‹ Histoire des Actes des apotresChapitre 29 sur 81 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Pierre gue'rit à Lydda Éne'e paralytique , et ressuscite à Joppé Tabithe. — Apparition d'un ange à Corneille le centurion. — Vision de saint Pierre. — Corneille instruit et baptisé avec sa famille.

(( C'était le tems que Dieu avait marqué

» pour la pleine manifestation du grand secret

j) de la vocation des gentils. On la voit an-

)) noucée par tous les pruphètes, et clalre-

» ment désignée par la manière dont Jésus-

» Christ même en parle avant et après sa

y) résurrection. Malgré des témoignages si

)) décisifs , c'était toujours un mystère in-

» croyable à quiconque était né Juif, Ce n'esl

» pas que l'on crût absolument que le salut

)) n'était offert qu'aux enfans des patriarches :

)) Pierre et Jean avaient reçu les Samaritains

» dans l'Eglise ; le diacre Philippe avait

)) baptisé l'eunuque de Candace ; les apôtres

» avaient admis au nombre des diacres Ni-

)) colas, prosélyte d'Antioche. Tout cela s'était

» fait sans contradiction , et il ne paraît pas

)) qu'on s'en soit formalisé. On croyait donc

» que les gentils pouvaient être incorporés

)) ail christianisme, mais on croyait aussi qu'ils

» ne pouvaient y arriver qu'en passant par

» le judaïsme. De là le reproche qu'on fit

» à saint Pierre d'avoir communiqué, non

)) pas précisément avec des gentils , mais avec » des incirconcis (i), c'est-à-dire avec des )) hommes qui , n'ayant point la marque de » l'ancienne alliance , étaient réputés ne pou- » voir pas entrer dans la nouvelle. Enfin tous » les nuages vont être dissipés, et une vé- )) rite si intéressante pour le genre humain » va paraître dans tout son jour. Ce n'est » pas à l'apôtre des nations que la révélation » en est faite, c'est au chef des apôtres. Cette )) qualité, qui n'était pas un vain titre, exi- )) geait que le monde l'apprît de lui. Elle » paraissait encore exiger à plus forte raison » que ce fût lui qui ouvrît la porte de l'Evan- » gile aux gentils, comme il l'avait ouverte » aux Juifs , et que ses collègues n'entras- » sent dans l'une et l'autre moisson , qu'après j) qu'il en aurait recueilli les prémices. Mais, » pour lui concilier une plus grande autoyi rite , et pour disposer les Juifs à recevoir » une vérité à laquelle ils étaient si fort op- » posés, Dieu opéra par le ministère de Pierre )) deux miracles signalés , qui en précédè- » rent immédiatement la publicatioiV

(( Profitant du calme oi^i l'Église était alors,

» ce vigilant pasteur travaillait à fortifier son

Cap.rx.;i'. 32. )) troupeau et à l'accroître. » Comme il en

tem ut Pctrus" ^^isait la visitc , il arriva chez les saints (2) qui

(i) Act. II. 4«

(2) On appelait souvent ainsi les premiers fidèles , comme on le voit en plusieurs endroits des e'pîtres de

demeuraient à Lydda (i). 11 trouva là un homme appelé Énée, qu'une paralysie retenait au lit depuis huit ans. Pierre « inspiré de )) Dieu, » lui dit : Énée, le Seigneur Jésus- Christ vous guérit : levez-vous, et faites votre lit. Il se leva aussitôt. Tous les habitans de Lydda et de Sarone (2) le voyant « guéri, » se convertirent au Seigneur. « Le second rai- )) racle fut encore plus frappant. » Il y avait à Joppé une femme du nombre des disciples, appelée Tabithe , c'est-à-dire en grec Dorcas (3). Elle était pleine des bonnes œuvres et des aumônes qu'elle faisait. Or , étant tombée malade en ce tems-là^ elle mourut : et après qu'on l'eut lavée , on la mit dans la salle haute. Comme Lydda était près de Joppé , les disciples ayant appris que Pierre y était,

saint Paul. Clirétien et saint étaient alors deux termes synonymes. Ils n'orft cessé que trop tôt de l'être.

(1) Ville de la Palestine, peu éloignée de la Méditerranée. Elle s'appela dans la suite Diospolis , et fut célèbre par le concile qui s'y tint , dans lequel les erreurs de Pelage furent condamnées. Pelage sut garantir sa personne de la condamnation, en y souscrivant par une dissimulation assez ordinaire aux hérésiarques , surtout lorsqu'ils commencent à semer leur hérésie.

(2) Il paraît que Sarone n'était pas le nom d'une ville , mais d'une campagne , très-fertile au rapport de saint Jérôme , et par cette raison bien peuplée.

(3) Le nom grec dorcas signifie une chèvre , comme tabithe le signiGe et syriaque. Il n'est pas dit si cette femme était mariée, veuve ou vierge. La chanté sanctifie tous les états.

dumpertransirel universos, deve— niret ad sanctos qui habitabant Lyddœ. 33. Invenitauteru ibihomineai qnem— d»m , nomiue jEneam, ab an— nis octo jacentem in grabato , qui erat paralyticus. 34- Et ait illi Petrus : Mnea, sanat te Do* minus Jésus Christns : surge , et sterne tibi; et conlimio snrrexit. 35. Et viderunt eiitn omnes qui habitabant Lyddœ et Saronae , qui conversi sunt ad Demi— num. 36. In Joppé autem fuit quaedatn discipula, nomine Tabitha , quse interpretata dicitur Dorcas. Haec erat plena operibus bonis, et elecmosinis quas facie— bat. 37. Factura est autem m diebus illis, ut in— 6rmata moreretur. Quam cum lavissi-ut, posueruut eam in cœ— naculo. 38. Cum autem prope esset Lydda ad Joppen , discipuli aiidientes quia Petrus esset in ea, niiserunt duos viros ad eum, I ogantes : JVe pignterjs venire usque ad nos.

ils lui envoyèrent deux hommes pour lui faire cette prière : Donnez -vous la peine de venir sans délai jusque chez nous ( i ). « Soit qu'ils lui eussent appris le sujet de i) la députation , ou que sans autre éclair- » cissement il fut inspiré de les suivre , comme 39. Exurgens » eux-mêmes l'avaient été de l'en prier, »

autem Petrus , -p.. . . ^ ^

venit ciim iiiis ; 1 lerre partit aussitôt et alla avec eux. LorsseCd^xerunt u" ^"'^^ ^^^^ arrivé , ils le menèrent à la salle, lum in cœnacii- Là , toutes Ics veuves sc mirent autour de

Jum ; et circums- 1 • 1 1 • 1

teruntiliiim om- lui j pleurant et montrant les tuniques et les :t":;l"L'nr;:i ^obes que Dorcas leur faisait (3). Pierre , tunicas et vestes ayant fait sortir tout le monde, se mit à ge-

qiiasfaciebatillis . . ,

Dorcas. 40. E- uoux et pria : puis, se tournant vers le corps : jectis autem om- Tabithe, dit-il, levez-vous. Aussitôt elle ou-

nibus loras, Pe- " "

triis ponens ge- vrit Ics yeux , et ayant vu Pierre , elle se

«onversusadcor- i^^ît sur SOU séaut. Alors Pierre, lui donnant la

ti?a' ^'sm^<T "^^At "^^*°> lui aida à se lever; et, ayant appelé

iiiaaperuit ocu- les saints et Ics veuves , il la leur rendit

Petro , resedit. vivante (3). La cliose fut sue de toute la ville

(i) Le texte latin et le grec peuvent signifier également : Ne plaignez pas la peine de venir, ou bien ne tardez pas à venir. Les interprètes se partagent entre ces deux sens. On les a réunis.

(2) Elles firent parler, dit saint Cyprien, non leurs bouches, mais les œuvres de Tabithe, la plus éloquente de toutes les prières. Pierre en fut attendri. Combien plus Tétait Jésus-Christ, qui, dans la personne de ces veuves , avait été l'objet de la charité de Tabithe. Cypr. de Oper. et Eleom. , c. 2.

(3) Il est indubitable que Tabithe était sauvée , puisqu'elle avait emporté en mourant le trésor de ses bonnes œuYres et de ses aumônes j sur quoi l'on demande sj

de Joppé , et plusieurs crurent au Seigneur. Il demeura ensuite assez long-tems à Joppé , chez un nommé Simon , corroyeur. « Les » saints Pères louent à ce propos la modes- » tie de Pierre, qui alla loger chez un artisan, )) lui qui , après l'éclat qu'avait eu la résur-

saint Pierre, en la ressuscitant, ne lui avait pas rendu un mauvais service. Laissons saint Pierre , qui n'est ici que l'instrument, et n'envisageons que Dieu^ auteur du niiiacle. Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et vérité , dit le prophète. Ce mot doit servir de réponse générale à toutes les questions de cette nature ; et , supposé qu'on n'en trouvât pas d'autres , il y aurait de l'impiété à ne pas se contenter de celle-ci. Cependant il est permis à ceux qui s'en contentent d'examiner respectueusement les voies du Seigneur, et au défaut du certain , de s'en tenir au vi'aisemblable. C'est ce qu'ont fait les théologiens; et ils ont dit qu'il n'est nullement probable que Dieu expose de nouveau , au risque de se perdre, ceux qui ont franchi une fois le grand pas de mourir dans sa grâce. Que si l'on ne peut pas dire absolument qu'après leur résurrection ils sont devenus impeccables , le Seigneur cependant assure leur salut par des moyens dont l'infaillible effet lui est parfaitement coiniu, que, ne perdant rien de ce côté, ils gagnent d'un autre par l'accroissement de mérites que leur procure une vie plus longue. Il n'en est pas ainsi de ceux qui étaient morts dans la disgrâce de Dieu. Revenus à la vie, iU peuvent se mettre en état de grâce et y persévérer. Les théologiens ajoutent que le jugement de ceux-ci n'avait pas été prononcé, ou qu'au moins l'exécution en avait été suspendue, parce qu'il est dit qu'rV n^y a aucune rédemption en enfer , vérité qui; selon eux, ne souffre aucune exception.

4i- Dans autcm illi manum, erexit eam Et cum vocasset sanctos et viduas , aasignavit eam vivam. ^i.

Notum autem factiim est par universam Joppen ; et credideruntmuItiinDomiuo 43 Facttim est autem ut dies multos tno— rareturin Joppe, apud Simonena qoemdam coriarium.

ï r 2 HISTOIRE DFS ACTES

» rection de Tabilhe, aurait pu choisir entre » les maisons les plus opulentes de la ville.

» C'est de là qu'il devait partir pour aller

)) faire la conquête de la gentilité. Les prépa-

)) ratifs en étaient déjà faits dans une ville du

Cap. X. ^. t. jj voisinage. » Il y avait à Césàrée un homme

Vir autem qm- , ^ . "^

dam erat in Cœ- nommé Comeille , centurion de la cohorte

âarea , nomine i ' t, i- ■>'.•. i i- •

Cornélius, cen- appelée italique : c était un homme religieux, -turio cohortis g|. ^j^j craignait Dieu, lui et toute sa mai-

quae dicitnr ita- ^ <-> ^ '

lica. a Reiigio- SOU (i). Il faisait beaucoup d'aumônes au

sus aQtimens De-

(i) Corneille était juste, même avant sa conversion au christianisme, puisque c^est de lui que saint Pierre dit , ;î' 34 et 35 : « Dieu ne fait acception de peisonne : » mais , en toute nation , celui qui le craint et qui fait ï) des œuvres de justice lui est agréable; » Les Pélagicns en concluaient que l'homme peut devenir juste par les seules forces du libre arbitre. Les docteurs catholiques les ont re'futés en établissant la nécessité d'une grâce surnaturelle prévenante , coopérante pour toutes les œuvres, justiflautes ou méritoires. Mais, dit-on, si Corneille était juste, quel besoin avait-il de la prédication de saint Pierre ? On répond , 1 ° que Dieu , suivant une conduite qui lui est ordinaire , récompensait en lui le bon usage d'une grâce par une grâce plus excellente , laquelle ajoutait la perfection à la justice , à la sainteté de la loi naturelle , la sainteté beaucoup plus sublime du christianisme ; 1' que cette seconde grâce lui devenait nécessaire, même pour le salut, parceque depuis la publication de TÉvaugile , qui avait commencé le jour de la Pentecôte , on ne pouvait plus être sauvé sans avoir la foi explicite en Jésus-Christ ; qu'à la venté on avait ignoré jusqu'alors que les gentils y fussent appelés, ce qui justifiait Corneille de ne l'avoir pas encore embrassée, mais que ce grand mystère était

DES APÔTRES. CHAPITRE X. tl3

peuple (i), et priait Dieu continuellement. (( Ce fidèle observateur de la loi naturelle, » cet homme juste au milieu d'un monde cor- » rompu, comme l'étaient, avant la loi écrite, )) Noc et les iriciens patriarches; cet homme 3) était celui que Dieu avait prédestiné pour » être nos prémices. » Lorsqu'il priait , vers la neuvième heure du jour, il eut une vision dans laquelle il vit clairement un ange de Dieu (2) qui vint à lui et qui lui dit : Corneille. Lui, regardant l'ange , et saisi de frayeur, répondit : Qu'y a-t-il. Seigneur? Vos prières , lui dit l'ange , et vos aumônes sont montées en la présence de Dieu , et il s'est souvenu de vous. Envoyez donc tout à l'heure des gens à Joppé , et faites venir un certain Simon surnommé Pierre. Il demeure

sur le point d'être pleinement révélé , comme il le fut dans sa personne par une distinction glorieuse. Dieu voulut bien encore honorer ses vertus.

(i) Il n'était pas encore clirétieu par la foi, il l'était déjà par les œuvres , auxquelles Dieu ne tarda pas d'ajouter la foi. Combien de chrétiens par la foi sont païens par les œuvres , qui ne sont que trop souvent punis pai" la perle de la foi.

(2) Les théologiens disent que si un gentil avait gardé fidèlement la loi naturelle , Dieu lui enverrait un ange pour l'éclairer plutôt que de le laisser périr faute àes connaissances nécessaires pour le salut. L'exemple de Corneille en est une preuve , qui est encore fortifiée par ce mot de saint Augustin , qui a passé eu axiome : Dieu fie 7'efuse point la grâce à celui qui fait ce quil peut.

uni , cum omni (Jorno sua , laciens eleemosinas multds pit'bi , et deprecaiis Oeuru semper.

3. Is vidit in visa manifeste , quasi liora diei nona , aiigelum Dei iutrociintetn ad se , et dicentem sibi ; Corneli. 4- At ille intuens eum, timoré correptiis,dixit : Qiiid est, Domine ? Dixit autem illi : orationes luae, et elee— mosinae ttise, asceuderuntinme»

moriam in conspectu Oei. 5 Et nunc mitte viros in Joppen, et accersi Simonem qui cognominatur Pelrus;6. Hic hospitatur apud Simonem quem— dam coriarium , cujus est domus juxta mare : hic dict't tibi quid te opoiteat facere.

7. Etcum discessisset angélus qui loqiiebatur illi, vocavit duos domesticos juos, et milileua nietuentem Dominuin , ex liis qui illi parebant. 8. Qnibus cum narrasset omnia , misit illosin Joppen.

g. Postera autem die iter illis facientibus , et appropinqiiantibus civitati , as cendit Petrus iii Siiperiora iit oraret, circa horam sextaai ta Et, cura esiiriret, voîuit giistare; parantibns autern illis, cecidit super eiim mentis excessiis : 1 1 Et vidif cœlum apertum , et descendens vas quoddam , veliit linteutn magnum quatuor iniliis submilti de cœlo in terram 12. In quo erant omnia quadrnpedia , et serpentia terr»

et volatilia cœli.

l3. Et facta est voxad eum : Surge , Petrc , occitle et mandtica.

j4 Ait aillera Petrus : Absit , Domine , quia Dunqiiaai mariducavi ohrne commune et immundum i5. Et vox ilerum se-

chez un nommé Simon , corroyeur , dont la maison est proche de la raer. C'est lui qui vous dira ce qu'il faut que vous fassiez. Dès que l'ange qui parlait à Corneille l'eut quitté , il appela deux de ses domestiques et un soldat craignant Dieu, du nombre de ceux qui étaient à ses ordres , et , après leur avoir raconté tout , il les envoya à Joppé.

Le jour suivant , comme ils étaient en chemin, et qu'ils approchaient de la ville, Pierre monta au haut de la maison (i) vers la sixième heure pour prier (2). Ensuite, ayant faim, il demanda à manger. Pendant qu'on lui apprêtait à manger , il fut ravi en esprit. Il vit le ciel ouvert , et comme une grande nappe (3), qui suspendue par les quatre coins,

(i) On a déjà remarqué, que, dans la Palestine, les toits des maisons e'taient en plate-forme. Pierre y monta pour prier avec plus de recueillement. Cette pratique lui était venue de son divin Maître , qui était dans l'usage d'aller prier sur quelque montagne.

(2) Vers midi. Corneille priait à la neuvième heure, c'est-à-dire à trois heures après midi. Il l'avait appris des Juifs , qui avaient consacré à la prière la première heure du jour, la troisième, la sixième et la neuvième. De là les noms de prime, tierce, sexte et none, qui ont passé dans l'Église chrétienne, oii ils se sont conservés.

(3) Cette nappe représentait l'Église, qui devait recevoir dans son sein les gentils, que les Juifs regardaient comme impurs et abominables. L^Éghse vient du cicl^ elle doit y retourner : voilà pourquoi la nappe en descend et y remonte. Plusieurs interprètes disent que tous les animaux qu'elle contenait étaient immondes. D'autres prétendent qu'il y en avait de mondes et d'im*

DES APÔTRES. CHAPITRE X. Il5

descendait du ciel jusqu'à terre. Il y avait dans cette nappe de toutes sortes d'animaux à quatre pieds , de reptiles de la terre et d'oiseaux du ciel. En même tems une voix lui dit : Levez-vous , Pierre , tuez et mangez. Mais Pierre répondit : Je n'ai garde , Seigneur, car je n'ai jamais rien mangé d'impur et d'immonde (i). La voix lui dit encore : N'appelez pas impur ce que Dieu a purifié. Cela se fit par trois fois (2) , et aussitôt la nappe fut retirée au ciel.

Pierre était occupé à chercher ce que pouvait signifier la vision qu'il avait eue, lorsque les hommes envoyés par Corneille , s'étant informés de la maison de Simon, se présentèrent à la porte. Ayant appelé quelqu'un,

mondes. On ne lit rien qui décide nettement pour ou contre. Ce qui paraît certain par la réponse de saint Pierre, c'est, ou bien que tous les animaux étaient immondes , ou qu'il comprit que la voix lui disait de manger indiiféremment des uns et des autres.

(i) Dieu se servit de celte figure, parceque , outre la vocation des gentils , qui en était l'objet principal , il voulait encore faire connaître que la distinction des animaux mondes et immondes , si recommandée par la loi ancienne, était abolie par la loi nouvelle. Des rabbins même ont pensé qu'au teras du INIessie cette distinction n'aurait plus lieu.

(2) Les trois reprises étaient apparemment pour mieux assurer saint Pierre de la réalité de la -s-ision céleste. EUes figuraient aussi l'invocation des trois personnes de la Sainte -Trinité , et les trois immersions du baptême î>ar lequel les gentils devaicat entrer dans l'Eglise.

cundo ad eum :

Quod DiMis purifi. avit , lu commiinf ne dixeris.

16 Hoc autem facliim est per tîT : etstatimrece|>tuuaest vasin GGelum.

17. Et diim in« tra se haesitaret Petrus, qiiiilnani esset Visio qnam vi'lisset . ecce viri q<ii missi eratit a Coiiielit» , in— quirentes do— Dioro Siaionis, as* titeinnl ad ja- Duam 18 Etciim vocassent, interrogabant, si Simon . qui cognominatur Petrus , illic hjberelhospitium. 19 Petro auiem cogitante de visione , dixit Spiritus ei ; Ecce viri très quœrunt te. ao. Surgp itaqiic, descende, et vade cum eis nihil dubitans, quia ego misi il— los. 21. Descendens autem Petrus ad viros , dixit : Ecce ego sum queui qiiae— ritis , qu causa est propter qnam yenistis? 22. Qui

dixerunt ; Corliclius, ceiiturio, vir justus et timeQs Deiau , et testimouium habens ab universa gente Judïorutu.

responsum accepit ab angelo sancto accersire te in domum suam , et audire verba abs te. 23.

lutroducensergo eos, recepit hos pitio. Sequeiiti aulera die surgens prot'ectusest cum iliis, el quidam ex fratribus ab Joppe comitalisunl eutn.24. Altéra autem die introivit Caesaream. Cornélius vero expectabat illos , convocatis cognatis suis, et necessariis ami— cis. 25. £t factura est cum introisset Petrus , oL»

vius venit ci Cornélius ; et procidens ad pedes ejus.adoravit. 26.

Petrus vero elevavit eum , dicens : Surge, et "ego ipse homo sum. 27. Et loquens cum illo iulravit , et invenit multos qui conveneraiit; 28.

Dixitque ad illos.

"Vos scitiô quomodo abominatum sit viro judœo conjungi aut accedere ad alienigcuam; sed mi-

ils demandèrent si ce n'e'tait pas là que logeait Simon surnommé Pierre. Gomme Pierre pensait alors à sa vision , l'Esprit lui dit : Voilà trois hommes qui vous cherchent. Levez-vous donc, descendez et allez-vous-en avec eux sans balancer; car c'est moi qui les ai envoyés. Pierre étant descendu, leur dit : Je suis celui que vous cherchez; quel sujet vous amène? Ils répondirent : Corneille, centurion, homme juste, craignant Dieu, et de qui toute la nation des Juifs rend témoignage , a été averti par un saint ange de vous faire venir en sa maison , et d'entendre ce que vous lui direz. Pierre les fit donc entrer et les logea avec lui. Le lendemain, il partit avec eux, accompagné de quelques-uns des frères qui demeuraient à Joppé. Le jour d'après (( son départ, » il entra dans Césarée. Corneille les attendait avec ses parens et ses amis particuliers, qu'il avait assemblés (i). Lorsque Pierre fut entré dans la ville. Corneille (c averti apparemment par un des domesti- )) ques qui avait pris les de vans (2), )> vint

(i) Il aAait déjà sanctifié sa maison. Le voici qui travaille à sanctifier ses proches et ses amis. Un soldat peut-il donc être un apôtre? Oui, s'il est un saint. La sainteté produit le zèle dans tous les états.

(2) La circonstance du domestique qui prend les devans pour prévenir son maître sur l'arrivée de saint Pierre, cette circonstance, dis-je , est par elle-même très-vraisemblable. De plus^ on la trouve mot à mot dans un ancien manuscrit grec, oîi elle fait partie du texte.

à sa rencoutre ; et se jetant à ses pieds, il hi osiendit Den» l'adora. Mais Pierre le releva , en disant : munem aut im- Levez-voiis , ie suis homme comme vous (i): ^"nducn dic<re

^ ' ^ ^ ■" hominem. -jg.

et s'entretenant avec lui, il entra « dans sa Propter qnod si-

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