‹ Histoire des Actes des apotresChapitre 39 sur 81 · C. XIV. p. i · texte numérisé non relu

C. XIV. p. i

Factum est autem Iconii , nt siimil introirent in synagogam Judaeorum , et leqiiereotur , ita lit crederet JudaBorutn , et Graeeoruin copiosa niiiUitudo 2 Qui vei'O increduli tiicrunt Judîei ,

Lorsque les deux apôtres furent à Icône , ils entrèrent ensemble dans la synagogue des Juifs , et ils parlèrent de sorte qu'il y eut un grand nombre de Juifs et de Grecs qui crurent. Mais les Juifs qui ne voulurent point croire soulevèrent et irritèrent les gentils (i) contre les frères. Ils demeurèrent donc là long-tems , agissant avec confiance au nom

(i) Les Juifs ^ qui furent les premiers persécuteurs du christianisme , furent aussi les instigateurs et les auteurs des premières persécutions qu'il essuya de la part des gentils. Déjà coupables du sang de tous les prophètes depuis Abel jusqu'à Jésus-Christ, ils trouvèrent le secret de se rendre encore coupables du sang de tous les martyrs, depuis Jésus-Christ jusqu'à la fin des pei'sécutions. Quelle masse d'iniquité sur une seule nation !

Que pouvaient-ils dire aux gentils pour les irriter ; sinon que cette nouvelle doctrine tendait à la ruine de leurs temples et de leurs idoles ? Ainsi les hommes les plus opposés à l'idolâtrie en devenaient les fauteur:. On n'en sera pas surpris pour peu que l'on connaisse la haine envenimée qu'ont les fausses religions pour la véritable. Tel hérétique aimerait mieux voir l'uniA^ers mahométan, que de le voir catholique.

du Seigneur , qui rendait témoignage à la parole de sa grâce , opérant par leurs mains des prodiges et des miracles. Or toute la ville fut partagée ; il y en eut qui furent pour les Juifs , et d'autres pour les apôtres : mais les gentils et les Juifs s'étant soulevés avec leurs chefs pour leur faire outrage et pour les lapider , eux qui en furent instruits se réfugièrent à Lystre et à Derbe , villes de Lycaonie, et dans tout le pays circonvoisin , où ils prêchèrent l'Evangile.

Or il y avait à Lystre un homme qui , étant perclus des pieds, demeurait assis; il était boiteux dès le ventre de sa mère , et n'avait jamais marché. Cet homme entendit Paul qui prêchait. Paul l'ayant regardé , et voyant qu'il avait la foi pour être guéri (i), dit à haute voix : Levez- vous, et tenez-vous droit sur vos pieds. Lui , fit un saut , et se mit à marcher. Le peuple ayant vu ce qu'avait fait Paul , éleva la voix , et dit en lycoanien : Les dieux en forme d'hommes, sont descendus vers nous; et ils appelaient Barnabe Jupiter, et Paul Mercure , parceque c'était lui qui portait la parole. Le prêtre même de Jupiter, dont la statue était près de la ville , étant

suscitaveruut, et ad iraciiudiam concitaveriiiit animas genlium adversiis fratres.

3. Multo igitur tempore demorati sunt , âducialiteragenlesin Domino , testimonium perhibente verbo gratisesuae, dante signa et prodigia fieriper manus eorum. 4- Divisa est autem multitudo civitatis : et quidam quidem erant cum Judaiis, quidam vero cum apostolis. 5. Cum autem factus esset impetus geatilium et Juduiorum cum principibus suis, ut contumeliis afHcerent , et lapidarenl eos, 6. lateJligentes confugerunt ad civitates Lycaoniae, LystracQ et Derben, et universam in circuitu regionem , et ibi evangelizanteserant. 7. Et quidam vir Lystris inûrmus pedibus sedebat ,claudut es utero matris

(i) Saint Paul lut dans les yeux de cet homme son attention , et le plaisir qu'il prenait à l'entendre. La lumière prophétique lui découvrit qu'il avait actuellement la foi , et de plus une ferme confiance que l'Apôtre avait reçu de Dieu le pouvoir de le guérir.

siise , qui nunquain ambulaverat. 8. Hic auditit Paulum loquenteni. Qui intuitus eiira, et videns quia fiiiem haberet ut salvus fieret , 9. Dixit magna voce: Surge super pedes tuos reclus. Et exilivit, et ambulabat. loTiirbae autem cum vitlissent quod fecerat Paulus , levaverunt vocem suam. Lycaonicœ diceiites :

Dii simiJes facti hominibus descenderunt ad nos. n. Et vocabant Barna— bam Jovem , Paidum vero Mercurium:quoniam ipse erat duxverbi.12. Sacerdos quoqne Jovis , qui erat ante civitatem, taures et coronas ante januas afferens , cum populis volebat sacrificare. i3.

Quod ubi audierunt apostoli , Barnabas et Paulus, conscissis tunicis suis exilierunt in turbas , clamantes 14. Et dicentes : Viri , quid hœc facitis?

et nos movtales sumus , similcs vobis homines , annuntiantes vobi« ab Lis yanis

l52 HISTOIRE DES ACTES

venu à la porte avec des taureaux et des couronnes , voulait leur faire des sacrifices avec le peuple. Dès que les apôtres Barnabe et Paul l'eurent appris , ils déchirèrent leurs vétemens (i) , et s'élancèrent au milieu de la foule , criant et disant : Hommes , qu'allez-vous faire ? nous sommes mortels nousmêmes , et des hommes comme vous , qui vous prêchons que vous renonciez à ces choses vaines (2), pour vous convertir au Dieu vivant , qui a fait le ciel , la terre , la mer ,

(ï) Refuser simplement les honneurs divins, dans des ministres de l'Evangile, ce peut bien n'être que l'efFet d'une vertu ordinaire. Ce qui en prouve ici l'héroïsme, ce sont ces vétemens déchirés , cet élancement au milieu de la foule, et ces cris d'indignation et de douleur pour arrêter un peuple idolâtre. Une vertu commune n'aurait pas produit de pareils transports.

Si, au lieu de leur offrir des sacrifices, les peuples, charmés de leur éloquence, se fussent écriés. Ce sont des dieux qui pa? lent, et non pas des hommes , ne doutons pas que cette flatterie ne leur eût causé une pareille indignation. Une vertu ordinaire s'en serait-elle également défendue ?

Il est aisé de croire qu'on n'est ni Jupiter ni Mercure. L'est-il également de croire que le monde se trompe quand il dit qu'on a parlé divinement?

On n'examine pas si la complaisance qu'on prend en ces sortes de louanges est aussi criminelle que l'eût été celle des deux apôtres , s'ils se fussent laissé immoler des victimes. Que ceux qui la traiteraient de faute légère se souviennent d'Hérode, et des vers qui le rongèrent tout vif.

(2) A ces divinités imaginaires.

DES APÔTRES. CHAPITRE XIV. l53

et tout ce qu'ils contiennent; lequel, clans converti ad De-

nm viviim

es Siècles passes, a laisse toutes les nations fecit .œi.im, et marcher dans leurs voies (r). Il n'a pas man- terram,etmare,

/ . ^ . ^' omnia qiiae m

que néanmoins de rendre témoignage de soi- eiss-mt: i5 Qui même , répandant ses bienfaits du haut du npratk)nibus %. Ciel, donnant les pluies et les saisons fruc- ™'sitomn<sgen-

„ r . , tes ingredi vias

tueuses, nous lournissant une nourriture abon- suas. i6 Et quidante , et remplissant nos cœurs de ioie. Mais ti!ri"°°^'"^î^*' avec toutes ces raisons, à peine purent-ils sumreiiquit.be-

A 1 , 1 j 1 r • 1 nefaciens de cœ-

empecher le peuple de leur taire des sa- lo , dans pinvias

CriflCeS. ettempora fruc-

tirera, implens

« On connaît assez l'inconstance du peuple; cibo et iaetitia

A . • • J corda nostra. 17.

» mais peut-être ne vit-on jamais dans ses Etiisecdicentes )) idées et dans ses sentiraens une révolution V\ «edaverunt

turbasnesibi im-

)) si prompte et si totale. Tandis que les apô- molarent. » très faisaient les derniers efforts pour le

» détourner de leur rendre un culte divin, » '8. Supervene-

il arriva quelques Juifs d'Aniioche (c de Pisi- dam ab AnUo-

die » et d'Icône. Ceux-ci ayant persuadé à la ^'"''.^eticonio Ju-

•' •■- clœi : et persuasis turbis, lapidan-

(i) Dieu les a laissés suivre la corruption de leur cœur, et se forger des dieux aussi yicieus qu'ils Fe'taient euxmêmes. Dieu, dis-je, les a laissés, parcequ'il n'a pas fait luire sur eux le grand jour de l'Évangile. Cependant ils n'étaient pas tout-à-fait sans lumière, et les ouvrages de la création étaient suffisaus pour leur faire connaître le Créateur. C'est ce que signifient les paroles suivantes, auxquelles saint Paul ajoute, Rom. i., qu'ils étaient assez éclairés pour être sans excuse. Ce qui exclut le mauvais sens de ceux qui tiennent qu'étant privés de toute lumière, il leur était impossible de ne pas s'égarer. On dit que ce sens est mauvais, parcequ'il pourrait induire à croire qu'ils étaient excusables , eu contredisant la raison pour laquelle l'apôtre dit qu'ils sont inexcusables.

l54 HISTOIRE DES ACtES

tesque Paulum, populace (( tout ce qu'ils voulurent, » lapidecivitatem, exis- Tcnt Paul , et le traînèrent lioi S de la ville, limantes eum jg crovant mort. Mais les disciples s'étant ras-

morluiini esse. •/ r

ig.Circumdanti- semLiés autour de lui, il se leva (i) et entra

bus aulem eura j i mi i. i • • .. '\

discipniis, sur- ^ans la Ville; et le jour suivant il partit pour gens intravit ci- Derbc avcc Bamabé.

vitatem , et postera die profec- Après avoir annoncé l'Evangile dans cette

tus est ciim Bar- -n . ••.•.! i i

naba in Derben. ^"l^ ? ^t y avoir instruit beaucoup de monde.

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