Ciim impie ret autem Joannes cursiim suvm , dicebat
Quem me arbitramini esse, non sum ego , sed ecce venit post me, cujus non suai dignus calceamenta pedum solvere. 26. Viri fratres , filii generis Abraham , et qui in vobis timent Detim , Tobis verbum salutis biijus missum est. 27. Qui enira habitabaiit Jerusaleai , et principes ejns , hune ignorantes, et voces piophetarum , qu;c per otniie sabbaluu], leguntur, judicantes impleveruiit : 28. Et uuUam cauâHiu
Mes frères , enfans de la race d'Abraham , et vous qui, dans cette assemblée , craignez Dieu , c'est à vous que s'adresse cette parole de salut ; car les habitaus de Jérusalem et leurs princes ne l'ayant point reconnue , et n'ayant point compris les paroles des prophètes qui se lisent tous les jours de sabbat, ils les ont accomplies en le condamnant; et bien qu'ils ne trouvassent en lui aucune cause de mort , ils demandèrent à Pilate de le faire mourir ; et après qu'ils eurent entièrement exécuté tout ce qui avait été écrit de lui , il fut détaché de la croix , et mis dans le tombeau. Mais Dieu le ressuscita le troisième jour ; et il a été vu durant plusieurs jours par ceux qui étaient venus avec lui de Galilée à Jérusalem , lesquels jusqu'à cette heure rendent témoignage de lui au peuple. Et nous aussi , nous vous annonçons que la promesse faite à nos pères , Dieu l'a accomplie pour nous qui sommes leurs enfans, en ressusci-
à quel point la renommée du saint précurseur était répandue , et l'estime qu en faisaient les Juifs dans toutes les parties du monde. L'apotre saint Jean le cite aussi dans son évangile qu'il écrivit plus de cinquante ans après la mort du précurseur : ce qui montre encore combien le souvenir en était profond et ineiFaçable. Tout cela donnait sans doute un grand poids à son témoignage. Mais il prouvait encore par là Faccomplisseraent des prophéties ; car il avait été prédit que le Messie serait précédé par un prophète qui l'annoncerait d'avance , et qui lui préparerait les voies.
tant Jésus , comme il est écrit au second psaume : Vous êtes mon fils, je vous ai engendré aujourd'hui (i). Or , (ju'il l'ait res-
(i) Saint Paul, Hehr, i. 5. , explique ce passage de la ge'ne'ratioii e'terneile du Verbe. C'en est en effet le sens naturel et littéral. Ici il l'applique à la résurrection de Jésus-Cbrist , ce qu'on explique en plusieurs manières diff"érentes : i° On l'explique de la manifestation de la génération éternelle, parcequ'en ressuscitant son fils, Dieu semble avoir dit à tout l'univers : C'est ici mon fils, que j'ai engendré de toute éternité, reconnaissez-le à ce prodige. 2° D'autres l'entendent de la résurrection même, qui est souvent appelée régénération dans l'Ecriture. Ainsi ces mots , Je vous ai engendré aujourd'hui , signifient Je vous ai régénéré, c'est-à-dire, je vous ai donné aujourd'hui une nouvdle naissance. 3° En conservant toujours le sens piincipal du passage , qui est celui de la génération éternelle, plusieurs l'ont appliqué encore à l'incarnation et à la résurrection : voici de quelle manière. Par l'union personnelle du Verbe avec la nature humaine, un homme a été fait fils naturel de Dieu. Dans ce sens Dieu a pu dire à cet homme : Vous êtes mon fils , je vous ai engendré aujourd'hui. Cet homme n'existait plus après la mort de Jésus-Christ ( quoique ses deux parties existassent , et que le Verbe y demeurât toujours uni), et il n'y avait plus d'homme qui pût être appelé fils naturel de Dieu. Mais cet homme étant refait, si l'on peut s'exprimer ainsi, par la réunion de ses parties , un homme a existé de nouveau , à qui Dieu a pu dire au jour de la résurrection comme au jour de l'incarnation , Vous êtes mon fils , je vous ai engendré aujourd'hui. Saint Paul paraît avoir réuni ces deux sens au commencement de l'Epître aux Romains , où , après avoir dit que le fils de Dieu lui a été fait du sang de David , selon la chair, U ajoute.
mortis invenientes in eo, petieruiit a Pilato ut interficerciit eum. 29. Ciimqu»
consummassent omnia, qnx de eo scriptu erant, déponentes euta de ligno , posiieriint eum in monuniento. 3o.
Uens vero suscitavit eurii a mortiiis tertia die :
qui visiis est per du-s multos bis, 3i. Qui siauil ascemltrant cum eo de Galilaa ia Jérusalem : qui iisque nunc sunt testes ejus ad plebem. 32. Et nos vobis annuntiamus eaui, qua ad patres nos— tros repromissio facta est : 33.
Quoniatn hane Deus adimplevit filiis nostris , resiiscitans Jesum, sicntet inpsalrno secundo scriptum est : Fiiius meus es tu , ego hodie gcnui te.
34- Quod autem suscitavit eum a murtuis, amplius jam non reversui'um in corruption e m , ita dixit : Quia dabo vobis saiicta David fidelia. 35. 1deoque et alias dicit : Non dabis Sanctum tuum videra corrup— tiouem.
36, David enim in sua ^eneratione cniu adcninistrasset volunlati Dei dortnivit ; et appositiis est ad patres siios , et vidit corniptionem. 37. Quem vero Deus suscitavit a mortuis, non vidit corruptionecn. 38. Notum igitiir sil vobis , viri fralres quia per hitnc vobis remissio peccatorum annuntintiir , et ab omi)ibus, qiiibus Don potiiistis in lege Moysi justificari , 3g. In boc omnis , qui crédit, justiflcatur.
4o. Videte ergo ne siiperveuiat vobis qiiod diçtnm est in propbetis : 4'- Vitifte ergo , cotutemptorps, , et admiraaiini , et disperdimini'; quia opus operor ego ia diebus vestris , opus
suscité pour ne plus mourir, il l'a témoigné par ces paroles : Je vous tiendrai fidèlement les saintes promesses que j'ai faites à David. C'est pourquoi il dit ailleurs : Vous ne permettrez pas que votre Saint éprouve la corruption.
« Ce n'était pas David en personne, c'était » le Messie, son Seigneur et son fils, qui était » l'objet de ces magnifiques promesses. » Car pour David , après avoir servi dans son tems aux desseins de Dieu, il est mort, et il a été réuni à ses pères , et il a éprouvé la corruption. Mais celui que Dieu a ressuscité n'a point éprouvé la corruption. Sachez donc, mes frères, que c'est par lui que vous est annoncée la rémission des péchés ; et que , de toutes les choses dont vous n'avez pas pu être justifiés par la loi de Moïse , quiconque croit en lui , en est justifié par lui.
(( A des motifs si attrayans, l'Apôtre, pour y) s'accommoder à toutes les dispositions, en » ajoute d'effrayans. » Prenez donc garde, « dit-il, » qu'il ne vous arrive ce qui est prédit par les prophètes : Voyez , esprits méprisans , et soyez étonnés et éperdus ; car je vais faire en vos jours une œuvre que vous ne croirez pas, si quelqu'un vous la raconte.
« Ces paroles se lisent dans le prophète » Habacuc. L'oeuvre dont il parle, c'est i'ir-
lequel a été prédestiné pour être fils de Dieu par sa, résurrection d'entre les morts. Rom. i , ^ 3 et 4»
DES APÔTRES. CHAPITRE XIII. l^'J
» rnption des Chaldéens dans la terre pro- » mise , et les ravages qu'y firent ces fiers )) exécuteurs des vengeances divines. Saint » Paul , qui avait à menacer ses auditeurs )) de fléaux bien plus terribles, se contente » de les leur faire entrevoir , en leur rap- » pelant les premiers, qui n'étaient que la » figure des seconds. Son discours ne fut pas » sans fruit, k Comme ils sortaient , on les pria de parler le sabbat suivant sur le même sujet; et quand l'assemblée eut été congédiée , plusieurs des Juifs , et plusieurs des étrangers qui adoraient Dieu, suivirent Paul et Barnabe , lesquels par leurs discours les exhortaient à se maintenir dans la grâce de Dieu.
Le sabbat suivant, presque toute la ville s'assembla pour entendre la parole de Dieu. Mais les Juifs furent remplis de jalousie , en voyant ce concours de peuple *, et ils contredisaient , en blasphémant , ce que disait Paul. Alors Paul et Barnabe dirent sans s'étonner : C'était à vous qu'il fallait annoncer premièrement la parole de Dieu (i); mais puis-
qiiod non credetis, si quis enarraverit vobis.
42. Exeuntibus autem illis , rogabant ut se— qiienti sabbato loquerentur sibi verba haec. ^3, Cumque dimisssi esset synagoga .
secuti sunt multî Judxoruna , et colentium advenarutD Pauliim et Bainabam :qui loqufnles sua— debaut eisntpermanerent ingratia Dci. 44 Sequenti vero sabbato paene universa civitas convenit audire verbum Dei. 45. Videntes autem lurbas Judsi , repletisuntzelo, et contradicebant his , quae a
(i) C'était l'ordre établi de Dieu que l'Evangile serait d'abord annoncé aux Juifs. Saint Paul ne s'en écarte pas, quoiqu'il dise ailleurs que l'apostolat des nations lui a été confié , comme celui de la circoncision a été tonfié à saint Pierre. Ni l'un ni l'autre -n'étaient pas sans exception, puisqu'ici saint Paul annonce TÉvangile aux Juifs , et qu'on a vu saint Pierre l'annoncer aux gentils.
Paulo dicebantur, blaspheman* tes. 46. Tune constanter Paulus et Barnabas dixerunt ; Vobis oportebat prim(im Joqiii verbum Dei : sed quoniam repcllitis illud , et indigiios vos jiulicatis œternœ vitre, ecce convertijiiiir ad gentes.
47. Sicenim pra:cepit nobis Dominns : Posui te in lucem gentiutn , ut sis in salutem usquead extremum terrœ.
48. Audientes aiitem gentes gavisse sunl, et glurificabant verbum Domini :
et crediderunt quotqiiot erant prœordinati ad ■vitana seternara.
49.Disseminabatiir aillera verbiim Domini per nniversam regiodem.
que vous la rejetez, et que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la vie éternelle , voici que nous nous tournons vers les gentils ; car le Seigneur nous l'a ordonné par ces paroles : Je vous ai établi pour être la lumière des gentils , afin que vous portiez le salut jusqu'aux extrémités de la terre.
Les gentils se réjouirent en attendant ce discours , et ils rendaient gloire à la parole du Seigneur; tous ceux qui étaient prédestinés (i) à la vie éternelle embrassèrent la
Ce n'était donc pas leur unique destination ^ mais leur destination principale.
Ceux qui ont cherché à rabaisser saint Pierre au-dessous de saint Paul , à cause de ces destinations différentes, ceux-là, dis-je, n^'ont pas pensé que Jésus-Christ est appelé le ministre de la circoncision , et que luimême a déclaré que sa mission se bornait aux brebis égarées de la maison d'Israël.
(1) Le grec dit simplement destinés. C'est toujours le même sens. La plupart des interprètes ne l'entendent pas de la prédestination proprement dite. Ils ont peine à croire que saint Luc ait été inspiré d'apprendre à ces gens-là qu'ils étaient tous prédestinés; et il ne leur paraît point probable que d'autres , qui ne crurent pas d'abord , n'aient pas ensuite embrassé la foi , vu qu'il est écrit que la parole du Seigneur se répandit dans toute la contrée. On entend donc le prœordinati de la disposition à la foi, qui consiste principalement dans l'amour sincère de la vérité, joint au désir efficace de la connaître. La grâce n'y perd rien de ses droits, puisque cette disposition est toujours son ouvrage; et il reste assez d'autres passages qui prouvent incontestablement le dogme de la prédestination.
DES APOTRES. CHAPITRE Xin. I49
foi ; et la parole du Seigneur se répandait dans toute la contrée.
« Les Juifs incrédules ne purent le souf- » frir ; et , vaincus dans la dispute , ils vou- » lurent vaincre par la cabale. » Ayant soulevé des femmes de piété et de condition (i), ^g^°" concîtaveet les principaux de la ville, ils excitèrent runt muiieres
, . -nk 1 -r» 1 ' religiosas , et ho-
une persécution contre raui et i5arnabe , et nesias , et priles chassèrent de leur pays. Paul et Barnabe , "°^ civitatis ,
A •' 'et excitaverunt
après avoir secoué contre eux la poussière persecutionem
11 • j j n > . > T /^ i" Pauliim et
de leurs pieds , s en allèrent a Icone. Ce- Barnabam ; et
Fndant les disciples étaient remplis de ioie «jecerunt eos de \ ^ * liniDus SUIS.
et du Saint-Esprit. 5r. Ai iiii ,
excusso pulvere
pediim in eos ,
venerunt Ico- (i) En latin /zo;îe5i?as. Ce mot peut s'entendre de l'hon- iiiuna. Sa. Disci-
nêteté des mœurs , aussi bien que de la condition. Le I^J' \ <Ï"°*I'^® ^^~
' \ plebantur gau-
mot grec dont il est la traduction est aussi susceptible dio , et Spiritu
du même sens. Les deux apôtres en partant secouèrent sancto.
la poussière de leurs pieds contre ces femmes, et contre
ceux qui s'étaient joints à elles. Je'sus-Christ en avait
donné l'ordre à ses disciples ( Matt. x, i4 )? auquel
il avait ajouté cette épouvantable menace : Je vous dis
en vérité que Sodoine et Gomorrhe seront traitées avec
moins de rigueur que cette ville au jour du Jugement,
Ainsi, par un mauvais entêtement en matière de reli-
giouj ces femmes, régulières dans leurs mœurs, et dans
un sens dévotes , ces femmes , dis-je , sont damnées ,
et plus damnées que les plus abominables de tous le<i
hommes j cela est de foi.
IDO