson ardent. A cette vue il fut rempli d'admiration ; et comme il s'approchait pour le considérer , le Seigneur lui parla en ces termes : Je suis le Dieu de vos pères, le Dieu d'zibraliam, le Dieu d'isaac, le Dieu de Jacob. Mais Moïse tremblant n'osait plus le considérer. Alors le Seigneur lui dit : Otez vos souliers, car le lieu où vous êtes est une terre sainte. J'ai vu de mes yeux l'affliction de mon peuple qui est en Egypte : j'ai entendu leurs gémissemens , et je suis descendu ( i) pour les délivrer. Venez donc, que je vous envoie en Egypte. Ce Moïse qu'ils avaient renoncé en disant , Qui vous a établi prince et juge, ce fut lui pourtant que Dieu envoya en qualité de prince et de libérateur,
lait à nos pères par les prophètes en diverses rencontres et en diverses jnanières ^ nous a enfin parlé en ce tems-ci par son Fils, Hébr. i. Ces paroles ne semblent-elles pas donner à la loi évangéiique le pi-ivilége exclusif d'avoir été annoncée par le Fils en personne ?
( I ) Dieu par son immensité est toujours présent partout. Il ne peut donc ni descendre , ni monter , ni passer en aucune façon d'un lieu à un autre, puisqu'il resterait toujours dans le lieu qu'il quitterait, et qu'il serait déjà dans celui où il serait supposé se transporter. Ainsi lorsqu'il dit dans l'Écriture , je suis descendu ou je descendrai , cela veut dire que sa présence, qui n'est visible que dans le ciel , va être rendue sensible sur la terre par quelque trait signalé de justice ou de jui^éiicorde.
SOUS la conduite de l'ani>e qui lui apparut iiH in deseito
1 , , . „, I • • 1 p, .• naontis Siua an-
dans le buisson. G est lui qui les iit sortir, ^eius m igné en faisant des prodiges et des miracles en fla'nma;n.bi. 3i.
1 o Moysesautemvi-
Egypte^ dans la mer Rouge et au désert l'es- dens, admiraïus
j 1 /^î . 1 » T%/r •• est visum , et ac-
pace de quarante ans. L. est le même ivloise cedente iiio ut qui a dit aux enfans d'Israël (0: Dieu vous consideraret ,
^ . ^ ■^ facld est ad eum
suscitera d'entre vo& frères un prophète comme vox Domioi , dimoi. Ecoutez-le. C'est lui qui , lorsque le l^^^ '^^^^ p^ peuple était assemblé dans le désert, fut avec *"■"'" tuorum,
■*^ * . , ^ ' . , Ottis Abraham ,
l'ange qui lui parlait sur le mont Sina et a Deus isaaç . et
\ ■> L ^ ' ' 1.1 IJ liens Jacob. ïre-
nos pères; c'est lui qui reçut les paroles de ^,,,,,,i„s autem vie (2) pour nous les donner. Nos pères ne Moyscs, nonau-
, . . ^ débat considéra-
voulurent point lui obéir; et leurs cœurs s e- re. 33. Dixit au-
teui illi Domi~
( I ) En rappottaut rentretieu de Dieu avec Moise , saint Etienne avait fait assez entendre qu'il n'était pas opposé à Moïse , puisque par là il reconnaissait la divinité de sa mission. Cependant on aurait pu lui objecter que c'était renverser équivalemmeut sa législation que de lui substituer un autre législateur. Il répond à cette objection , ou plutôt il la prévient , en rapportant la prophétie de Moïse, qui annonçait uu autre législateur que lui , auquel Dieu ordonnait d'obéir , sous peine d'encourir ses vengeances. Ce n'était donc point parler contre Moïse que d'annoncer après lui et comme lui ce second législateur ; et rejeter celui-ci sans autre raison , c'était vouloir faire de Moïse un faux prophète.
(2) Z,es paroles de vie, c'est-à-dire la loi de Dieu qui procurait la vie à ses observateurs. Les uns l'entendent de la vie temporelle, les autres de la vie éternelle. Les deux sens sont vrais. Il faut observer seulement que la loi ancienne ne procurait directement et par elle-même que la vie , c'est-à-dire la prospérité temporelle 3 et que le bonheur éternel , auquel on parvenait en la gardant , ïie pouvait se mériter que par la grâce de Jésus-Christ.
nus : Solve calceamentum pe— dum tnoiiim , loeus enim in qno stas teiTH saiicta est. 34 Videns vi<^i atflictionem pojmli mei , qui est m /Eijyj'to, et gemitum eomin audivi, et tlescendi lilitiare eos. fct nuiic vcni, rt mill.ini te in yEyyjjltira. 35.
Hune Moysen quem negaveriint , dicentes :
Qiiis te constituitprincip<"met judicem , hiinc Deus principeni et redt^mptorem misit , cum munu anyel^ qui apparuit illi in niho, 36. Hic cduxit illos, faciensprodigia et signa in terra jEgypti, et in Rnbro Mari , et in dfserto annis quadragiiita.
3;. Hic est Moyses, qui dixit tiliis Israël : Prophetam suscilabit vobis Deus de fratribiis vestris tanquam me : ipsuni audietis. 38.
Hic est , qui fuit iu Ecclesia in solitudine cum angeio , qui ioquebatur ei in monte Sina , et cum patribns nostris :
qui accepit verba vitœ dare nobis. 39 Cui 110lueruut obedire
tant retournes vers l'Egypte , ils direntà Aaron : Faites-nons des dieux qui marchent devant nous ; car nous ne savons ce qui est arrivé à ce Moïse qui nous a fait sortir d'Egypte. En même teras ils firent un veau cVor j ils offrirent des sacrifices à l'idole, et ils se réjouirent dans l'ouvrage de leurs mains. Alors Dieu se détourna d'eux, et les livra (i) au culte de la milice du ciel (2), comme il est écrit au livre des prophètes : Maison d'Israël, est-ce à moi que vous avez offert des victimes et des hosties les quarante années que vous avez été dans le désert (3)? Au contraire,
(i) Livra , façon de parler usite'e dans PEcriture , pour signifier que Dieu permit qu'ils s'y livrassent. Dieu ne pousse point au crime ; mais il arrive souvent qu'il n'arrête pas ceux qui s'y précipitent j un premier crime en est la cause ; et c'est en ce sens que l'on dit qu'un pe'clié est puni par un autre péché.
(2) Les étoiles et les planètes, qui furent un des premiers objets de l'idolâtrie. Ensuite les peuples décernèrent les honneurs divins aux hommes extraordinaires qui s'étaient signalés par de grandes actions ou par les biens qu'ils avaient procurés au genre humain. Ces deux cultes parurent se réunir par l'attribution que Ton fit des noms de ces hommes célèbres aux étoiles et aux planètes, que l'on appela et qui s'appellent encore Saturne^ Jupiter j Mars, Mercure, etc.
(3) On offrit à Dieu des sacrifices au désert, lorsque Dieu donna la loi, lorsqu'il fallut consacrer Aaron avec ses enfans , et encore lorsque l'on consacra le tabernacle. Les livres saints n'en rapportent pas d'autres. Ce qui; joint à ce qu'on vient de lire, induit à croire que
VOUS avez porté le tabernacle de Moloch (i) et l'étoile de votre dieu Rempham; ces figures que vous avez faites pour les adorer. Et moi je vous transporterai au-delà de Babylone.
« Moïse était reconnu , et son prétendu ad- )) versaire venait de lui rendre un des plus » magnifiques témoignages que nous lisions )) de lui dans les divines Ecritures. Il restait )) à parler du temple , auquel le saint lévite » rend un pareil hommage , puisqu'il recon- » naît en termes équivalens que c'était par » l'inspiration divine que David en avait » conçu le dessein, et que Salomon l'avait exéï) cuté. Mais il fallait désabuser les Juifs, en » leur apprenant que le vrai culte, qu'ils con- )) centraient tout entier dans leur temple , )) n'est pas essentiellement attaché à des pier- » res et à une maison bâtie de main d'homme. » Etienne va le faire en continuant de parler » ainsi : »
les sacrifices qui furent institués alors ne devaient avoir lieu que lorsque les Israélites seraient établis dans la terre promise.
( 1 ) Si l'on s'en rapporte à d'anciens monumens cités par d'habiles critiques, Moloch était le dieu Mars, et Remphan était Saturne. Rempham n'est nommé que cette seule fois dans l'Ecriture. Moloch l'est plusieurs fois, et il est appelé le dieu des Ammonites. C'était en l'honneur de cette divinité sanguinaire que les parens faisaient brûler leurs petits enfans, comme Dieu le reproche souvent aux. Israélites^ imitateurs de ces barbares sacrifices.
patres nostri :
scil repiilenint et advcrsi siint cofdibiis SUIS in yEgyptum. 40.
Uiceiites ad aaron . Fuc iicdiis deos qui pr.Tcedatit uos : Moyses enim hic , qui eduxit nos de terra yEgypti , nescimiis qtiid facluQi sit ei. 4i.
Et vitulum fece.
ruiit in ditbus iliis, et obtulenint hostiaai simulacro, et iaetaban— tur in operibu»
maniiumsuarum.
42. Convertit aut<"oi Deus, et tradidit eos servira mUiliie cœli , sicut scriptum est in libio prophetarura : Numqiiid victiiïias et hostias obtulistis mihi annis quadraginta in deserto , domus Israël ? 43 Et siiscepistis tabernaculiim Moloch , et sidus dei vestri Heuipliam figuras (juas fecistis , udorare eas.
Et transferam vos traus Babylonem.
44- Tabprnacuiiim lestimoiiii, fuit cum patribtis nostns in des'.Tro.sinitdisposuit lilis Detis, Joqiiens ad Mo}'seii , ut faceret jMud srcifndiitn Jbrmaœ quam vi- «leial. f\à- Qnod «t indiixerunt ^tiscipiciites patres iiostri Cum Jesu in possesyioncm gentium, «jiias expnlit Deus à facic patriitû 'Bcslrorum , usqiie in diebus David. 46. Qui Jnvenit gratiara -aDte Deum , et ■jietiit ut invenijet tabernacuiv.m Deo Jacob.
,4j. Saloinoii au- %em xdificavitilli <Jouiiim. 4^- Sed .non Excelsus in ïninutactis habitat, siciit propheta dicit : 49- Cœlum mdii sedes est ; terra Biîtem scabelJum jîediini meoruai.
Uîiam domnni aiiiilicabiti.s œihi, ditit Dominns ?
nui qiiis locns rcqitietioiiis mece «st ? 5o Nonne ïnaniis nr^a fecit hxz oroiiia?
Nos pères eurent au désert le tabernacle du témoignage (i), tel que Dieu le leur avait tracé, lorsqu'il dit à Moïse de le faire sur le modèle qu'il avait vu. Nos pères l'ayant reçu , le portèrent sous la conduite de Josué dans le pays des nations, que Dieu fit fuir devant eux. Il n'y eut donc que le tabernacle jusqu'au tems de David , qui trouva grâce de vant Dieu, et demanda de trouver a le lieu où )•> il pourrait bâtir » une demeure au Dieu de Jacob. Or ce fut Salomon qui lui bâtit une maison. Mais le Très-Haut ne fait pas sa demeure dans des maisons bâties de main d'homme, selon ce que dit le prophète : Le ciel est mon trône, et la terre est mon marchepied. Quelle maison me bâtirez- vous, dit le Seigneur, et quel peut être le lieu de mon repos? Ma main n'a-t-elie pas fait toutes ces choses ?
(( Ce qu'on vient de lire avait été prononcé y> du ton modéré qui convient à une narration y) instructive : Etienne en change tout-à- » coup. Soit qu'il jugeât que l'invective aurait » plus d'effet^ si elle était plus imprévue; » soit que, lisant dans l'air et dans les yeux )i de ceux qui l'entendaient leur inflexible )) opiniâtreté, il Crut n'avoir plus rien à ména-
( 1 ) Du témoignage ou de la déclaration des volontés divines , ce qui s'entend principalement et peut-être «riiqiiement des tables de la loi , suivant ce mot de Dieu k Moïse : k L'arche dans laquelle vous mettrez le iémoi- » gnage que je vows donnerai. » Evod- x\v, 21,
DES APÔTRES. CHAPITRE VII. 8l
» ger avec eux : » Tètes dures, « leur dit- il y> dans un soudain transport de zèle , Juifs de 3) nom, mais» incirconcis de cœur et d'oreil- •les , vous résistiez toujours au Saint-Esprit. Tels qu'ont élë vos pères , tels vous êtes. Quel est le prophète que vos pères n'aient point persécuté ? Ils ont massacré ceux qui prédisaient la venue du juste que vous venez de trahir et dont vous avez été les meurtriers; vous qui avec reçu la loi par le ministère des anges, et qui ne l'avez point gardée.
« Le feu qui éclate dans ces paroles n'em- )) péchait pas qu'elles ne renfermassent un rai- » sonnement très-fort et très-pressant contre » les Juifs, le voici : Vos pères dans tous les )) lems ont résisté à ceux qui leur parlaient >■) de la part de Dieu. Nous croyons que vous 0 leur ressemblez en ce point. Croyez-le yy aussi : au moins craignez-le, et ne vous )) laissez pas emporter trop précipitamment » à une ardeur qui , sous l'apparence du zèle, y> pourrait bien être une résistance opiniâtre » aux volontés divines. C'est oi^i avait abouti » Gamaliel par une route différente. Son » discours contint alors les esprits jusqu'à un )) certain point. Il n'en fut pas de même de )) celui-ci. Plus véhément , il ne fit qu'en- )) venimer davantage ces cœurs ulcérés. » En l'entendant ils crevaient de dépit en euxmêmes, et grinçaient desdents contre Etienne. « Dieu le permettait ainsi, pour lui procurer la » gloire d'être le premier des martyrs. Mais ,
5r, Dura cervice et incircumcisis cordibns et aiiribus. vos setnperSpiritui sancto resistitis : sieut patres vestri, ita et vos. 5a.
Qncm prophetarum non sunt persrcuti patres vestri ? et occiderunt eos , qui pronnntiabant de adventu justi, cujtis vos nunc proditores elhomicidae fuistis :
SS.Quiaccepistis legem in dispositione angelorum , et non custudistis.
54 Audientes antem haee disse, cabantur cordibns suis . et stridebant deutibus in eum.